ÉPISODE
Ivan IV, tsar et grand-duc de Russie , mourut en 1584, après un long règne. Les étrangers, ses contemporains, Font surnommé le Bourreau^ les Russes rappellent encore Ivan le Terrible. Pour ses sujets seulement y il fut terrible, car ni les Polonais ni les Tartares ne le virent sur un champ de bataille. Ce % n'était qu'un tyran grossier et cruel, qui se plaisait à ^ répandre le sang de ses propres mains. Pourtant un certain respect populaire demeure attaché à sa mémoire : sous son règne , souillé de tant de crimes, ^ les Russes commencèrent à entrevoir leurs hautes
s LES FAUX DÉHÉTRIUS.
destinées, et mesur»«Dt leurs forces naissantes, rassemblées et déjà organisées par son despotisme. Les peuples, comme les individus, ne conservent pas un souvenir amer des jouis d'épreuve qui oat développé leur éfiei^e et mûri tewr coursée.
Ivan laissait deux fils, Fêdor et Démétrius, dont le premier, ftgé de vingt-deux ans, lui succéda. Le second, né eu iSfti, était issu d'uu sepliàme mariage divan *, contracté au mépris des canons de Téglise grecque, qui ne reconnaît pas d'union légitime après le quatrième veuvage. Malgré cette circonstance, le titre de tsarévitch ne fut pas contesté à Démétrius, et déjà même on le considérait comme Théritier présomptif de la couronne, la santé débile de Fêdor faisant craindre qu'il ne mourût sans postà'ité;.
Le caractère dn nouveau tsar contrastait singolidr^Bieat avec eàm de son père. Doux et ttoûde comme un enfant, dévot jusqu'à la superstitîoD, Fêdor passait ses journées en prières, ou t»en à se faire lire et commenter de {ûeuses légendes. On le voyait sans cesse dans les ^lisea, et souvent il se jdaisait à sonner luMnème les cleebes pour appeler les fidèles aux offices. — c C'est un sacristain^
1. Quelques historiens, r^rdant comme nul an des mariages «rivan qui ne fot pas csiUMUmé» D*e& coupteoi qae six.
LBs PAux mtmÈ'imivs. a
^Bsait h» le Terrible, non pis un tsarévitch*, » Lorsqu'il bkaii trêve à ses exercices de piété, Fêdor s'enfetnuBt svec ses bouffiDiis, on biea, do havt d*!» bdcoft, il regardait ses chasseurs combattre eoBtre des OBTS. Pour un eq^wit si faible, les soins dur go»vemement étaient insopportaUes; aus^ s'enpcessa* t-ii de les remettre à un de ses favoris, le bofsrd B<ffis6odounof , son beau-frère* D'abord il lai donna la charge de Grand Éeuyer, attachant à ce titre des attributians consîdéraUes el ini pouvoir inmense. ffientftl après, par un aveu public de sa prcq[Nre incapacité, il le nomma Régent de l'empire^. Personne n'était phis propre que Boris à devenn^ le marre du palab de ee roi fainéant. Actif, ii^tigabie , plus édairé qn'aueon de ses compabnoles', rompu aux afijûreseî connaissant les hommes, on lui accordait toutes les qualités d'un grand nnnistre. Bien qu'il fût d^nae naissance médiocre, car il deseendsût d'un moursa tutare, il prit place de bonne heure aux Cimseils de t^empire, où il gagna la faveur d'Ivan, sans l'acheter pourtant par des bassesses. On dit que