‹ Epines et fleurs ou Passe-Temps poétiques [microforme]Chapitre 44 sur 47 · UNE SOLITUDE · texte numérisé non relu

UNE SOLITUDE

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Dans les vergers, les noires branches De fleurs deviennent toutes blanches, Au dôme des bois reverdis,

Pleins de murmurantes abeilles,

La fleur pend ses coupes vermeilles,

Les oiseaux bâtissent leurs nids.

Loin de la poussière des villes, Oh! quels frais et charmants asiles Prépare le printemps vainqueur!

Ïl me faut cette quiétude, Une paisible solitude:

Je la bâtirai dans mon cœur!

Tous les souvenirs de ma vie, Ceux de ma jeunesse ravie, Viendront la peupler nuit et jour; Et comme les branches flétries Reverdissent, mes rêveries

Revivront au feu de l'amour!

O passé! ta voix sera pleine De fraîcheur, semblable à l’haleine Caressant l'onde du torrent; Et dans mes veines épuisées De la paix les douces rosées

Verseront un calme enivrant.

Le bonheur d'oublier les hommes

Et nous-mêmes ce que nous sommes!

De vivre comme l'ange au ciel

Et d'idéal et de lumière

Dans l’extase de la prière:

Ah! c'est le printemps éternel!

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