‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 43 sur 150 · Cfr. Peyerle, p · texte numérisé non relu

Cfr. Peyerle, p

S. Sur la fermeté incroyable des Moscovites à souffrir la tortare, Yoir DiaHum in MoscoviamP. L ae M. D, Ign. Xpi de GuarierU et RalL Viennœ, p. SOT. L'auteur, envoyé de l^Empereurauprès de Pierre-le-6rand, raconte qu'en 1696, uo colonel de strelitz fut quatre fois appliqué à la question sans qu'il fût possible de lui arracher un aveu. Le tsar, alors Vem-

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promettant de faire des révélations. On le conduisit à Démétrius. A sa vue, il tomba la face contre terre et s'écria : a Oui, tu es le tsar! » Puis il déclara que le plus jeune de ses compagnons était porteur d'un poison subtil caché dans la semelle de ses bottes y qui, par la connivence de deux boyards, transfuges prétendus, devait être mêlé à Tencens offert à Démétrius dans l'église de Poutivle. a Celui qui respire cette vapeur empestée, ajouta le moine, enfle et meurt au bout de dix jours. Voilà les instructions que Boris envoie aux traîtres qui t'entourent, d Probablement personne en Europe, à cette époque, ne

brassant, lui dit : « Je sais que tu as conspire contre moi, mais tu as assez souffert. Je te pardonne. Tu conserveras ton grade. Maintenant conresse ton crime, non par crainte, mais par reconnaissance pour ton maître qui t'estime. » — Cet homme, tout à l'heure impassible, se prit à pleurer, et rendant au tsar son baiser de pai^i : «Voilà, dit-il, un genre de torture auquel je ne sais pas résister. » Puis, il lui avoua qu'il avait fait partie d'une société secrète, dont tous les affiliés s'exerçaient à souflnrir des tourments; que pour lui, avant d*obtenir le grade élevé qu'il avait dans la société, il avait enduré six épreuves, auprès desquelles les tortures des bourreaux de Pierre n'étaient , disait-il , que jeux d'enfants. Ce n'est rien que la flagellation et le feu dans le dos. Parmi nous, on sait résister à d'autres douleurs. On nous met un charbon dans l'oreille, ou bien, on nous verse sur la tète rasée de l'eau glacée, tombant goutte à goutte d'une grande -hauteur, etc. »

fle fût avisé de révoquer en doute Teffet de ce poison merveilleux. Les deux boyards dénoncés furent appliqués à la question; ils avouèrent , et la populace de Poutivle ayant demandé et obtenu d'en faiœ justice, on les attacha à des poteaux, et on les tua lentement à coups de flèches et d'arquebuses. Quant au révélateur, il reçut une récompense; les deux autres moines furent renfermés dans une prison, leur caractère sacré empêchant sans doute qu'ils ne fussent punis du dernier supplice *.

De pareilles tentatives tournaient à la honte et à la confusion de leurs auteurs, et servaient la cause du prétendant plus qu'une victoire. On assure qu'après le supplice des traîtres ,Démétrius écrivit au patriarche Job et à Boris, pour leur reprocher les indignes moyens qu'ils employaient si maladroitement, a Pour moi, disait l'imposteur avec une ironie poignante, je veux bien user de clémence à votre égard. Que Boris se hâte de descendre d'un trône usurpé, qu'il cherche dans la solitude d'un cloître à se réconcilier avec le ciel, j'oublierai ses crimes, et je l'assure même de ma toute-puissante protection^.» Boris lut cette lettre avec un transport de rage. Il se

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