UNE COURONNE D'EPINE
Je garde en ma chambrette, au pied de ma madone,
Une relique chère, une étrange couronne
Dont toutes les fleurs sont une épine, un long dard.
Ma main entrelaça chacune de ses branches Au retour du printemps, quand des fraîches pervenches
Les yeux brillants d'azur enchantent le regard.
Je trouvai cette ronce à deux pas d’une rose: O mon Dieu! c'est donc vrai que toute joie éclose
Sent près d'elle germer le dard de la douleur!
Mais si pour nous un jour une tête divine À bien voulu porter la couronne d'épine,
Je garderai la mienne et tout près de mon cœur!