PREMIERES NEIGES
Voilà que, cette nuit, la terre s'est voilée D'une blancheur immaculée!
Regardez ce tapis moëlleux, (Qui, comme la toison de la brebis sans tache, Sous son éclatant tissu, cache La sombre nudité des prés silencieux:
On dirait le parvis d'albâtre D'un temple où marche seule une troupe folâtre
D'enfants purs ou d'anges des cieux!
Et pourtant tout était comme mortdansles plaines, Et, sous les glaciales haleines,
Hier, les arbres effeuillés
Tordaientleurslongs brasnus ainsi que dessquelettes,
Mais le son joyeux des clochettes Retentit, ce matin, au cou des coursiers:
Et sur les campagnes si belles De célestes esprits ont secoué leurs ailes,
Mis des fleurs aux bois dépouillés.
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Gif
Qu'elle est belle la terre! aimable, ravissante Avec sa robe éblouissante!
Elle est plus fraîche que l'enfant
Qui sommeille, noyé dans des flots de dentelle! Plus pure que la jouvencelle
Qui, dans les prés fleuris, conduit l'agneau broutant ! Plus belle que l'ange candide
Qui, de sa douce main, vers le ciel d'azur, guide
L'âme d'un pécheur repentant.
Tombez, Ô blancs Hocons, comme au printemps tu Plume soyeuse des colombes! [ tombes, | Tombez au souffle matinal, :
Tombez en tourbillons de cluires étincelles,
O trésors des neiges nouvelles!
C'est l'hiver! Recouvrez d'un voile virginal La nature qui se repose,
Comme l'épouse dort sur les feuilles de rose
Qui parent le lit nuptial.
Lle!
routant !
ruide
temps tu
tombes, |
se