I.B8 FAUX BéMiTmiUS
sans avoir im{doré la bénédiction divine, et à leur retour, leiv prenûer soin était de remercier Dieu et sûnt Nicolas, qui les avaient ramenés dans la Sietebe* Leurs prêtres, aussi grossiers qu'eux, leur disaient que tous leurs péchés leur seraient remis en çonsi^ dération du mal qu'ils faisaient aux infidèles. Aux pratiques de la religion grecque, à laquelle ils étaient fort attachés, ils mêlaient beaucoup de superstitions musulmanes ou païennes. Ils croyaient aux augures, k la seconde vue, aux rêves, aux esprits seoourables ou malfaisants. De même que l'Olympe et le Pinde sont l'objet d'un respect et presque d'un culte superstitieux pour le Klephtôy qui trouve un asile dans leurs rochers, de même le Don était pour tes Cosaques une espèce de dieu topique, protecteur de la patrie et de la liberté. Ils l'invoquaient et lui deman^ daient des brouillards favorables. Dans leurs chants sauvages, ils le personnifiaient sons le nom de Dan Ivanovit^* «Adieu, Don, fils de JeanU s'éeriaientils en se lançant dans la mer Noire.
Parmi les Cosaques, les Zaporogues ^ furent ce
1. Ils IiablUient le delta formé ptr le Dnieper et ringonlet», 4oDi la jointe toucbut presque à la mer Noire entre Otcbakof et Islam Kerman. Ils tiraient leur nom de la position géographique de leur territoire ; Zaporogues, laporûghi^ c*est-àdire, gens vivant au delà des cataractes ( du Duveper ).
76 LES FAUX DÉUÉTAIVd.
que les Spartiates étaient pour les Lacédémoniens, je veux dire qu'ils poussaient jusqu'à l'exagération toutes les vertus du guerrier barbare. Point de femmes chez eux : ils se recrutaient de jeunes gens amoureux de gloire et de pillage^ de joueurs déses-pérés, de proscrits de toutes les frontières. Pour obtenir le renom de bon Cosaque, il fallait avoir passé quelque temps à l'école des Zaporogues. Selon les conditions du temps, leur ataman se disait vassal, tantôt de la Pologne , tantôt de la Russie ou même de la Porte ottomane; mais de fait c'était un souve* rain parfaitement indépendant, qui étendait ses ravages avec impartialité sur tous ses voisins, Tartares, Turcs, Russes, Lithuaniens ou Polonais*.
L'alliance de pareils soldais était et devait être partout recherchée ; leur inimitié était dangereuse. Aussi le succès des prédications du moine parmi les Ck)saques alarma vivement le prudent Boris. Le plus sûr moyen d'apaiser l'agitation qui commençait à se manifester dans leurs hordes, c'était de faire disparaître l'homme dont ils se disposaient à embrasser la cause. Aussi chercha-t-il à s'emparer du prétendu tsarévitch, déjà reconnu en Lithuanie. Hais d'abord
1. Beauplan, Description dXkranie— Rouskaiia Starina l»assiin.*-T noteC