Baer, p. 158 et suiv
s. G*est-à-dire le roi de Pologne. Kùrol poganyi. Les Russes appelaient paleu quiconque n*appartenait pas à leur Églisa Je ne sais au reste si poganyi vient du latin paganus ou de pogan, saleté, impureté; et, sUl faut le traduire par paSèn on par lmj>tff .
province '• » Ainsi les deux hommes qui se disputaient le trône de Russie t'enaient le même langage. Chacun de son côté cherchait à soulever les passions religieuses et défendait sa cause au nom de rÉglise et de Tindépendance nationales. La proclamation de Démétrius lue sur la place du marché émut les habitants de Kalouga; ils coururent aussitôt à sa rencontre lui porter le pain et le sel et lui remontèrent un équipage.
Privée de son chef nominal , Tarmée de Touchino essaya d'abord de se maintenir comme une espèce de république guerrière, jusqu'à ce qu'elle eût trouvé un prince qui lui achetât chèrement ses services. Polonais et Russes se jurèrent de rester unis, et de ne reconnaître ni Ghouiski, ni Démétrius^. Rozynski, au nom de ses soldats, fit demander à Sigismond le paiement de la solde qui leur était due par Timposteur; à ce prix y ils consentaient à se rallier sous la bannière royale. Mais la discorde éclata paJrmi les nouveaux confédérés. Le camp de Touchino fut levé au milieu de la plus grande confusion; la plupart des gentilshommes de marque
. i. Bàer^ p. Ift9. — Presque toutes les maisons russes étaient en bois ; de là. cette expression : « Ni une maison ni un pion. » S. Baer, p. 161.
361 LES FAUX DÉMBTRIUS.
polonais ou lithuaniens, allèrent rejoindre Si^moud sous Smolensk. Un grand nombre de Russes acceptèrent Taranistie que Ghouiski s'empressa de leur offrir. Beaucoup de soldats se dispersèrent pour regagner leurs villages; d'autres se formèrent en compagnies de maraudeurs , trop faibles pour exercer une influence politique, mais assez nombreuses pour dévaster le pays. Enfin la plus mauvaise partie de Tarmée polonaise et presque tous les Cosaques ayant pris Sapiéha pour chef, ofiOnrent tout à la fois leurs services au faux Démétrius et à Sigismond, attendant le plus fort enchérisseur *•
De pareilles recrues ne pouvaient rendre à l'imposteur un prestige désormais perdu. Elles avaient même pour lui un danger très-réel , car les Polonais, qui se ralliaient à lui dans un tel moment, étaient des aventuriers ou des bandits prêts à commettre toutes les trahisons'. Un certain Janikowski, écrivit au Hetman de la couronne pour lui offrir, au nom de ses camarades , d'assassiner le tsar prétendu et de s'emparer de Kalouga pour le roi Oe Pologne, si cela pouvait
1. Peu de braves gens se réuniront à Sapiéba; U n'eut guère que la racaille , presque point de gentilshommes ; ^ mais des Cosaques sans nombre. Maskie^iez, p. 31.