Margeret, p. 131. — Baer, p
2. Margeret, p. 131.— Baer, p. 118. Cette proposition de Démétrius est remarquable. Elle prouve qu*à celte époque le droit de succession dans la ligne directe n'était pas reconnu en Russie, puisque Démétrius, frire de Fëdor, ne se croyait obligé qu'à donner une pension au fU de ce dernier.
LES VAV% DÉMÉTRIUS. 131
extrême lenteur, malgré les lettres réitérées da tsar. A chaque étape arrivaient de nouveaux courriers po^ teurs de présents pour la tsarine et sa famille ; ils lui offraient des pierreries, des meubles, des fournires, et souvent des sacs de roubles que le tsar recom* mandait de distribuer h pleines mains. Mais tout s'achète, excepté l'affection des peuples. Les boyards, les gentilshommes et le clergé , obéissaient ponc* tuellement aux ordres de l'empereur , ils faisaient cortège à leur nouvelle souveraine , lui présentaient le pain et le sel et se proslernaient sur son passage. Pourtant il était facile de voir que cet empressement était de commande et que la crainte seule les amenait en sa présence. Partout des ordres avaient été donnés pour établir des ponts, réparer les routes, balayer les rues 5 souvent des palais de bois construits exprès attendaient la tsarine et sa suite au milieu de forêts désertes. Démétrius mit le comble à ses galanteries en venant incognito surprendre ses hôtes à Mojaisk, et après avoir passé un jour avec eux, il retourna à Moscou pour surveiller en personne les préparatifs de leur réception *• Le palatin de Sendomir précéda sa fille au Krem-
t. fiaer, p. 71.
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lin, où il fut traité avec la plus granéd magnificenca Un Polonais de sa suite a laissé la relation de son voyage à Moscou. J'en feni quelques extraits qui pourront donner une idée des mœurs et des usages de Tépoque. Ce fut Basmanof qui reçut Mniszek à son entrée dans Moscou, à la tète d'un pont de bois très-ingénieusement construit, sans pilotis , et sou* tenu seulement par des câbles tendus. En Amérique, plus d'un siècle auparavant , les Espagnols avaient trouvé des ponts suspendus, ouvrages des Incas. Les Russes de leur côté paraissent s'être avisés de la
même invention *.
Le tsar qui avait assisté, mais mcognito^ à l'entrée de Mniszek, le reçut le lendemain en audience ûfH-% cielle; il était assis sur un trône d'or, vêtu d*une robe dont l'étoffe disparaissait sous une broderie de perles^ il avait la couronne en tête et le sceptre impérial à la main. Au-dessus du trône s'élevait un baldaquin porté sur des lions d'argent et des griffons de même métal. Des grappes de perles, des pierres précieuses servaient de franges au brocart du baldaquin, dont un aigle d'or formait Tamortissemeut. De chaque côté du trône se tenaient des oflSciers ar-