CHAPITRE VI
Quel contraste entre mon premier départ de Paris, le 15 avril 1830, et mon second départ, le 15 juillet 1&31 ! En partant pour Rome, je goûtais d'avance tous les genres de bonheur qui m'y attendaient, et mon inexpérience même était un bonheur de plus. En partant pour Venise, j'étais seul et j'étais beaucoup moins oc* cupé de mes jouissances que de la tâche que j'avais à remplir, tâche d'autant plus difficile, que je n'en voyais pas encore distinctement le but ni les conditions précises. La seule chose qui se présentât bien nettement à mon esprit, c'était la nécessité d'étudier les œuvres d'art comme on étudierait une langue nouvelle dont on ignorerait les combinaisons grammaticales, et dont, malgré cette ignorance, on aurait l'ambition d'apprécier le génie. Or je savais que le plus grand obstacle à cette appréciation, dans les études esthétiques comme dans les études philosophiques, est la routine, et j'étais bien décidé à me tenir en garde contre ce fléau que Il *