LA BRISE
Le soleil, en s'éteignant, d'or Enveloppe toute la terre:
Sur la nature qui s'endort
La nuit descend avec mystère.
Elle vient, comme le sommeil Se pose sur chaque paupière; Comme aux lèvres, a tel vermeil,
S'abat le chœur de la prière.
Et dans cette heure de repos, D'inexprimable jouissance, La brise du soir aux échos
Annonce sa douce présence,
Elle murmure sur les eaux Qui courent au fond des vallées,
Folâtre parmi les roseaux,
Soupire sur les mausolées.
ne
Son souffle, séchant mes sueurs.
Avec une harmonie étrange,
Est plus parfumé que les fleurs,
Plus doux qu'une caresse d'ange.
Mais pourquoi n'ai-je pas frémi
d En sentant l'haleine embaumée, Tel on tressaille quand d'un ami On entend la voix bien-aimée ?
re.
Ah! c'est que malgré ta douceur
. Tu n'es pas, 6 brise légère,
” Le tendre baiser d'une sœur:
vais C'est l'air de la terre étrangère!
8, Au courant du fleuve royal Tu n'as pas, comme l'hirondelle Qui rase son flot de crystal,
; Rafraîchi le bout de ton aile.
Non! jamais ton rapide vol
Ilées, N'a, comme les chastes abeilles,
Effleuré le sol natal, sol
Où fleurissent tant de merveilles!
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C'est bien vainement que tu veux Me baiser au front: joie amère!
Que n'as-tu touché les cheveux
De mon unique amour, ma mère?
Pourquoi chercher à m'enivrer Des frais parfums de la prairie ?
Oh! passe sans rien murmurer:
Tu ne viens pas de la patrie!
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tu veux mère!
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