‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 51 sur 150 · Peyerle, p · texte numérisé non relu

Peyerle, p

8. Margeret, p. ISi. — Baer, p. 57. -^ Letopis o miatejakh, p. 93.

3. Zeichen nach dem Stricke damit Sie gewurszert waren^ gnugtam aiuwûUeUny welchet leh mit leidliehen Augen, nebenst viel hundert MenscKen gesehen hàb, Petreîus, p. 314. •^ Je ne sai^ si le témoignage de Petreîus est bien digne de confiance, et d'abord on peut se demander s*il était à Moscou, en 1605? Il y vint en 1608, comme envoyé de Charles IX, roi de Suède, selon M. Oustrialof. (Note 01, p. 27i de la chronique de Baer.) Mais, ailleurs (Préface de Baer, p.xvii), M. Oustrialof nous dit que Petreîus avait vécu quatre années à Moscou, sous^ Boris, Déinétrius et Basile Ghouiski. Tout pourrait se concilier en supposant que Petreîus, habitant Moscou, comme

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Bien que le sutcide ne fût pas une action inouïe dans les mœurs russes , à cette époque % Tassassinat présente malheureusement beaucoup plus de vraisemblance. Peut-^tre ne fut-il pas commandé par Démé* trius lui-même, comme la plupart des chroniqueurs l'en accusant sur des présomptions assez vagues^;

simple particulier en J605, fut chargé d'une mission diplomatique en 1608. Au reste, que Petrelus ait été ou non présent à Moscou en 1S0&, ce n*est point un témoin sur lequel on puisse s*appuyer avec certitude. Sa chronique est une compilation fort indigeste; il pille Baer sans scrupule et la plupart da temps redit en plus de mots et avec moins de prédsioa les faits rapportés par le pasteur de Neustadt. .

1. En 1578, à la bataille de Wenden» les canonniers russes abandonnes par les troupes qui devaient les soutenir, se pendirent aux timons de leurs pièces pour ne pas les voir tomber au pouvoir des Polonais et des Suédois qui leur offraient quartier. (Karamzine, XI, p. 361.) J'ajouterai que pour que Boris fût soupçonné de suicide, il fallait que cette action ne fût pas absolument contraire aux mœurs des Moscovites qui la lui imputèrent.

a. Petrelus, p. S ta, prétend que Démétrius chargea le diak (secrétaire) Ivan Bogdanof de cet ordre cruel. — Baer, p. 57, rapporte que le tsar répondit à une députationqui le pressait de venir à Morcou, « qu'il n'entrerait dans sa capitale que lorsque ses ennemis seraient exterminés jusqu'au dernier. > (U est bon de remarquer qu'un seul des Godounof fut mis à mort par son ordre.)— La Chronique des troubles se borne à dire que le maudit se réjouit de la mort de la tsarine et de son fils , mais elle ne Taccuse pas de l'avoir ordonnée. On je okc^nnyi rad byst, Letopis o Miatejakh, p. 94,

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mais le zèle de ses agents n'avait pas besoin , sans doute, d'instructions positives. La suite du récit montrera que ce jeune aventurier, loin d'être cruel, avait une douceur naturelle et une générosité bien rare à cette époque, même chez les nations les plus policées. J'aime à croire que les hommes qui , dans l'espace d'un mois, avaient prêté deux serments et trahi successivement Boris et Fëdor, s'empressèrent, sans ordre , de débarrasser leur nouveau maitro d'ennemis qui, vivants, eussent été pour eux-mêmes un objet de remords et d'effroi.

Au reste , il faut avouer que Démétrius avait laissé le champ libre à ses agents , car sa marche sur Moscou fut d'une excessive lenteur. Il s'arrêta assez longtemps à Toula , d'où il expédia des courriers dans tout l'empire pour faire reconnaître son autorité et demander le serment d'hommage. Dans toutes ses proclamations, il défendait aux peuples d'obéir à la femme de Boris ou à son fils, qu'il appelait Fédkay diminutif méprisant du nom de Fëdor *. Déjà ii por-

1. Gos, Gramotyy II, p. iOî, Formule de serment envoyée par Démétrius dans les proYinces.— Le style de celte pièce est assez étrange; entre autres promisses exigées par le nouveau tsar de ses sujets , on trouve celle-ci : Je baite la croix, c*est-à-dire, je jure de ne poinfd4mner de poison à Sa Majestét etc.

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tah ses vues sur la politique extérieure , se croyant dès lors maître absolu dans ses États. Un ambassadeur du roi Jacques II venait de quitter Moscou, pour retourner en Angleterre avec des lettres de Boris. Démétrius fit courir après lui, reprit les lettres de Boris y et lui en remit d'autres pour son souverain, avec lequel il avait hâte d'établir des relations politiques *. De Toula, il rendit des oukases, nomma des gouverneurs, distribua les grftces et les châtiments. D'ailleurs, il usa de sa victoire avec clémence. Un seul des parents de Boris, Semen Godounof, fut mis à mort par l'ordre de Démétrius, et probablement cette rigueur ne fut pas de sa part une vengeance personnelle, mais plutôt une satisfaction donnée à la aoblesse russe qui exécrait Semen , le chef de la police secrète de Boris, et le conseiller ordinaire de ses ordres les plus rigoureux. Les autres membres de cette famille furent exilés en Sibérie ou relégués dans des forteresses; et, si Ton considère qu'à cette époque il n'était pas rare d'exterminer toute une maison pour le crime de son chef, il faut avouer que Démétrius fit preuve d'une modération qui surprit ses ennemis eux-mêmes.

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