‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 111 sur 150 · Baer, p · texte numérisé non relu

Baer, p

s. Il est bien difficile de croire que le second imposteur n'eût presque aucune ressemblance avec le premier, c^est cependant ce qui résulterait de la comparaison de leurs deux signalements tels qu'ils sont donnés dans une note des ambassadeurs de Basile à la cour de Varsovie. On en peut juger. Signalement du premier Démétrius : Teint blanc (ou p&le); cheveux roux; nez gros, épaté; une verrue auprès du nez; col court; ni moustache ni barbe. — Signalement du second : Teint basané, cheveux noirs, crépus; ne% aquilin; grands sourcils tomliants; yeux petits; moustaches Tournies; il regarde en haiu; il se rase la barbe; une verrue sur la joue. Gos. Gramotxjy II, p. 394. Il faut observer que celle pièce est datée de décembre. 1606, et il se peut que IMmposteur qui se trouvait alors en Pologne, ne fût pas le même qui parut depuis i Poullvle et à Starodoub.

une ignorance grossière et la gaucherie d'un paysan embarrassé sons des habits d'emprunt*. Quelques Polonais déguisaient mal leur dégoût, d'autres s'amusaient de ses maladresses^ mais nul n'était sa dupe, du moins parmi les chefs. Tous le traitaient cependant en souverain , mais il fallait que ce fantôme de tsar leur obéît en toutes choses. Le peuple et surtout les Cosaques , mauvais juges des manières de cour, n'hésitèrent plus à recevoir comme leur maître rhomme qui leur arrivait si bien accompagné. Il leur eût suffi d'ailleurs qu'il s'appelât Démétrius et qu'il leur montrât le chemin de Moscou, la ville des révolutions, dont ils rêvaient le châtiment, c'est-à-dire le pillage. Selon l'opinion de Baer, Timposteur était une manière d'ecclésiastique , nommé Ivan , natif de Sokol , dans la Russie Blanche, où il exerçait la profession de maître d'école * ; mais, suivant le témoignage fort considérable d'écrivains polonais plus à portée de connaître la vérité , c'était un juif, tant bien que mal instruit par Miechawiecki des habitudes du premier Démétrius, et doué d'assez d'impudence pour se croire capable de le remplacer '.

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