‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 35 sur 150 · Peyerle, p · texte numérisé non relu

Peyerle, p

S. Petreîus, p. 300.

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81 la victoire de Novgorod eût été connue à la cour de Cracovie, msis la prolongation inconcevable du siège d*une bicoque, et Tannonce des immenses préparatifs du tsar, avaient fait désespérer de la cause du prétendant. Enfin, à la même époque, une de ces révoltes autorisées par les lois de la Pologne sous le nom de Confédération^ faisait sentir à Sigismond le besoin de ses palatins fidèles, et ce motif seul suffisait pour qu'il rappelât Mniszek et ses compagnons. La plupart des Polonais résolurent d'obéir au commiuidaaaent de leur souverain. Tous les palatins et les principaux gentilshommes, Mniszek lui-même et ses parents, abandonnèrent Démétrius. Pour colo« rerieur retraite, ils lui promirent de revenir bientôt avec des forces plus considérables. En att^dant, ils allaient faire tous leurs efibrts pour obliger Sigismond et la république à déclarer la guerre à Boris. Une centaine de hussards seulement , peu soucieux d^obéir aux ordres de leur roi , restèrent auprès du tsarévitch, et lui formèrent une espèce de garde.

t. Ces Confédérations (Bokosz) étaient des insurrections de l'armée de la couronne ou de celle de Lithunnie, motivées en général par le refus de subsides demandés. On peut voir dans Maskiewii3z le récit d'une de ces Confédérations à laquelle il )^rit parL

Le reste prit la route de Pologne quatorze jours après le combat de Novgorod*; mais, soit honte d*abandonner leur chef d'adoption au moment du danger, soit espoir de faire leur fortune en Russie , environ quatre cents de ces cavaliers revinrent sur leurs pas et rejoignirent Démétrius comme il se préparait à combattre de nouveau l'armée moscovite ^. Dénué d'argent et de presque toutes ressources , obligé de compter avec ses soldats comme avec ses capitaines , il n'avait pas cessé de tourner sa vue vers Moscou et le trône deè tsars. Son assurance ne se démentit point, et il attendait impassible le choc d'une armée immense, deux fois plus nombreuse que celle qu'il avait déjà combattue. Il calcula froi-> dément ses chances. Maintenant il ne pouvait plus être question de continuer le siège de Novgorod. S'enfermer dans une des villes fortifiées qui venaient de se déclarer en sa faveur, lui parut plus dangereux que de hasarder une nouvelle bataille. Un coup de désespoir pouvait réussir, et la seconde armée de Boris se montrerait peut-être moins fidèle que la première. Enfin il ne se dissimulait pas qu'un pré-

t. Got. Gramotyf Joamal de Miiiszck, II, p. 17S. — Peyerle, p. 16.

a. id,t p. 17.

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tendant doit agir, et qu'il est perdu dès qu'il paraît douter de sa fortune. Déterminé à tout risquer, il leva son camp, et, après avoir passé quelques jours à Sievsk pour rafraîchir ses troupes, il se remit en campagne avec moins de vingt mille hommes, Cosaques pour la plupart ou habitants de la Sévérîe.

Boris n*avait appris la défaite de son armée devant Novgorod que par le bruit public, car le prince Mstislavski était hors d'état d'écrire ou de dicter, et, parmi les autres généraux, pas un seul n'avait voulu se charger d'annoncer une si mauvaise nouvelle. C'est ainsi que les despotes sont servis par leurs agents ^ La colère du tsar ne fut égalée que par son inquiétude. Contre son ordinaire, il se borna à réprimander ses boyards, mais il n'en punit aucun, car il se sentait, pour ainsi dire, entre leurs mains , et sa rigueur eût peut-être précipité une défection générale. Il envoya son médecin au prince Mstislavski, qui, du moins, s'était conduit en brave soldat, et l'assura de son intérêt et de sa reconnaissance. Basmanof, le seul de ses officiers qui eût soutenu l'honneur de ses armes, nommé boyard du

1. V. dans Saint-Simon un fait tout semblable à l'occasion de h bataille d*Audeuard6.

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conseil et comblé de présents ^ fut mandé à Moscou, comme pour défendre la capitale en cas d'un nouveau revers. Boris chargea le prince Basile Chouiski de prendre le commandement de ('armée nouvelle qui marchait contre Timposteur. Dans l'extrémité où it se voyait, le tsar avait fait taire sa haine et ses soupçons pour employer un homme qui passait pour habile , et dont le nom illustre devait assurer l'obéissance du reste de ses généraux,

Chouiski n'était pas homme de guerre , et , sur ce points se rendait justice. Sa marche fut encore plus prudente « sa conduite encore plus timide que celle de son prédécesseur. Bien qu*il eût sous ses ordres près de quatre-vingt mille hommes et beaucoup d'artillerie, il ne s'approcha de Sievsk qu'avec des précautions extraordinaires, se fortifiant chaque soir par des abatis de bois et s'entourant de ses chariots comme d'un rempart. Les coureurs de Démétrius le découvrirent ainsi fortement retranché au milieu des bois, près du village de Dobrynitchi y aujourd'hui Dobroun, sur la Sieva, à quelques milles de Sievsk*.

Au bout de trois jours seulement, Chouiski s'enhardit jusqu'à engager une escarmouche aue la nuit ter-

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