‹ Épisodes méningés tuberculeux curables chez l'enfantChapitre 10 sur 18 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les formes que nous décrivons dans cette étude ne seterminant pas par La mort, il est difficile de se faire une idée sur les lésions qui les caractérisent.

Cependant on peut soupçonner la nature de ces lésions d'après deux ordres de constatation :

wo Les lésions de méningite chronique qu’on trouve chez des malades suecombant-à une méningite tuberculeuse aiguë ; |

>» Certaines lésions de cette méningite aiguë mortelle.

1° Lésions anciennes.— Chezla plupart des enfants qui succombent à une méningite tuberculeuse aiguë on observe, à côté des lésions récentes, gramulations et exsudats fibrineux, des lésions plus anciennes, reliquats d’une infection méningée antérieure.

Comme nous le verrons dans les observations que nous allons rapporter, ces lésions eonsistent en des épaississements méningés, d'aspect opalin ou laiteux, trés résistants, et n’adhérant pas le plus souvent à la substance cérébrale sous-jacente.

Leur siège habituel est à la base, où ils s’étendent plus ou moins, recouvrant le chiasma, occupant l’espace inter-pédonculaire, s'étendant souvent jus-

qu'au bulbe et à la protubérance qu'ils entourent, et remontant quelquefois, dans les deux scissures de Sylvius dont ils soudent les lèvres, jusque vers la convexité. S

Il s'agit bien là de méningite chronique de la base, méningite fibreuse dont l'origine est plus ou moins ancienne. ù

Nous retrouvons dans nos observations IT et IIL l'existence, dans les antécédents, de phénomènes méningés anciens qui probablement n'ont pas êté autre chose que l'expression clinique de la première infection tuberculeuse des méninges ; cette première attaque des méninges par la tuberculose peut être considérée logiquement comme l'origine des lésions de méningite chronique trouvées à l'autopsie.

Dans un certain nombre de cas (obs. I et V), on ne trouve dans les antécédents personnels que des convulsions et il semble done qu'on doive les attribuer à des atteintes tuberculeuses légères des méninges, dont on retrouve plus tard la trace à l’autopsie, lorsque le petit malade suecombe à une méningite aiguë terminale.

La constatation de ces lésions anciennes permet donc de comprendre l'existence de ces syndromes méninges antérieurs qui ont paru guérir, qui ont même guéri cliniquement pour récidiver quelques semaines, quelques mois ou quelques années plus tard. Mais elle n'éclaire pas sur la nature exacte de ces lésions, telles qu'elles sont au moment de leur production.

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2° Lésions récentes. — L'étude des lésions habituelles de la méningite tuberculeuse aiguë mortelle permet au contraire de concevoir quelles sont les lésions qui peuvent donner lieu à un syndrome méningé tuberculeux curable.

On peut mettre d'emblée hors de cause la granulie généralisée dans laquelle à côté de la granulie méningée,on trouve des lésions pleuro-pulmonaires, hépatiques, spléniques, rénales, péritonéales et des ganglions trachéo-bronchiques.

Nous écarterons également la méningite en plaques qui donne lieu à un syndrome bien spécial, évolue de façon chronique et se termine le plus souvent par une poussée aiguë généralisée et mortelle.

Nous étudierons seulement les lésions de la méningite tuberculeuse habituelle qui cause par elle-même la mort du malade. Ces lésions consistent essentiellement en uneéruption plus ou moins confluente de granulations, prédominant à la convexité et le long des vaisseaux où elles forment de véritables chapelets. La congestion des méninges accompagne généralement ces lésions granuliques.

A la base, au niveau des lacs arachnoïdiens, on retrouve toujours un exsudat louche ou franchement purulent, de couleur jaunâtre ou verdâtre, exsudat fibrineux, dans lequel l'examen microscopique révèle après digestion dans le liquide de Joussel et étalage du culot sur une lame, une abondance énorme de bacilles de Koch. Ces exsudats fibrineux renferment

ré

souvent des granulations tuberculeuses, mais en petit nombre (obs. I)

Enfin, il faut signaler encore l'existence d’une hydrocéphalie à prédominance ventriculaire, de lésions graves des vaisseaux, artérite, endartérite proliférante, et de lésions cérébrales consistant en ramollissements plus ou moins étendus au niveau de la base, de la convexité ou des parois ventriculaires.

