L'HIVER
Quand à la pluie enfin succède la gelée, Que sous le souffle des hivers La terre est toute constellée,
Comme éblouissunte d'éclairs,
que la neige à l'arbre a tendu ses dentelles,
Oh! comme tout est vireinal Et que nos campagnes sont belles
Sous leur parure de cristal!
Jamais marbres polis, marbres où l'on se mire.
N'ont éclipsé le pur miroir
De nos glaces où viennent luire
Les blanches étoiles du soir!
Les forêts au soleil paraissent enchantées Où l'œil vit-il des bois plus beaux Que ces ramures argentées
Qu'incline le poids des joyaux ?
O floraison de givre où perlent les rosées.
Chastes aigrettes de saphir A l'aurore tout irisées,
Quel souffle vous a fait fleurir ?
L'œil ébloui prendrait, étincelants trophées,
Vos prismes pour les colliers Que, surprises, de jeunes fées
Auraient laissés sur nos halliers.
Canada, ma patrie, ô riante contrée, L'hiver ainsi que le printemps Te voit également parée
Ou de fleurs ou de diamants!
Quand lescharmants buissons où gazouillent les merles Perdent leur fraîcheur, le frimas Suspend des chapelets de perles
A nos rosiers, à nos lilas.
Quelle est riche la terre où germent tant de choses! La brise n'est que pureté, Son haleine embaume Jes roses,
Fait épanouir la beauté!
l'our fouler le tapis de claires étincelles
Qui, le jour, étoilent nos champs
[l nous faudrait de blanches ailes
Ou l'innocence des enfants,
O toi, qui fis si beau ce petit coin de terre, Donne encore à ses fils, Seigneur.
La noblesse de caractère
Et la virginité du cœur. |
Que les âmes y soient pures comme la neige Qui couronne nos hauts glaciers
Et que l'honneur toujours protèce
La sainteté de nos foyers!
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