‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 56 sur 150 · Letopis miatejakh, p · texte numérisé non relu

Letopis miatejakh, p

^. Karamzine, XI, p. iHO.

Le premier soin de Démétrius fut de rappeler les exilés, non-seulement les Nagoî^ qu'il nommait ses parents, mais encore tousles personnages quiavaient, à quelque titre que ce fût, encouru la disgrâce de Boris. Un prince tartare dépossédé , Siméon Bekboulatovitcb, vain fantôme de souverain, avait été relégué loin de Moscou, et même, disait-on , privé de la vue par Boris, impitoyable dans ses soupçons \

1. Margeret a confondu le tsar Siméon dont il s*agii ici avec le tsar dépossédé de Kazan , Yédigbar Makbmed, qui, étant converti au.chrisUaQisme, reçut le nom de Siméon. Ce dernier mourut en 1565. Le tsar Siméon, fils de Bekboulat, prince de Kassiraof, était beau-frère du prince Msiisla?6ki. Voici, selon Margeret, comment il devint aveugle : « Étant en exil , ledit empereur Boris lui envoya une lettre par laquelle on lui donnait espérance qu'il sérail en bref restitué, et celui qui portait la lettre »fâc du vin d*£spagne qui lui était envoyé quant et quant par Boris, lui en ayant fait boire à la santé de Tempereur, comme aussi t son serviteur, lesquels , peu de temps après, devinrent aveugles, et Test encore ledit czar Siméon. — le lui en ay ouy faire le récit de sa propre boucbe. » Margeret. p. 95.

Rappelé à la cour, il eut permission de reprendre le titre de tsar, qui ne blessait pas la vanité de Démétrius, qui, en effet, méditait de s'en attribuer un plus élevé encore. Cet acte de clémence lui était facile, car il y avait longtemps que Siméon ne donnait plus d'inquiétude; mais Démétrius fit preuve d'une générosité plus grande en pardonnant aux parents de Boris, arrêtés, comme on a vu, aussitôt après la déposition de Fëdor. Peu de temps après, plusieurs d'entre eux obtinrent même des charges de voievodes, à la vérité dans des provinces éloignées de la capitale'.

A peine établi au Kremlin , Démétrius se hftta de constituer le conseil de l'empire et de fixer les rangs et les fonctions des personnes qu'il y appela. Ce conseil fut divisé en plusieurs sections. Dans la première furent les ecclésiastiques, savoir : le patriarche, trois métropolitains, sept archevêques et trois évêques, en tout quatorze dignitaires appartenant à l'Église. La seconde section comprenait les grands officiers de la couronne et les boyards de première classe au nombre de trente-six. 11 y eut, dans la troisième section, dix-sept okolnitchiy ou boyards

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