‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 16 sur 150 · L.ES FAUX DKVBTRrUS; 7f · texte numérisé non relu

L.ES FAUX DKVBTRrUS; 7f

samrage îndépeDâaiiee. Et pois le moine parlail d'one grande expédition qaî se préparait eontre Mosoèa. L'espoir d'an riche teitin, que faUait-il de pfais pour enflammer lentes les imaginations ?

A cette époque 9 les Gosaqoes f<»mfiaieut plusieurs républiques qu'on appelait des armées* ^ et dont les unes reconnaissaient la suzeraineté de la Rusrie^ les autres celle de la Pologne. Ao reste, pour les Cosaques il n'y avait qu'une patrie, c'était la Si^che, ou le village, quelquefois nomade, qui les réunissait au retour de knrs expéditions. Ils élisaient eux-mêmes leurs chefs nommés atamanSy auxquels ils remet» talent en guise de sceptre une masse d'armes^, insigne du commandement. Pendant la paix, Tataman' n'avait d'autre autorité que celle de la persuasion , mais en temps de guerre, son pouvoir était absolu et despotique. Telles furent, depuis, les institutions des flibustiers. Les Cosaques tenaient les leurs et jusqu'à leur nom des Tartares leurs ennemis. Vers la fin du xni^ siècle, les Slaves de l'Ukraine et des bords du Don, exposés aux ravages continuels des Musul* mans, résolurent, pour mieux les combattre , d'à-

4. On dit : Dfnskoe voUko, ToijskaêVdXsio, ete , i*armée du Don, du YoIga,etc.

a. Boulava, c^est un mot turc, à ce que je crol».

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dopter leur organisation militaire et leurs mœurs à demi nomades. D'abord ils s'appelèrent Tcherkesses, d'un mot turc qui signifie maraudeur; puis, s'étant fortifiés, le nom de Ciosaques (en turc Kazak*) qui veut dire guerrier, prévalut dans leurs hordes. Habiles à se modeler sur les Tartares, leurs adversaires acharnés y ils devinrent des partisans redoutables, qui ne le cédaient à leurs maîtres, ni pour la ruse, ni pour le courage, ni pour la férocité.

La plupart des Cosaques du Don étaient alors fan* tassins, et passaient pour d'excellents arquebusiers; comme tels ils étaient recherchés dans les armées russes auxquelles ils louaient leurs services^. Dans l'occasion cependant ils devenaient cavaliers, et déjà ils entretenaient soigneusement dans leurs mare-

1 . G*est du poIoDais que nous avons pris le mot de Cosaque, les Russes ont conservé celui de Kazak.^ J'ai suivi Topinion qui ih'a paru la plus vraisemblable sur rorigine des Cosaques. Quelques auteurs ont essayé de la rattacher à des nations barbares, étrangères à la race slave. Ils ne se fondent guère que sur des étymologies très-improbables. C'est ainsi qu'on a prétendu faire descendre les Cosaques des KaT^aripei et des Chozars, cités par les historiens byzantins. On n*a pas expliqué dans cette hypothèse comment les Cosaques n*ont jamais eu d'autre langue que celle des Slaves. Voir VHUtoire des saquu, par M. Lesvr.

9, Margeret, p. 86.

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cages impénétrables une race aujourd'hui célèbre de chevaux infatigables, dont ils se servaient pour leurs expéditions lointaines. Un beau cheval était le seul luxe que connût le Cosaque, toujours vêtu de baillons, pour ôter à son ennemi jusqu'à l'espérance du butin. C'était un précepte transmis de génération en génération parmi eux , qu'il fallait exciter la terreur et décourager la cupidité. Loin d'imiter les guerriers de rOrienty qui se parent d'armes magnifiques, les vieux atamans du Don répétaient aux novices leur adage fovori : a L'acier poli attire l'œil , » et leur apprenaient à s'enorgueillir de leurs mousquets bronzés par la fumée. Fantassins, cavaliers, lés Cosaques étaient encore d'intrépides matelots. Les bras nombreux du Don recelaient une flottille toujours prête à porter au loin le ravage. Montés sur de frêles embarcations, ils profitaient des longues nuits et des brouillards d'automne, pour francbir les bouches du fleuve, en dépit des galères turques et des forts hérissés de canons que la Porte avait élevés pour leur fermer la mer. Grâce à la légèreté de leurs barques à bordages très-bas, portant une lai^e voile latine, et années de quarante avirons, ils parvenaient presque toujours à surprendre ou à forcer le passage. Alors, sans penser au retour, ils menaient la vie de corsaires et désolaient le corn-

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nierce de la mer Noire. Les plus gros vaisseaux turcs étaieut aourenk enlevés à Fabordage avant d'avoir pu faire usage de leur artillerie. Quelquefois, débarquant à rimproviste sur les côtes de la Oimée, les Cosaques pillaient des villages, emmenaient des captifs et di^araissaient avant que l'alarme eût été donnée. Toutes les rives de la mer Noire tremblaient au seul nom de oes pirates. Quelques fois ils poussèrent l'audaoe jusqu'à s'engager dans le Bosphore, et aux portes même de Ck)nstântinople ils enlevèrent des pacbas turcs au milieu de leurs harems. Rien n'inâmidait ces terribles pillards, ni les flottes ennemies , ni les tempêtes qui bnsaient leurs fragiles vaisseaux, ni les privations de tout genre qu'ils enduraient pendant leurs croisières, sur une mer dont tous les foeis leur étaient fermés. Cette vie de hasards et de périls développait en eux Ténei^e et la prudence du sauvage. Connaissant leur penchant à l'ivrognerie, ils s'étaient fait une loi de ne jamais embioquer de liqueurs fortes dans leurs expéditions, de peur qu'un moment d'ivresse ne les livrftt à leurs ennemis. Au retour, il est vrai, ils se dédommageaient de leurs fatigues dans des orgies de plusieurs jours. Ces hommes en guerre avec tous leurs vdsins étaient religieux à leur manière. Janàais il ne partaient en course

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