I. Peyerle, p. 18. — De Thou, lib. cxxxv
i. Margeret, p. 118. — Karamzine, XI, p Sli.
sanglant loin du champ de bataille. La déroute était complète et Tarmée moscovite entièrement dissipée , si rinfanterie de Taile gauche tf eût arrêté Fimpétuosité de la cavalerie polonaise. Dans le même temps, Basmanof sortant de Novgorod , appuyé de quelques compagnies allemandes sous la conduite du suédois Lorenz Biugge, assaillait le camp de Démétrius et y mettait le feu. Il fallut renoncer à poursuivre Tarmée russe pour repousser cette attaque, et les généraux de Boris purent opérer leur retraite à la faveur des bois*.
Le combat de Novgorod était glorieux sans doute, mais c'était une victoire stérile. L'ennemi abandonnait le champ de bataille couveii; de quatre mille morts, perte facile à réparer. Un petit nombre de prisonniers avait été ramené par les Cosaques, presque point de déserteurs. Démétrius s'était flatté , et c'est ce qui explique son audace, que toute Tarmée moscovite allait passer sous ses drapeaux. Il Tavait vue fuir devant lui, épouvantée mais non soumise. A quelques milles de Novgorod, une autre armée plus nombreuse, arrivant de Moscou, allait rallier les fuyards, et dans quelques jours pourrait reprendre
I. Crp. Mar^eret, p. 113. — Peyerle, p. 15. — Baer, p. 47. — PeU^ïus, p. 299.
(44 LES FAUX DÂUÉTRIUS.
Foffensive. H est vrai cpie le lendemain du combat un corps de douze mille Zaporogues était venu joindre le vainqueur^ amenant quatorze canons attelés; mais on trouva qu'ils auraient pu faire plus de diligence, et leur fidélité parut un peu suspecte ^ D'un autre côté, bien que fort enorgueillis par la victoire , dont ils s'attribuaient tout Thonneur, les Polonais commençaient à remarquer le peu d'empressement des Russes à se déclarer pour le souverain légitime , et les difficultés de leur entreprise leur apparaissaient pour la première fois dans toute leur réalité. D'ailleurs ils se plaignaient que Démétrius tint mal ses promesses. L'argent qu'avait apporté Massalski avait été en grande partie distribué aux Cosaques et aux Sévériens, et les hussards murmuraient de voir que la meilleure part du butin n'appartenait pas à ceux qui avaient le poste d'honneur au moment du combat^. C'est dans cette disposition qu'ils reçurent un message de Sigismond , qui leur enjoignait de rentrer dans leur patrie sous peine de confiscation de leurs biens. Sans doute cet ordre avait été arraché au roi de Pologne par les instances ou les menaces des envoyés de Boris. Nul doute qu'il n'eût été retardé