‹ Epines et fleurs ou Passe-Temps poétiques [microforme]Chapitre 23 sur 47 · MON ALBUM · texte numérisé non relu

MON ALBUM

C'est le premier de l'an: et je suis loin des miens!

Comme aujourd'hui vers eux s'envolent mes pensées,

Plus vite que l'oiseau qui brise ses liens!

Oh! que ne puis-je ouir leurs tendres entretiens,

Sentir battre leurs cœnrs, voir leurs larmes versées !

Mais pendant qu'au foyer les réunit l'amour,

Ma main ouvre l'album où sourit leur image:

Du parent à l'ami, je passe tour à tour

Et je cause ave eux, les revois, tout le jour,

Et mon plus dons bise imprime à chaque page, Je tourne la première: à père, c'est bien vous!

À Vos pieds vos enfants accourent à cette heure: Bénissez votre ainé, je tombe à vos genoux!

Qui s'attache à vos bras avec des yeux si doux ?

Ah! c'est ma mère qui, songeant aux absents, pleure...

Vous êtiez jeune alors, couple que Dieu bénit; Les rides sur vos fronts depuis se sont creusées. Si la blancheur du lis au feu du jour ternit, Votre âme à nos regards toujours se rajeunit

Et s'épanouit sous d'éternelles rosées.

Quelqu'un dans ce vallon sous l'arbre à fredonné Et foule à pas légers la pelouse fleurie,

Agitant son chapeau de feuilles couronné:

Louis! mon frère, le seul que le ciel m'ait donné

Et qui fut le premier à me suivre en la vie!

Avec lui que de fois, sur le même oreiller,

Las de courses, de jeux, alors que le jour tom be, L'ange des calmes nuits nous prit à sommeiller! Hélas! qui done pourra maintenant l'éveiller,

Depuis qu'il m'a laisseé pour dormir dans la tombe?

À la page qui suit voici venir mes sœurs:

Jeunes filles d'abord, puis une fiancée.

Ah! je vous reconnais sous vos fraîches couleurs

Et vos cheveux au vent, comme un bouquet de fleurs,

Vous tenant tendrement, l’une à l’autre enlacée.

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Vier

Loui Vous Le m Loret

Qui

Votre douce image est celle de mon printemps. Vous souvient-il de cette fraîche aurore, Quand tout nous souriait, que nous étions enfants,

Qu'aux champs, dans le jardin, nous courions tout le [ temps? |

Dans ces joyeux sentiers, repasserai-je encore ?

Pourquoi sous le flot clair faut-il frapper l'écueil ?

Pourquoi les jours de joie ont-ils leurs nuits d'épreuve ?

O ma sœur, je te vois pleurer sur un cercueil; Ton long voile de noce, est un voile de deuil,

Et l'épouse aujourd'hui, hélas! est une veuve!

Assez de deuil! il faut un rayon de soleil

À mon cœur attristé: le voilà! je feuillette

Et tout à coup paraît, souriant et verm eil,

Un blond groupe d'enfants à mes sœurs si pareil:

Viens, Ô gai chérubin, viens rieuse fillette !

Louise et Lionel comme vous voilà grands!

Vous l'avez oublié, mais je me le rappelle, 1rs Le moment où ma main guidait vos pas tremblants. e fleurs, Lorette, Yvonne, bien! levez vos voiles blancs

be. Qui cachent vos beaux yeuxet votre âme plus belle.

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Que me veux tu Bernard, avec ton œil surpris, Ta bouche rose ouverte? Appelles-tu ton père? Et toi folâtre Yvon comme toujours tu ris!

Ne vous envolez pas, même au ciel, mes chéris,

Attendez-moi: bientôt j'irai vous voir, j'espère.

J'ai fermé le volume, et je me ressouviens.., Amis, je vous revois en mon âme ravie

Aussi fidèlement qu'au livre que je tiens, Et, renouant ainsi les plus tendres liens,

Je revis le passé, les beaux jours de ma vie!

A l'horizon doré, comme un navire en feu,

Le soleil disparaît; de pourpre nuancée,

La première journée au monde dit adieu:

Puisse un de ses rayons porter mes chants à Dieu,

À ceux qui me sont chers, ma dernière pensée!

HP (DS Bee

L'af

LEONIE

rraiche à son matin comme un rayon d'aurore, Pure comme la blanche fleur, Joyeuse comme un chant d'oiseau dans l'air sonore, La blonde Léonie, heureuse, enfant encore,

Se berçait d'espoir de bonheur.

Elle n'avait reçu que baisers et caresses, Reposé que dans un berceau.

Et voilà que la mort a fini ses ivresses

Et pour ce corps si blanc, pour ces soyenses tresses,

Il ne reste plus qu'un tombeau!

Pourtant en son sommeil, sur sa couche mortelle, Elle semble sourire encor.

L'affreux trépas n'a fait qu'effleurer de son aile

Cette tête charmante et la rendre plus belle,

Sous sa couronne aux boucles d'or.

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ST

O terre sombre et nue, en ton sein je dépose Ce frèle objet de notre amour.

Oh! ne presse pas trop sa paupière mi-close:

Car, malgré sa paleur, elle est sœur de la rose Et, comme elle, n’a vu qu'un jour.

Ne laisse pas sa tombe en oubli, désolée, Scènes de suprêmes douleurs.

Qu'elle soit, en ces jours d'hiver, toute voilée D'un linceuil de frimas, de neige immaculée,

2 (ua Au printemps des plus fraîches fleurs.

Veille amoureusement sur sa chaste dépouille: Garde nous longtemps sa beauté Et défends ce trésor des vers et de la rouille. DPATT Que la corruption, hélas! jamais ne souille

Tant de grâce et de pureté.

F'ais-lui pour reposer un doux nid sous la pierre, Et qu’un chaud rayon de soleil, Jama Dans la nuit du tombeau, la réchauffe et l'éclaire

Pour qu'elle dorme ainsi, comme an sein de sa mère,

Jusqu'à l'heure du grand réveil.

se

le:

pierre,

claire

sa mère,

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