Us. de Zolkiewski , p
LES FAUX DÉMÉTEIUS. 373
visés. Ce n'était rien pour Zolkiewski de battre dix mille hommes et de les bloquer dans un poste y où bientôt faute de vivres , ils seraient contraints de capituler; instruit que Démétrius Chouiski avec le gros de ses forces se trouvait campé à peu de distance, il laisse devant Valouief quelques Cosaques avec presque toute son infanterie, et, profitant de la nuit, il se dérobe avec le reste de sa troupe, et dans le plus profond silence, marche sur le camp principal des Moscovites établis près du village de Klouchino. La plupart des Polonais croyaient que leur vieux général» dégoûté de la vie, cherchait une occasion de mourir glorieusement, et Zolkiewski lui-même, dans le récit qu'il a laissé de son expédition , laisse entendre qu*il n'avait guère d'autre espérance*. Néanmoins il était trop habile homme de guerre pour négliger aucune des chances de succès dont il pouvait disposer. Deux jours avant il avait renvoyé quelques Français pris dans une escarmouche, en les chargeant de porter aux étrangers à la solde de Basile une proclamation écrite par lui en latin fort élégant, comme il savait faire. II les exhortait à quitter le service d'un barbare et à passer sous les
t. Ms. de Zolkiewski» p. 86.
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drapeaux d'un prince ami et frère de leurs souverains. Ces émiàsaires furent arrêtés et pendus par ordre de La Gardie , mais le manifeste de Zolkiewski n'en produisit pas moins son effet. Les Russes se crurent trahis^ et les étrangers comtmencèrent à discuter entre eux s'il y avait plus ou moins à gagner au service de Sigismond qu'à celui de Chouiski *.
Cependant les généraux de Basile étaient pleins de confiance, et, loin de croire que Zolkiewski allait les attaquer, ils s'imaginaient l'enfermer lui-même entre le corps de Yalouief et leur armée. LaGardie^ se rappelant qu'il avait été autrefois prisonnier du Hetman , et qu'il en avait été traité avec courtoisie, se promettait bien de lui rendre la pareille. «11 m*a fait présent alors d'une pelisse de lonpa cervier, disait-il , j'en apporte une de zibeline que « je veux lui donner de ma main \ » Démétrius Ghouiski et ses officiers passèrent une partie de la nuit dans un festin, célébrant leurs exploits à venir et s'entr'excitant par des fanfaronnades de toute espèce. . Grande fut la surprise , et non moindre la consternation de Tannée russe, quand le matin du 4