‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 13 sur 150 · I.BS FAUX DBlliTmiUS · texte numérisé non relu

I.BS FAUX DBlliTmiUS

raftectkm que les Russes portaiail à Jean de Danemark; il craignait qu'ils ne le prissent pour leur libérateur. C'était un libérateur^ en effet, que cbercbait de toutes parts la nation partagée ^ntre la haine et la terreur que lui inspirait son maître. Nul espoir, d'ailleurs , d'un ehai^ement prochun par une cause naturelle ; Boris avait cinquante ans à peine, et soù fils Fédor, Jeune homme d'un esprit vif et intelligent % semblait destiné à continuer son gouvernement. Boris l'instruisait lui-même ; il voulait qu'il assistât aux séances de son conseil^ et prenait plaisir à l'initier aux secrets de sa politique. Bien que fëdor fût d'un caraptère doux At bon, personne ne doutait qu'il ne devint un jour un despote aussi absolu que Boris. Admirateur enthousiaste de son père, par piété filiale , il se serait fait un scrupule de ne pas l'inûter en tout.

Un grand fléau qui vint désoler la Russie porta l'exaspération à son comUe : pendant trois années consécutives, de 1601 à 4603^ la famine et la peste,

1. Fêdor étialt, dit-on, fort instruit. 11 dessinait assez bien, et Ton a de lui une carte manuscrite de la Russie , une des premières assurément qui aient été tracées, et remarquable pour le temps où elle fut fiiite. M. Oustrialof eu a donné un fae iimiU dans le tome V des Skatamia o Dimitrii samoz^ 9antsi.

sa compagne ordinaire , firent d'efiroyables ravages. Malgré tous ses efforts pour soulager les peuples décimés par l'épidémie , Boris, comme toujours , fut rendu responsable du malheur public. Trop souvent il arrive qu*en de tels accidents les précautions et les remèdes contre le fléau sont mal combinés et se ressentent de la précipitation et de la terreur même qui domine fous les esprits. C'est ce qu'on vit alors. Le tsar, préoccupé surtout du salut de sa capitale, faisait distribuer des vivres et de l'argent aux habitants de Moscou. Aussitôt, de toutes les provinces s'y précipita une mukitude affamée, et le mal redoubla. S*il faut ajouter foi aux annalistes russes -120,000 personnes moururent à Moscou*. Plusieurs contemporains, témoins oculaires, rapportent des scènes d'anthropophagie épouvantables^. Enfin le fléau cessa vers l'été de 1603 , et il fallut bien reconnaître que le tsar avait fait tout ce qui était humainement possible, et qu^il n'avait épargné ni sa personne ni ses trésors pour soulager la misère de ses sujets. On avoua

1. Palitsyne, p. 10, 11. — Kafamzine porte le nombre des morts à 500,000 (XI, p. 145), d*après Baer (p. 39), exagération qu^il est inutile de réfuter.

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