Parmices lésions, les unes comme la granulie étendue, les lésions vasculaires intenses, les ramollissements cérébraux ne peuvent se rencontrer dans une méningite curable.

Mais il faut remarquer, dans toutes les autopsies, la constance des lésions séreuses et fibrineuses, en particulier de ces exsudats inflammatoires de la base qui peuvent donner la clef de ces phénomènes méninges tuberculeux que nous avons vu se terminer par la guérison.

Et si on compare l’évolution de la pleurésie sérofibrineuse tuberculeuse, de certaines formes de péritonite tuberculeuse avec celle de ses exsudats, on en arrive à concevoir la possibilité, lorsqu'ils existent seuls ou accompagnés d’une granulie méningée extrêémement discrète, de leur organisation fibreuse et de leur transformation en placards d’épaississements méningés scléreux et résistants, comme il est commun d’en rencontrer dans les autopsies de méningite tubereuleuse aiguë.

On peut donc admettre, à côté de la méningite tuberculeuse habituelle caractérisée par des lésions

graves etinévitablement mortelles, l'existence l’une méningite séro-fibrineuse tuberculeuse, analogue à la pleurésie séro-fibrineuse de même nature et évo-: luant le plus souvent comme elle vers la gnérison.

Le remarquable travail de Gougerot sur es Bacilloses non jfolliculaires (thèse de Paris, 1908- 1909) a bien mis en lumière l’existence de tuberculoses atypiques de l’encéphale et des méninges et il distingue cinq formes de méningite aiguë non folliculaires:

1° Des méningites infiltrées diffuses, séreuses et congestives, bien connues surtout depuis la thèse de Landouzy ;

2° Des méningites hémorragiques aiguës non folliculaires, ou hémorragies méningées bacillaires ;

3° Des méningites baciliaires aiguës diffuses infiltrées et nécrosantes non folliculaires ;

4° Des méningites tuberculeuses avec granulations histologiquement non folliculaires, ou bacilloses méningées granuleuses non folliculaires ;

5° Des méningites bacillaires à polynucléose domipante.

Or les deux premières formes nous intéressent tout particulièrement. La première comporte en effet des lésions sans gravité que Gougerot déerit ainsi :

«Rien à l’autopsie, sauf la granulie des autres viscères, ne ferait soupçonner la bacillose ; les méninges sont seulement congestionnées et infiltrées, les vaisseaux se dessinent en larges lraînces et les

OS

capillaires sont finement injectés, la pie-mère est plus ou moins louche ou épaissie, les espaces sousarachnoïdiens sont imbibés d'un exsudat si abondant qu’il donne à l’encéphale un aspect gélatiniforme,

» L'examen le plus minutieux ne révèle pas de granulations.

» Histologiquement le processus se résume en congestion intense allant parfois jusqu’à l’hémorragie microscopique, exsudation sérofibrineuse et albumineuse, infiltration cellulaire discrète ou intense, diffuse ou ramassée en placards, sans nécrose ni follicules. Ces méningites sont donc atypiques macroscopiquement. :

» Microscopiquement rien nelesdistingue des méningites séreuses et congestives des autres infections, et plusieurs fois, j'ai douté de leur origine jusqu'à l’examen bactériologique qui démontrait le bacille de Koch dans les lésions. »

Quant à la seconde forme, hémorragies méningées bacillaires, elle permet de ne pas exclure le diagnostic de méningite tuberculeuse lorsque l’on constate l'existence de sang dans le liquide céphalorachidien et nous avons rapporté dans notre chapitre clinique un cas de ce genre (obs. IX), d’hémorragie méningée guérie chez une bacillaire,

Enfin la dernière forme de méningite bacillaire à polynucléaires dont nous allons relater un cas (anat. path., obs. IX) pourrait expliquer comment cerlains cas de méningite tuberculeuse ont pu passer

inaperçus, la polynucléose faisant rejeter d'emblée toute hypothèse de bacillose méningée, Il est intéressant de remarquer que dans les observations de. Henkel, de Gross et de K. Barth que nous avons citées dans notre chapitre clinique, la ponction lombaire a révélé une polynucléose manifeste, avec terminaison par la guérison.

Les observations qui suivent se rapportent à des méningites tuberculeuses dans lesquelles on a pu déceler à côté de lésions récentes, des lésions méningées anciennes telles que nous venons dele décrire :

OBSERVATION I

Méningite tuberculeuse avec convulsions

dans les antécédents

H... Germaine, âgée de quinze mois,entrel'hôpital Hérold, salle Gubler, le 8 mai 1907,pour des convulsions.

