PRONOSTIC
D'après cette étude, nous voyons que le pronostic de ces épisodes méningés tuberculeux curables doit être réservé.
En présence d’un pareil syndrome, il sera souvent difficile de dire s’il s’agit d’une méningite grave au début ou d’une méningite bénigne, d’où la difficulté du pronostic. |
L'évolution favorable elle-même, devra faire penser à cette période trompeuse de rémission si fréquente au cours des méningites mortelles et on ne devra pas trop se presser pour affirmer la curabülité des accidents méningés.
En général, ces poussées de méningite curable ne durent que quelques jours et on voit bientôt disparaître les différents symptômes alarmants.
Mais quelquefois elles laissent à leur suite des séquelles, quelques-unes fort graves comme nous l'avons vu, compromettant plus ou moins l’avenir intellectuel et social du malade.
Celles qui suivent immédiatement la crise méningée sont en général curables, mais les séquelles qui apparaissent tardivement laissent presque loujours des traces indélébiles sur l’organisme.
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Les paralysies de la face, des membres, des muscles de l'orbite sont le plus souvent transitoires et ne durent que quelques jours ou quelques semaines. Cependant dans le cas de Moutard-Martin,l'hémiplégie persista pendant trois ans jusqu'à la récidive qui emporta la malade.
Dans le cas d'Oppenheim, la parésie faciale existait encore au bout de dix-huit mois.
Les troubles de la parole, l'aphasie motrice, peuvent aussi persister assez longtemps, plusieurs mois dans les cas d'Oppenheim el d'Hutinel et Chaillou.
Les troubles de la marche, la titubation, s'ils ne sont pas liés à un tubercule du cervelet, surajouté aux lésions méningées, ont un pronostic favorable puisqu'ils ont disparu en quelques jours dans notre observation IV et en trois semaines environ dans le cas de Henkel.
Les troubles des réflexes sont tantôt transitoires, tantôt persistants comme chez le petit malade de notre observation ! qui présentait toujours de l’exagération des réflexes dans l'intervalle de ses crises.
Enfin les troubles oculaires sont souvent les plus graves. Outre l'inégalité pupillaire qui fut longue à disparaitre dans l'observation de Henkel, il faut surtout citer la gravité du pronostie de la névrite optique qui, dansles cas de Moutard Martin, d'Hutinel et Chaillou, évolua vers l’atrophie et la céeité complète. IT faut se rappeler en outre que cette grave lésion oculaire apparait quelquefois tardive-
ment, après la guérison des accidents méninges.
Le pronostic des troubles intellectuels n’est pas moins sérieux et si des troubles légers de la mémoire. de l'attention, de l’affectivité peuvent à la longue diminuer ou disparaître, on sait combien la paralysie générale juvénile, la démence précoce et l’idiotie sont à peu près irrémédiables.
Dans les cas où les phénomènes méningés guérissent sans laisser de séquelles, comme dans la plupart de nos observations, il faut lenir compte de la possibilité des récidives, signalées par plusieurs auteurs.
Le pronostic sera d’autant moins favorable à ce point de vue qu'on observera, après la guérison des accidents méningés, des crises de céphalée avec vomissements, survenant à intervalles plus ou moins éloignés, coïncidant avec des poussées fébriles passagères, ou des troubles du pouls, inégalités ou irré- . gularités, ou de l'inégalité pupiilaire, du strabisme permanent. Il faut considérer ces symptômes, qui passent souvent inaperçus chez les observateurs non prévenus, comme des signes d’irritation méningée légère, pouvant faire prévoir le retour probable des accidents méningés graves.
Malgré toutes ces réserves, le pronostic des épisodes méningés tuberculeux curables reste assez favorable, si on le compare à la terminaison généralement admise de la méningite tuberculeuse.