LETTRE
Une lettre! aimable courrier Du cœur! Que de fois sur tes ailes Tu m'apportas, comme un ramier,
De loin, de joyeuses nouvelles,
Depuis si longtemps séparé De ceux que j'rime sur la terre, Tu nous fus unlien sacré. — :
Echange de vœux, de prière.
C'est qu'avec toi, je reprenais De si charmantes causeries: :
Un instant, tu me ramenais
Au foyer, près d'âmes chéries!
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C'était alors, heureux moments!
Tout ce que rêve la tendresse:
Des souhaits, des embrassements,
De se revoir la douce ivresse!
Un mot seul, tracé d'une main, M'en disait plus qu'un long poème. Une feuille, une fleur, un rien
N'était-ce pas un bien suprême ?
Je les conserverai longtemps
Tous ces trésors, en ma chambrette:
Ces premiers signes du printemps,
Ce brin d'herbe, cette violette.
Cette boucle, épi d'or glané Par les doigts tremblants d'une mère Au front riant d'un nouveau-né,
Ces longs cheveux blancs dé mon père!
Mais comment franchis-tu mon seuil.
Aujourd'hui, messager de joie ?
Tu reviens, messager de deuil!
Hélas! c'est la mort qui t'envoie...
Comme ma main tremble en brisant |
Le sceau de l'enveloppe noire!
Je pense toucher un mourant,
Plus froid et pâle que l'ivoire!
Tu ne m'apportes plus de fleurs, Mais la plume d’une colombe, Des cheveux humides de pleurs,
Ce que l'amour prend à la tombe!
Oh! reste, dernier souvenir, Malgré tes larmes, où repose Chaque témoin de mon plaisir,
Comme l'épine avec la rose.
Car de l’homme c'est le destin:
Chaque allégresse de la vie, Tel que s’assombrit le matin,
De douleur toujours est suivie.
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