Depuis un mois l’enfant est devenue triste et grognon et elle a fait récemment deux crises de convulsions généralisées avec perte de connaissance.A son entrée, on ne constate que des troubles dyspeptiques.

16 mai. — Des signes pleuropulmonaires apparaissent, adénopathie trachéobronchique et quelques râles et frottements pleuraux.

18 mai. — Apparition de signes méningés. L'enfant meurt de méningite tuberculeuse leor mai.

Ponction lombaire.— Liquide louche,légère hypertension,

J. Gougelet F4

nombreux lymphocytes, quelques polynucléaires et quelques bacilles.

. AUTOPSIE. — Cerveau et méninges. — La face externe du cerveau montre de la congestion méningée avec de nombreuses granulations Le long de l'artère sylvienne.

A la base, exsudat fibrineux très abondant, dur au toucher, résistant, englobant le bulbe et le chiasma.

Adhérences méningées dans les scissures sylvienne. Ven-

tricules dilatés,

Un caillot fibrineux, du volume d’un petit pois, prélevé au niveau de la base de l’encéphale, a été mis à digérer dans le liquide de Jousset. Vingt-quatre heures après, le produit de la digestion a donné un culot qui, étendu sur une lame et coloré par la méthode de Ziehl, a montré une grande quantité de bacilles longs et granuleux.

Autres organes.—Ganglionstrachéobronchiques caséeux, granulations au sommet du poumon gauche, tubercule

caséifié au sommet du poumon droit.

OBSERVATION II

Méningite tuberculeuse précédée il y 4 quatre mois

de phénomènes méningés

Le M... Alice, âgée de seize mois,entre à l'hôpital Hérold, salle Jules Simon,le 29 mars 1908, pour de la toux et des troubles gastro-intestinaux.

On relève dans ses antécédents un fait intéressant: il y a quatre mois, elle a été soignée dans le service du D: Lesage

pour des troubles gastro-intestinaux, vomissements alimen-

taires et diarrhée verte, accompagnés de phénomènes méningés. Elle est sortie en bon état au bout de deux mois.

À son entrée, cette enfant ne présentait pas de signes méningés.

Pâle, maigre, atrophique, avec de la micropolyadénopathie cervicale et axillaire, des nodosités costales et un gros foie, elle présentait des troubles gastro-intestinaux, vomissements etdiarrhéeetdes signes de bronchite, de congestion des sommets et d'adénopathie trachéobronchique, avec fièvre élevée,

2 avril. — Les signes méningés font leur apparition et l'enfant meurt le 11 avril de méningite tuberculeuse. |

AUTOPSIE, — Cerveau et méninges. 2 Liquide céphalorachidien abondant, un peu trouble. Congestion générale des méninges.

Au niveau de la base, fausses membranes grisätres, épaisses et résistantes, surtout au niveau du chiasma et de l’origine de la scissure de Sylvius, dans laquelle elles se prolongent de chaque côté.

Vaisseaux couverts de granulations en chapelets, dans les régions sylviennes et de la base.

‘ Ramollissement des parois des ventricules latéraux.

Autres organes. — Traces d'ancienne pleurésie gauche avec adhérences épaisses. Congestion des deux bases pulmonaires sans signes de tuberculose. Gros ganglion trachéobronchique caséeux.

Gros foie jaunâtre rempli de granulations.

OBSERVATION III

Méningite tuberculeuse précédée ily a deux ans

de phénomènes méninges

D... Paul, âgé de neuf ans, entre à l'hôpital Hérold, salle Bazin,le 8 février 1911,pour une méningite tuberculeuse dont les prodromes auraient fait leur apparition il y a un mois.

L'étude de ses antécédents personnels révèle qu'il aurait eu, il y a deux ans, des symptômes identiques, c'est-à-dire céphalée, changement de caractère, troubles de la mémoire, excitabilité plus grande, vomissements, constipation, fièvre et sueurs nocturnes. Ces signes avaient disparu et l'enfant était allé passer deux mois à la campagne.

En outre le père est suspect de tuberculose.

La ponction lombaire a donné un résultat négatif (pas de lymphocytose, liquide normal) et l'inoculation au cobaye s'est montrée également négative.

