ibid
3* Id,, p. 153, 187 et suif.
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gismond devant Smolensk et lui avait prêté le serment d'homtaage* Inquiet pour son fils demeuré àKaloaga, il se renv5it dans cette ville et le supplia d'abandonner une cause désormais peidue. Dénoncé comme traître par ce iiis dénaturé, il fut aussitôt jeté dans un troa sous la glace de TOka par ordre du tsar*. Telle était la manière ordinsûre de dépêcher les traîtres ou plutôt les suspects. Le* supplice était trop commun pour étonner personne , mais l'action du fils dénonçant son propre père frappa d'horreur tous les Tar* tai^s, ses compatriotes. Pierre Ërouslanof , un autre prince tartare converti , marié à la veuve d*un frère du tsar Chouiski ^, et jusqu'alors considéré conime un des favoris du faux Démétrius, voulut être le vasgeur de toute sa nation humiliée par un parricide» Une nuit, il s'embusqua près du palais, attendant le jeune Kassimofski pour le tuer, mais , trompé par la ressemblance du costume , il poignarda un autre
I . n prenait le titre de tsar de la horde cosaque. — 1\ avait été fait prisonnier par les Russes encore foit jeune, et le tsar Ivan, ayant pris soin de le convertir au christianisme, lui avait donné la i»nndpatité deKassimof, d^où il tirait son nom. Ma* de ZoUiiewskl, p. las.
S. Le tsar Basile Cbouiski lui avait donné en mariage la veuve de son frère cadet A^ioiandre Chouiski. MaslLÎevrirj, p.».
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prince tartare. Ce meurtre fit grand bruit. Le tsar en fureur fit arrêter Eroudanof ainsi qu'une cinquantaine de ses gens et les fit jeter en prison. Dans les idées de ces hommes j la prison était un outrage pire que la mort. Bientôt le courroux du tsar se calma; il avait besoin d'Erouslanof qui connaissail la route d'Astrakhan, et qui commandait à unt horde nombreuse. Il le fit élargir, et, avec la même légèreté qu'il avait mise à le punir, il lui rendit ses bonnes grâces* Mais le prince tartare sortit de prison, persuadé qu'il y allait d'^ son honneur à tirer de cette injure une vengeance éclatante. Toutefois , patient comme les hommes de sa race, il dissimula son ressentiment et redoubla en apparence de zèle et d'aJOTection pour le tsar« Toutes les nuits il faisait des courses dans les environs de Kalouga, et ramenait du butin ou des prisonniers. Pendant ces excursions, Erouslanof pratiquait ses compatriotes, s'assurait de leur fidélité et disposait tout pour attirer sa victime dévouée dans une embuscade.
Le 11 décembre 1610, le tsar sortit de Kalouga pour aller à la chasse selon son habitude, escorté par Erouslanof avec une vingtaine de ses Tartares , et quelques ofBciers de sa cour parmi lesquels le bouJQTon Kocbelef y son compagnon inséparable. C'était l'oc-
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t^asion attendue. Dès que les chasseurs se furent éloignés, les Tartares demeurés k Kalouga, obéis-* sant à un mot d'ordre donné par leur chef, mon* tèrent à cheval, et, sortant de la ville par différentes portes pour ne pas éveiller de soupçons , se réunirent au nombre de mille chevaux dans un lieu de rendezvous marqué d'avance. Cependant le tsar cheminait gaiement au milieu de son escorte. On arriva dans un lieu où des rafraîchissements avaient été pré» parés. Pendant que le tsar buvait, Erouslanof lui lâcha un coup de pistolet à brùle-pourpoînt dans la poitrine, en lui criant: — «Tiens! chien maudit, voilà pour t'apprendre à noyer des khans, à mettre en prison des princes! » Le tsar n'était que blessé; le Tartare l'acheva à coups de sabre et lui coupa la tête et la main. Alors satisfait de sa vengeance , il courut rejoindre sa troupe, et bientôt gagna les steppes brûlant et dévastant tout sur son passage ^ Le bouffon et les officiers du tsar, qui avaient pris la fuite à toute bride, allèrent porter àKalouga la nouvelle de la catastrophe. Le bas peuple , toujours attaché au nom de Démétrius, se jeta sur quelques Tartares, qui , probablement par ignorance du corn-
1. Baer, p. ISS et suiT. — Letopis o MiaUjakh^ p. 800. Ms. deZolkiewski, p. 187-191.
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plot, étaient demeurés dans la ville; ils fiirent immolés aiix mâaes du tsiff. Quant au gros de la horde j il était hots d'atteinte loraqu'oii arriva sur le théâtre du crime. Le corps de ^imposteur était gisant sur la terre y et la tête avait roulé à quelques pas du Ironc. On réunit ces tristes restes , qui furent inhumés dans réglise de Kalouga avec les cérémonies usitées à renterrement des grands-ducs de Moscovie ^
Marine était fort avancée dans sa grossesse quand elle perdit son second mari. Peu de jours après elle mit au monde un fils qui reçut le nom divan , et auquel la petite cour de Kalouga prêta serment de fidélité. Paroû les partisans du faux Démétrius, rhomme qui avait maintenant le plus d*autorité par sa clientèle parmi les Cosaques, était l'ataman Za^ rucki. n se déclara le protecteur de la mère et de Tenfant, et se mit à la tête des restes encore nom* hreux de la factice qui demeurait toujours opiniâtrement attachée au n<»n de D^métrius. On prétend qu'il était amoureux de Marine; l'ambition seule expliquerait sa conduite. Habile à diriger une incursion de Cosaques, il n'avait ni les talents ni les vues politiques d'un chef de parti. A la tête d'une bande