Baer, p
S /d.. bid. — Letopii o Miatejakh, p. 123.
Basile respirait après sa victoire. Un moment il put se flatter que la prise de Toula avait découragé les rebelles. Il se rassurait surtout en voyant que leur principal appui y le roi de Pologne, tout préoccupé en apparence d'une révolte de sa turbulente noblesse ^^ accueillait assez facilement les explications et les excuses des ambassadeurs russes au sujet des massacres de Moscou*. Mais son illusion fut de courte durée : à Poutivle , en Sévérie , un nouveau
1. Maskiewicz, p. 6-t2. Les révoltés, sous le commande* ment de Nicolas Zebrzidowski el de Janus Radziwil, s'assemblèrent à Sendomir au noaibre de près de cent mille hommes. Us demandaient le renvoi des Tavoris de Sigismond , et voulaient obliger ce prince à si{;ner un pacte dont ils prétendaient dicter les conditions. Jamais Sigismond ne courut un plus grand danger, et peut-être eût-il éié précipité du trône, sans le courage et rhabileté de ses généraux Chodkiewicz et Zolkiewski.
3. Non superba,niore gentis, fuit ea legatio; mulia in ea timoris indicia, adeo ut vel tune appareret desperalione rerum suarum, plurimum Moschos de veteri fastu remisisse. — Lu<*^ bienski, p. 106.
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Démétrius venait de paraître ; non plus Fhôle invisible de la femme de Mniiszek, mais un jeune homme qui bravait avec audace les regards de la multitude et revendiquait bruyamment ses droits héréditaires. Auprès de lui, comme un témoîii, ou plutôt conune un Mentor, on voyait un Polonais fort connu pour la faveur dont il avait joui à la cour du premier Démétrius, le pane Miechawiecki. Le nouvel imposteur avait erré quelque temps dans la Sévérie , en assez pauvre équipage , accompagné d'un petit nombre de partisans obscurs, la plupart Cosaques ou serfs fugitifs. Encore mal assuré des dispositions de la province il semblait tâter le terrain ^ Peu à peu il
1. Voici comment Baer raconte les débuts du second Démétrius : c( Les amis du palatin de Sendomir s*étant mis à rœaTre» envoyèrent ce drôle à Pouiivle avec le pane Miechawiecki. Les habitants Taccueillirent avec joie et le reçurent comme Démétrius. De là, vers la fin de juillet 1607, il s'en vint à Starodoub accompagné de Grégoire Kachnetz et de Técrivain {o\> clerc) Alexis. 11 ne se donnait pas pour le tsar, mais pour un de ses parents, un ^agoï. Il disait que le tsar n'était pas loli> et qu'il allait arriver avec Miechawiecki et quelques miUiers de chevaux. Le tzar ne paraissant pas, les gens de Staro* doub se crurent trompés, prirent Timposteuret ses acolyles et les mirent en prison. On commença par Técrivain, qu'on dépouilla, puis on se mit à lui faire des paraphes sur le dos à coups de fouet, en lui demandant : « Le tsar vit-il? où est-il ?j» Alexis n'était pas habitué à ces sortes d'écritures. — «Grâicek
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s'enhardit , et fit des dupes assez nombreuses. A Starodoub , on lui présenta un officier qui arrivait de Toula, envoyé par Bolotnikof pour lui faire connaître la situation désespérée de la ville. C'était un Polonais, nommé Jean Martinowicz Zamcki, natif de Tarnopol, destiné à jouer un assez grand rôle dans ce temps si favorable aux aventuriers. Enlevé tout jeune par des "^artares de Romanof , Zarucki avait appris à l'école de ces barbares le métier de partisan. Il les quitta pour s'enrôler parmi les Cosaques du Don, et devenu
s*écria-t-il, Je vais vous dire où est votre tsar.» Les fouets s'arrêtèrent. — «imbéciles, dit Alexis au peuple , n*esl-ce pas un péché à vous de me traiter de la sorte au nom de Tempereurf Est-ce que vous ne le connaissez pas? Il est ici; il voit mon supplice. Le voilà. Ce n'est pas Nagoï, c'est votre tsar. Tiiez-le avec nous si vous voulez. Il s'est déguisé afin de connaître luimême si vous lui êtes dévoués. » Aussitôt les pauvres niais de Starodoub tombent à genoux devant Timposieur, en criant : «Seigneur! nous sommes coupables! mais nous jurons de vivre et de mourir pous toi! » On le conduisit avec de grands honneurs au palais impérial. C'est ainsi que Démétrrus, tué à Moscou , ressuscita dans Starodoub. Baer, p. 125, 126. — Vers la même époque, on croyait, à la cour du Vatican, que Démétrius n'était pas mort. Le 12 avril 1608, le cardinal Borghese écrivait à Mgr Simonelta , nonce du pape on Pologne : « GU awisi délia vita di Denietrio sono cosi uniformi, che si fa credeir qui che non ingannino. » — Et le 26 du même mois : « Yiviamo qui quasi sicuri délia vita di Demetrio. » Tourghenief. Mon. HUtPat., Il, p. 136.
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un de leurs atamans, il avait bravement combattu pour le premier Démétrius et obtenu de lui des récompenses signalées *• A Toula, il avait pu croire à l'évasion de sou protecteur , mais en arrivant à Starodoub y du premier coup d'oeil il dut être détrompé; néanmoins y sans la moindre hésitation, it fit mine de reconnaître le prétendu tsar, et cette complaisance lui valut aussitôt une faveur singulière^. Homme de résolution » exempt, d'ailleurs, des rares scrupules chevaleresques qu'on trouve parmi quelques aventuriers de ce temps , il devint le ministre de tous les actes de violence et de cruauté qui répugnaient aux autres chefs à la solde de l'imposteur.
Bientôt) des renforts inespérés arrivèrent à ce dernier. On vit accourir sous ses étendards , non plus des Cosaques seulement ou des transfuges obscurs , mais une fouie brillante de hussards, commandés