Une nouvelle ponetion, pratiquée le 17 février, révèle une lymphocytose nette, mais l'absence de bacilles de Koch.

L'enfant meurt le 21 février.

Auropsie, — Cerveau et méninges. — A la face convexe, ont rouve de nombreuses adhérences de la dure-mère avec une dilatation énorme des vaisseaux pie-mériens et quelques granulations.

A la base, dans la région du chiasma, s'étend un vaste placard jaunâtre, épais, allant en arrière jusqu'à la protubérance, entourant les gros vaisseaux et les nerfs craniens

auxquels il forme une véritable gangue. Il en émane des

VETT

prolongements qui accompagnent les artères dans les diverses scissures.

L'un d’eux,suivant la scissure de Sylvius,présente absolument l'aspect d’un tubercule. Lorsqu'on a enlevé ce placard aux ciseaux,on voit sourdre du ventricule moyen ainsi mis à jour une quantité énorme de liquide céphalorachidien clair.

En outre, dans la scissure de Sylvius, on trouve quelques granulations.

L'examen bactériologique a montré au niveau de l’exsudat de la base une quantité énorme de bacilles de Koch.

Autres organes .— Ganglions trachéobronchiques caséeux.

Granulie pulmonaire, hépatique, splénique et rénale.

Pleurésie sèche et caverne du sommet droit.

OBSERVATION IV Méningite tuberculeuse.

P... Marie, âgée de neuf mois, entre à l'hôpital Hérold, salle Trousseau,le 30 novembre 1907, pour une méningite tuberculeuse dont le début remonte à trois jours.

Père et mère tuberculeux.

Ponction lombaire.—Liquide clair,hypertendu, présentant un léger culot après centrifugationet une augmentation de la quantité d’albumine. Lymphocytose pure: 40 à 5o Iymphocytes par champ (obj. à immersion). Pas de microbes. Ensemencement négatif sur bouillon L'enfant meurt le 8 décembre,

AUTOPSIE. — Cerveau et méninges. — Hydrocéphalie. Au niveau des vaisseaux pie-mériens, granulations englobées

dans un exsudat épais. Au niveau de la base, exsudat épais,

rouge, fibrineux, quirecouvre le chiasma, l'origine des deux scissures de Sylvius et les espaces perforés postérieurs. Les méninges sont épaissies. Les ventricules sont distendus et leurs parois sont ramollies.

Attres organes.—Ganglions trachéobronchiques caséeux. Lésions de splénisation et caséeuses des poumons. Granulie pulmonaire. Hépatite dégénérative nodulaire, périsplénite

tuberculeuse, endocardite.

OBSERVATION V

Méningite tuberculeuse précédée de crises convulsives

S... Jeanne, âgée de un an, entre à l'hôpital Hérold, salle Jules-Simon, le 11 décembre 1907, pour une méningite tuberculeuse.

Père et mère tuberculeux. Convalsions fréquentes à noter dans les antécéednts personnels.Début par des convulsions.

Ponction lombaire.—Liquide elair s’écoulant en gouttes rapprochées.Pas de microbes. 50 lymphocytes et à peine un polynueléaire par champ (obj. à immersion).

L'enfant meurt le 18 décembre.

AUTOPSIE. — Cerpeau et méninges. — Hydrocéphalie notable.

A la face inférieure, épaississement considérable des méninges depuis le bulbe jusqu’à la partie antérieure de là scissure interhémisphérique. Cette zone de méningite chronique s'étend latéralement jusqu'à la circonvolution de l'hippocampe et se continue dans la scissure de Sylvius.

Au-dessous de ces régions où les méninges sont épaissies, la substance cérébrale est ramollie.

L'hémisphère droit présente sur sa face externe, outre la congestion des méninges, des granulations accompagnant les vaisseaux. Dans la scissure de Sylvius, exsudat très épais farci de granulations.

Sur une coupe vertico-transversale, on voit les épaississements méningés s'insinuer entre les circonvolutions, et sur une coupe passant par la zone rolandique, on les voit englober dans le fond d’un sillon un amas caséeux du volume d’une grosse tête d’épingle, reposant sur un point de substance cérébrale franchement ramolli.

Les corps optostriés sont ramollis et on n'arrive pas sur la coupe à préciser leurs limites.

L'hémisphère gauche présente sur la face externe les mêmes lésions qu’à droite mais moins accentuées.

