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Episcopo et Cie

Depuis la publication de l'Intrus *, M. Gabriel d'Annunzio compte en France beaucoup de chaude amis littéraires. Aussi avons-nous cru faire plaisir à ceux qui ont goûté ce beau roman et qui attendent avec une curiosité bienveillante d'autres œuvres du même auteur, en leur offrant aujourd'hui la traduction d'un choix de Nouvelles écrites par lui entre 1880 et 1891, c'est-à-dire depuis ses tout premiers débuts jusqu'à l'époque où il est arrivé à la plénitude de son talent.

Disons d'abord quelques mots de sa personne. G. d'Annunzio est né en i864, à bord du brigantin Irène, dans les eaux de l'Adriatique. Et cette

I. L'Intrus, Calmann Lévy éditeur, Paris, iSgS. L'original italien a été publié sous le titre l'Innocente. F. Bideri, Naple*-

Il PRBFACB OU TRADUCTBUa

circonstance a peut-être exercé sur son esprit qifclque influence secrète ; car la mer a toujours eu pour lui un attrait profond : il l'aime vraiment comme une patrie.

Elevé dans les Abruzzes, il eut, très jeune encore, une réputation d'enfant prodige. Selon ses souvenirs personnels, il n'aurait pas moins mérité celle d'enfant capricieux, volontaire et violent. En lui, le développement de la sensibilité avait été très précoce; ses émotions, ses désirs, ses répugnances avaient une véhémence singulière ; la moindre contrariété lui causait des colères furieuses qui aboutissaient parfois à des crises convulsives.

Quand il eut neuf ans, son père, pour lui donner la connaissance et la pratique du pur idiome toscan, l'envoya au collège de Prato, où il fit toutes ses études, jusqu'en 1880. Il y était encore écolier et avait à peine quinze ans lorsque la lecture des Odi barbare de Carducci lui révéla qu'il était aussi poète. En deux ou trois mois il composa unvoluiue de vers qui, par la complaisance de son père, lut imprimé sous le titre latin: Primo vere. Ce premier essai, déjà remarquable par l'élégante facilité de la (orme et plein de hardiesses un peu étranges pour un auteur de cet Age, attira l'attention d'un des critiques qui régnaient alors en Italie sur la république des lettres ; lé bruit se répandit partout qu' «un nouveau poète» était né; et la subite renommée de l'adolescent vola même jusqu'au delà des Alpes. En effet, Marc Monnier, dans la Revue tuisse, lui consacra uq article qui se terminait par

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