INTRODUCTION
Avant de commencer cette étude, nous tenons tout particulièrement à remercier notre maître, M. le D’ Barbier, médecin de l'hôpital Hérold, qui a bien voulu nous donner l’idée de ce travail et nous a aidé de ses conseils. Nous lui avons en outre une très grande reconnaissance de nous avoir enseigné la pathologie infantile pendant l’année que nous avons passée dans son service.
Nous avions d’abord pensé à intituler notre those. Des Méningites tuberculeuses curables chez l’enfant. L'histoire de la méningite tuberculeuse compte en effet un nombre déjà respectable de guérisons dans des cas où le diagnostic fut contrôlé par l'examen cytologique et bactériologique du liquide céphalo-rachidien.
Mais étant donné la fréquence des récidives dans des cas semblables, et le doute qui subsiste toujours sur la durée de ces guérisons, nous avons préféré le
titre : Des Épisodes méningés tuberculeux curables chez l'enfant, qui ne laisse aucun doute sur la
nature des faits que nous voulons démontrer.
Nous sommes en conformité d'opinion à ce point de vue avec M.le professeur Poncet et ses élèves qui vont jusqu'à admettre non seulement l'existence, mais la fréquence des méningites tuberculeuses bénigne.
Thévenot, reproduisant l’opinicn de Poncet, dans une clinique sur le rhumatisme tuberculeux familial, croit à une forme de méningite bacillaire atténuée. QI doit se passer, dit-il, du côté des séreuses méningées ce qui se passe du côté des séreuses articulaires et autres que la tuberculose frappe très inégalement. » Il admet l'existence « de méningopathies tuberculeuses allant depuis des formes très simples, parfaitement curables, avec de faibles lésions anatomiques, jusqu'aux formes particulièrement graves, actuellement seules bien connues ».
Sépet est du même avis que l’école de Lyon,
lorsqu'il dit :
« Les méninges obéissent dans leurs réactions morbides aux lois générales de la pathologie des séreuses (Dupré). Or, la guérison semble être la terminaison habitvelle de la tuberculose pleurale (Landouzy et Labbé); la formation et la fréquence des symphyses péricardiques d'origine tuberculeuse (Hayem et Tissier) indiquent aussi nettement l’existence d’une réaction de l'organisme étouffant sous la
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néoformation fibroïde, les foyers de l'infection primitive.
Dans la péritonite tuberculeuse, Yarochewski, Faryas, Maurange admettent qu’il y a une tendance naturelle à la guérison dans 5o/100 des cas. La tuberculose articulaire est, elle aussi, curable, et récemment Poncet et ses élèves, Bérard, Maillaud et Patel, Thévenot, ont montré qu’à côté de la forme grave monoarticulaire, la tumeur blanche, il existait une forme séreuse pouvant disparaître sans laisser de traces, le rhumatisme tuberculeux. » Et il termine en admettant, à côté de la granulie à manifestations méningées prédominantes, des tubercules méningés, et de la méningite tuberculeuse classique, l'existence d’une forme plus légère, curable, soit par atténuation de la virulence du bacille, soit par une résistance plus grande de l’organisme.
Nous commencerons donc notre étude par l’exposition des faits cliniques qui lui servent de base, et nous étudierons leur symptomatologie, leur évolution, leur terminaison et leurs suites immédiates ou éloignées.
Nous rapprocherons de ces faits certains cas de zona qui nous semblent en relation intime avec ces accidents méningés.
Dans un troisième chapitre, nous rechercherons quelles sont les lésions qui peuvent être à l’origine de ces accidents, et si, en cas de récidive mortelle,
on ne peut pas retrouver la trace de lésions anciennes à l’autopsie. |
Enfin, après avoir établi le pronostic de ces syndromes"méningés curables, nous terminerons par les conséquences thérapeutiques, le traitement à faire suivre aux enfants ayant déjà eu une première atteinte, et la prophylaxie de ces accidents.