Sur la coupe vertico-longitudinale on voit un petit tubercule gros comme un petit pois à la partie postérieure du noyau lenticulaire. La substance cérébrale a sa consistance normale.

Le cervelet, la protubérance et le bulbe présentent aussi des épaississements méningés, des granulations et un léger degré de ramollissement de la substance cérébrale. |

En résumé, outre des lésions récentes, exsudats et granulations, il y a des épaississements méningés témoignant d’un processus de méningite chronique.

L’abondance des granulations périvasculaires explique le ramollissement d’une grande étendue de la substance cérébrale.

La prédominance des lésions à droite cadre bien avec les

résultats de l'examen clinique. En effet,les convulsions limitées au côté gauche ont été suivies d’une hémiplégie gauche. Autres organes. — Caverne et foyers de splénisation pulmonaire.

Ganglions trachéobronchiques et mésentériques caséeux.

Granulie pulmonaire, hépatique et splénique.

OBSERVATION VI

Méningite tuberculeuse J... Louis, âgé de vingt et un mois, entre à l'hôpital Hérold, salle Gubler annexe, le 6 mai 1907, pour une méningite tuberculeuse.

Malade depuis huit jours. Père suspect de tuberculose.

Adénopathie trachéobronchique droite.

Ponction lombaire. — Liquide légèrement trouble. Nom-

breux lymphocytes. Quelques polynucléaires.

L'enfant meurt dans le coma le 20 mai. à

AUTOPSIE. — Cerveau et méninges. — Épaississement laïteux ancien des méninges au niveau de l'origine de la scissure de Sylvius, se continuant jusqu'à la partie externe de l'hémisphère correspondant.Cetépaississement renferme des granulations. Mêmes lésions à droite et à gauche. Granulations nombreuses sur la convexité de l'hémisphère droit. Hydrocéphalie avec ramollissement des parois ventriculaires.

Autres organes.— Ganglions trachéobronchiques caséeux:

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OBSERVATION VII

Méningite tuberculeuse.

D... Jean, âgé de deux ans et demi, entre à l'hôpital Hérold, salle Trousseau, le 28 juin 1907, avec des troubles gastro-intestinaux, des signes d'adénopathie trachéobronchique droite et des symptômes méningés remontant à cinq jours. Père tuberculeux.

Ponction lombaire. — Lymphocytose abondante. Pas de bacilles.

L'enfant meurt de méningite tuberculeuse le 5 juillet.

AUTOPSIE. — Cerveau et méninges. — A l'ouverture du crâne, on constate une forte congestion des méninges. Liquide céphalorachidien louche.

Les deux scissures de Sylvius sont complètement obturées par des épaississements de la méninge, résistants et d'aspect laiteux, On retrouve les mêmes lésions anciennes au niveau de la base, dans la scissure médiane du cervelet et dans un certain nombre de petites scissures de la convexité.

Le long des vaisseaux, on trouve un semis de granulations grosses comme une tête d'épingle, blanchâtres et arrondies.

Autres organes. — Ganglions trachéobronchiques caséeux.

Granulie pulmonaire et hépatique.

OBSERVATION VIII

Méningite tuberculeuse

Sch... Suzanne, âgée de neuf ans, entre à l'hôpital Hérold, salle Josias, le 26 mai 1911, pour une méningite tuberculeuse dont les prodromes ont débuté il y a deux mois.

La ponction lombaire révèle une lymphocytose de r20 élémeénts par millimètre cube.

L'enfant meurt le 31 mai.

AUTOPSIE. — Cerveau et méninges. — Léger épaississement opalin sur toute la surface de la pie-mère. Exsudat fibrineux dans l'angle postérieur du chiasma. Les hémisphères sont reliés au cervelet par de fortes adhérences. Tubereules disséminés sur les différentes faces des hémisphères et sur le cervelet. Tubercules dans la substance blanche, décelés à la coupe, surtout au niveau du lobe pariétal.

Autres organes. — Nombreux ganglions trachéobronchiques volumineux, la plupart caséeux. Tuberculose pulmonaire à forme cavernuleuse, à des stades différents dans toute l'étendue des deux poumons. Dégénérescence hépa-

tique,

OBSERVATION IX

Méningite tuberculeuse avec polynucléose.

T... Louise, âgée de neuf mois, entre à l'hôpital Hérold,

salle Trousseau, le 10 juin 1908 pour une bronchite.

