Karamzine, XI, p
Tandis que Démétrius 8'apprétait à porter la guerre en Crimée 9 il était menacé d'une guerre civile, et un prétendant nouveau venait de paraître pour lui disputer le trône. L*exemple d'une imposture trionophante était trop tentant pour ne pas trouver des imitateurs. Les Ck>saques du Volga furent jaloux de la gloire et des récompenses gagnées par leurs frères du Don et du Dnieper. A leur tour^ ils voulurent avoir un tsarévitch ^ miraculeusement sauvé , dont ils feraient un empereur. Un jeune homme y dont le véritable nom est demeuré inconnu % se montra dans quelquesvillages de Cosaques aux environs de Kazan, se faisant passer pour le prince Pierre Fêdorovitch. C'était encore une victime de Boris. Il était fils, disait-il, du tsar Fêdor Ivanovitch et d'Irène. Enlevé à sa mère immédiatement après sa naissance, on l'avait confié à des Cosaques, soit pour effacer toutes les traces de son origine , soit pour le préserver du poignard de Boris, qui venait de frapper son oncle, le jeune Démétrius. Une fille avait été supposée à sa place et reconnue par l'aveugle Fêdor. Cette fille, comme on sait, était morte au berceau ... Il n'en fallut
1. Paljtsinc, ^. 31 , d*aprës Je ne sais quelle aulorilé» rapporte que cet homme éluil serf d*un capitaine de sirelitz.— Karumzine dit quMl était Cosaque, et rappelle Ilelka.
130 LES F.AUX DÉHéTRIUS.
pas davantage pour rassembler trois ou quatre mille Cosaques, qui se mirent à piller des villages au nom du tsarévitch légitime *. Dans un moment où la légitimité de Oémétrius commençait à devenir fort suspecte, cette nouvelle fable n'obtint aucune créance à Moscou. Les Cosaques eux-mêmes ne paraissaient pas avoir beaucoup de respect pour Télu de leur choix. Démétrius seul parut prendre la fable au sérieux. Il écrivit à ce jeune homme , instrument et jouet de quelques Atamans du Volga , pour l'inviter à venir à Moscou exposer ses droits prétendus, lui offrant une pension digne de son rang s'il prouvait son origine, et le menaçant de sa colère s'il avait usurpé un nom révéré. Cette proposition , accompagnée de quelques mouvements de troupes, suffit pour obliger le prétendu fils de Fëdor à s'enfoncer dans les steppes, d'où nous le verrons reparaître plus tard *•
Il fallut à Marine près de trois mois pour se rendre de Cracovie à Moscou; elle s'avançait avec une