‹ Epines et fleurs ou Passe-Temps poétiques [microforme]Chapitre 7 sur 47 · LES NUAGES · texte numérisé non relu

LES NUAGES

Je viens souvent ici, sur la mousse des bois,

Demander aux forêts le repos et l'ombrage,

Entendre des oiseaux l’harmonieuse voix.

Sous les voûtes de feuillage,

Méllement étendu, le regard vers les ceux,

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Je vois passer dans l'air des groupes de nuages:

Blancs cygnes de l’azur dont le vol gracieux

Fuit vers de lointaines plages.

Pourquoi ne puis-je prendre ainsi qu'eux mon essor

Vers les mondes anciens, la terre des prodiges,

Où d'empires fameux le temps conserve encor

D'impérissables vestiges!

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Voir ces lieux enchantés qu'un printemps immortel M L Embellit de fruits d'or, de fleurs éblouissantes:; : ] M'endormir sous des cieux dont l'azur éternel | : &

Berce nos douleurs blessantes! on | Oh! il me semble alors que mon cœur en mon sein J Vibrerait tout à coup comme une douce Ivre, \ Ou tel que les flots qui frémissent, au matin, À

Sous le souffle du zéphyre! I

Que mon âme, en voyant les bords pleins desplendeur À

NS . PS. 3 Où, comme un astre d'or, rayonna le génie, R Déborderait soudain sous le poids du bonheur à À D'ivresse et de poésie! L | kU% . . . . » nf Mais non, je le sais bien, ces vœux tant caressés, FIN Q . , . I ) lous ces souhaits si chers, ce rêve de ma vie, AA ME 1 D O douleur! ne seront jamais réalisés... À . » . . . he F Ce n'est, hélas! qu'un songe et qu'une vaine envie! À î Je ne contemplerai jamais l'immensité , D | De l'océan sans borne, où flottent tous ces mondes | { : à A ” 4 E Que fit surgir d'un mot celui dont la beauté 1 | d D

Se réfléchit sans tache en ce miroir des ondes.

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Non, jamais le Vésuve au panache de feu,

Les Alpes aux sommets de neiges éternelles,

(Gênes la magnifique et son golfe tout bleu.

Etoilé comme un ciel de flottantes nacelles.

Jamais Suez, Ophir riches d'or et d'encens, Malaga couronné de grenades, d'oranges:

Naples, Hybla dansant au bruit de leurs volcans.

Les rives du Jourdain, les flots sacrés du Ganges;

Non jamais ces cités à l'antique splendeur, Reines de l'aquilon, du couchant, de l'aurore. N éblouiront mes yeux, ne charmeront mon cœur.

Famais ne me verront sur ces bords que j'adore!

Je ne foulerai pas les sublimes débris Du cirque des Césars, l'immense Colisée Dont l'arène jadis, mémorable parvis.

Fat du sang des martyrs tant de fois arrosée.

Te n'irai pas mêler mes pleurs au flot doré Des fleuves étrangers de Tyr, de Babylone,

Et reposer mon cœur sous l'ombrage sacré

Des cèdres du Liban, d'une antique colonne,

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