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bacillaire atténuée localisée sur le névraxe et on peut encore rapprocher de ces faits ceux de radiculalgie et de radiculites tuberculeuses étudiées récemment par Tinel. |
Ces hypothèses deviennent singulièrement probables en face de certains cas comme nous allons en rapporter où le zona a précédé l’apparition d’une méningite tuberculeuse, et on comprend quelle est alors l'importance pronostique du zona chez les tuberculeux, et qu'on doive prévoir l'éclosion possible à sa suite de phénomènes méningés curables ‘ou mortels. |
La première observation de notre étude clinique {obs. I) montre un bel exemple de zona tuberculeux suivi de méningite eurable de même nature, le zona ayant constitué dans ce cas la première manifestatiou de linfection tuberculeuse du névraxe, infection qui a donné lieu ensuite à des accidents méningés. Il y a eu deux étapes de l'infection, une étape spinale (zona) de ganglioradiculite tubereuleuse, et une étape cérébrale (méningite).
Nous trouvons également dans l’article de MM. Barbier et Lian (Progr. méd., 29 juillet 1911) une obser- ‘vation de zona en apparence idiopathique chez une enfant de neuf ans, chez laquelle le liquide céphalorachidien tuberculisa le cobaye. On peut dire que cette enfant était en puissance d'accidents méningés.
Dans l'observation qui suit le zona fut suivi d’une méningite tuberculeuse mortelle,
OBSERVATION I
(Lemonnier. — Bull. de lu Société frang. de Dermatologie
et'de Syphiligraphie, 8 mai 1890, p. 135-140.)
Enfant de quatre ans. Zona du trijumeau suivi huit mois
après d’une méningite tuberculeuse
A trois ans, rougeole, puis six mois après, bronchite aiguë; l'enfant a toujours été un peu débile. À quatre ans, en juillet, zona ophtalmique sans douleurs ; en nôvembre suivant, bronchite ; fin février de l’année suivante, méningite tuberculeuse et mort le 18 mars.
Enfin nous terminerons par lobservation d’an enfant soigné dans le service de notre maître pour un zona thoracique et qui présenta au cours de son séjour des phénomènes méningés typiques. Cet enfant avait des antécédents héréditaires tuberculeux et présentait [lui-même des signes de tuberculose probable.
OBSERVATION II
Zona thoracique accompagné de phénomènes méningés
transitoires chez un enfant suspect de tuberculose
G... Robert, âgé de cinq ans, entre à l'hôpital Ilérold, salle Bazin, le 29 mai 1917, pour un zona ayant débuté il y a quatre jours. Le père est tuberculeux. Rougeole il y a deux
ans. Il y a deux mois, l’enfant a été amené à la consultation
de l'hôpital Hérold pour une otite double suppurée avec mauvais état général, anémie, anorexie et amaigrissement.
A l'examen, on trouve un zona étendu en demi-ceinture à Ja base de l’hémithorax droit, sans douleurs et sans fièvre.
L'intradermo-réaction se montre positive.
Une ponction lombaire permet de retirer un liquide clair qui s'écoule lentement, présentant une {ymphocytose légère (& éléments par champ, obj. immersion 1/12). :
31 mai. — Deux jours après son entrée, le petit malade est atteint d'accidents méningés ; il se plaint de eéphalée frontale, présente un certain degré de raideur de la nuque et des vomissements en fusée, survenant brusquement, sans efforts.
1e" juin. — Les symptômes méningés persistent ; on trouve en outre des réflexes rotuliens très faibles et un peu de strabisme convergent.
Pas de signe de Babinski ni de troubles sensitifs.
A l'examen du poumon, on note de la submatité du sommet gauche avec inspiration rude et expiration soufflante, et un souffle hilaire surtout marqué à droite.
La température est normale.
&juin. — La céphalée persiste encore, mais les vomissements ont cessé, Le pouls est inégal et irrégulier.
Enfin le 10 juin, la céphalée elle-même disparaît, le pouls est redevenu régulier, à 792. L'enfant est gai, mange bien et a augmenté de 600 grammes depuis son entrée.
Il sort le 22 juin, complètement rétabli, ayant augmenté en tout de 1.300 grammes. Les signes méningés ne se sont pas reproduits et il ne persiste plus du zona que quelques
rougeurs au niveau du dos,
TT
En résumé, on peut dire que chez ces enfants qui font des phénomènes méningés après le zona, « du fait du voisinage des altérations tuberculeuses radiculoganglionnaire, les méninges sont léchées par la tuberculose, lésion minime sans doute, mais combien redoutable si elle s'étend et se généralise » (Barbier et Lian).