Père et mère bacillaires.

Des signes méningés apparaissent le 19 juin et l’enfant meurt de méningite tuberculeuse le 26 juin. Ponction lombaire : polynueléose.

AvrôP SrE. — Cerveau et méninges. — Exsudats anciens au niveau de la base dans la région du chiasma et de la scissure de Sylvius. Granulie méningée le long de la scissure de Sylvius droite. Parois ventriculaires ramollies.

Autres organes. — Lésions caséeuses dela base du poumon gauche et des ganglions trachéo-bronchiques. Granulée des poumons, du foie et de la valvule mitrale,

À côté de ces observations, prises dans lé service de M. le D' Barbier, nous en résumerons 3 qui sont également significatives où point de vue de la coexistence’ de lésions anciennes ‘et de lésions récentes. Une quatrième, par laquelle nous commencerons, montre des lésions anciennes de méningite tuberculeuse pulmonaire trois ans après.

OBSERVATION X

Sur un cas de méningite tuberculeuse suivie de guérison. (Janssen.— Nederl.Tijdsch.,o. Geneeskunde,29 février 1896.)

Il s’agit d’un soldat de dix-neuf ans qui entre à l'hôpital le 2 mai 1892 et présente bientôt les symptômes d'une méningite tuberculeuse : céphalée, vomissements, fièvre,pouls à 52, respiration irrégulière, strabisme convergent, mydriase, insensibilité dé la cornée, conjonctivité mueo-purulente, raideur de la nuque, des bras et de la jambe gauche, hyperes-

thésie cutanée, incontinence des sphincters et délire tranquille. Amélioration au bout de seize jours et guérison le 15 juillet.

Depuis ce temps, le malade présente des accidents de laryngite, de bronchite, et meurt de tuberculose pulmonaire, sans avoir présenté de nouveaux accidents cérébraux, le 18 août 180.

Autopsie. — On constata des lésions méningitiques tuberculeuses à la convexité et à la base, consistant en un épaississement de la pie-mère avee néo-formation de tissu conjonctif adhérent à la pulpe cérébrale. Nombreux tubercules ca-

séeux et fibreux disséminés dans cet épaississement méningé.

OBSERVATION XI

(Due à Cadet de Gassicourt, in Traité des maladies

des enfants de Rilliet, Barthes et Sanneé.)

Un enfant présenta des symptômes méningitiques qui se calmèrent au bout de vingt-trois jours. La guérison parut complète pendant deux mois et demi, puis il fut repris d'une poussée de méningite pendant laquelle il succomba à une diphtérie intercurrente.

On trouva à l'autopsie un tubercule du cervelet de la gros-

seur d'un œufet des lésions méningées anciennes et récentes, OBSERVATION XII (Rilliet. — Société médicale des hôp., 1853.)

Le jeune P..., âgé de einq ans et demi, fait le 27 février

144, une première poussée de méningite tuberculeuse

SO SE qui dure quatre-vingt-dix-sept jours et finit par guérir malgré des symptômes très graves. Il part à la campagne, et au bout de quelques mois, à la suite d’une chute sur la tête, les symptômes cérébraux reparaissent faisant craindre une fracture du crâne avec encéphalite.La guérison est complète en huit jours. Après cinq ans et demi de santé parfaite, une nouvelle méningite emporte l'enfant en moins d’un mois.

Autopsie. — On retrouve des lésions des os du crâne, résultat probable d’une ancienne fracture.

En outre les méninges sont congestionnées, les sinus sont gorgés de sang et la pie-mère est le siège à droite d’une vive injection. Sur la convexité, on trouve trois sortes de lésions :

1° Des granulations jaunes très nombreuses, situées en chapelet le long des vaisseaux, sur l'hémisphère gauche;

2° Un gros tubercule induré de la partie moyenne de l'hémisphère gauche, pénétrant comme un coin entre deux circonvolutions ;

3° Un épaisissement des méninges, pie-mère et arachnoïde accolées, très résistant et de teinte blanc nacré, situé sur une étendue de 3 centimètres sur l'hémisphère droit, près de la scissure interlobaire.

A la base, épaississement méningé recouvrant le chiasma, l'hexagone et la protubérance qui présentent un aspect grisâtre clair.

Enfin en décollant la scissure de Sylvius, on y découvre

encore des granulations.

Les ventricules sont dilatés par une grande quantité de

liquide clair.

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