L'ARBRE DU TORRENT
Voilà que l'arbre du torrent,
L'arbre qui si souvent ma prêté son ombrage,
Sous le souffle glacé du vent,
Dans une seule nuit, a jauni son feuillage!
Hier encore jusqu'au ciel, Couronné de verdure, il élevait sa tête ; Les oiseaux, d’un air solennel,
Surses branches, chantaient, comme en un jour de fête.
C'en est fait! l'espoir du printemps, Lui, l'enfant tant aimé de la riche nature, De la faux cruelle du temps
À déjà ressenti la mortelle blessure!
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Cependant dans les alentours, Le svelte peuplier, le riant Sycomore Du zéphyre font les amours,
Et, sur leurs verts rameaux, l'oiseau gazouille encore,
Seul hélas! mon arbre chéri, Plus tendre que tout autre, a senti la froidure: Comme mon cœur endolori,
Il est désolé, triste et sans aucun murmure...
J'eus aussi, moi, mes beaux instants; Je portais haut mon front rayonnant d'allégresse,
Et buvais avec de doux chants
Aux coupes du plaisir l'espérance et l'ivresse.
Mais les mauvais jours sont venus:
Le bonheur s'est enfui, l'amitié me délaisse, Et, loin de ceux que je connus,
Aujourd'hui, mon âme est en proie à la tristesse...
core,
resse,