PIE IX, PAPE
Note l,p.xxx. — Bernadette (Sœur Marie-Bernard), p. 213-215. ^
2, j). xxxiv. — Voir p. 4'i2 et 4'i.3.
3, p. y. — L'iimict est la première |)ièce du vêtement liturgique que revêt le prêtre pour la célébration du Saint-Sacrifice. C'est une sorte de mantelet de toile, dont la partie supérieure entoure le cou et dont la partie inférieure couvre les épaules et le dos.
Durant une retraite que Mme de Musy avait faite à Ars, cet amict lui avait été donné, après de vives instances, par l'homme de Dieu, qui avait pour elle une respectueuse amitié et qui la considérait comme une ànie })ré(lostinée.
— « Là se lit, devant la Saiiite-Face, l'ouverture de la caisse contenant la bannière. Etaient présents : le général de Charette, M. Dupont, M. Ratel, M. le Docteur de la Trembiaye et son (ils, Martin de la Trembiaye, aujourd'hui bénédictin de la Congrégation de Solesmes, Mme la duchesse de Fitz-James, les enfants de M. de Charette et Mme Emile Lafon.
a On i)ria devant la Sainte-Face pour le salut de la France : et il fut décidé (jue la bannière serait confiée au R. P. Rey j)0ur être déposée dans le tombeau de saint Martin jusqu'au lendemain, et (|u'on broderait au revers ces mots : Saint Martin, protégez la France! Cette broderie fut immédiatement dessinée par les dames qui étaient présentes, et exécutée par les religieuses Carmélites. » [Vie de M. Dupont, par M. l'abbé Janvier, t. II, p. 468.)
5, p. 27. — Le général de Charette n'a jamais voulu se séparer de cette incomparable bannière, teinte du
sang de ses Légionnaires et trouée par une grêle de balles et de boulets prussiens. «Mais, raconte l'historien des Zouaves jiontificaux et des Volontaires de l'Ouest, vint un moment où cet étendard se déploya de nouveau et reparut aux regards. Ce fut en un jour de fête, dans la jietite église de Paray-le-Monial d'où il était parti; ce fut sur la châsse de la bienheureuse Marguerite-Marie, l'initiatrice de la dévotion au Sacré-Cœur. La foule contemplait, près des reliques de la Sainte, la bannière ensanglantée, glorieusement entourée de lumière et de fleurs. » (Le Capitaine Jacquemont, Histoire des Zouaves pontificaux.)
6^ p. 33. — Cet ecclésiastique était M. l'abbé Chazal, curé de Saint- Lizare, à Marseille.
7^ p. 62. — Disons sommairement, pour ne point surcharger d'incidents le récit déjà long, que ce prêtre a consacré sa vie à glorifier rimmaculée-Conception de la sainte Vierge, pour laquelle il a vne piété d'enfant et une dévotion filiale. Nul plus que lui n'a eu l'âme réjouie par la Définition de ce Dogme. Aussi a-t-il voulu que le globe entier répondît en quelque sorte comme un écho universel à la parole du Vicaire de Jésus-Christ, proclamant la pureté sans tache de la Mère de Dieu. Et sous l'empire de ce sentiment et de cette pensée, il a, du fond de sa cellule de Saint-Sulpiee, provoqué et fait faire en tout pays, dans toutes les langues sans exception, dans tous les dialectes, dans tous les idiomes que parle l'humanité, la traduction de la Bulle pontificale, écrite pieusement avec des enluminures merveilleuses et des entourages incomparables, tantôt sur le papyrus de l'Egypte, tantôt sur les feuilles soyeuses de la Chine, tantôt sur les lames d'ivoire de l'Indoustan, tantôt sur les plus admirables papiers de l'Europe et des Amériques. Ces traductions cosmopolites forment une collection sans pareille au monde. M. l'abbé Sire en a fait don au Pontife Souverain.
8^ p 63. — Missel rumaiiij évangile de la messe de l'Assomption.
^ ^ 9, p. 64. — Subi'eniat, Domine, plebi tux Dei genit-
" ^;S riais oratio : q'ux etsi pro conditione carnis migrasse
cognoscimus, in cœlesti gloria apud te pro nolns intercedere sentiamus. [Secrète de la Messe de l'Assomption.)
10, p. 81. — Deus in loco sancto suo : Deus, qui inhabitare facit unanimes in dnmo... (Messe du XP dimanche après la Pentecôte, Introït.)
11, p. 81. — Messe du XF dimanche après la Pentecôte, première Oraison.
12, p. 83. — Exaltaho te, Domine, quoniam suscepisti me... Domine, clamavi ad te, et sanasti me. (Messe du XP dimanche après la Pentecôte, Offertoire.)
13, p. 117. — Semaine religieuse du diocèse d'Autun, du 30 janvier 1875.
En citant textuellement ces paroles (très vraies assurément dans la circonstance particulière où elles furent prononcées), qu'il nous soit permis de ne point les approuver sans réserve, et de leur refuser le caractère d'un principe général. Le Miracle n'impliqae en rien la sainteté de l'homme qui en est l'ohjet. Il s'accomplit parfois en faveur de certaines âmes endormies dans la tiédeur ou plongées dans le mal et par elles-mêmes très indignes de telles grâces. L'auteur de ce livre, guéri jadis miraculeusement, n'a qu'à se regarder lui-même pour avoir la preuve que la Providence fait des miracles non seulement pour les justes, mais aussi pour les pécheurs. Elle en fait pour les incrédules, et même pour les païens : à preuve le blas|)hémateur Macary, guéri subitement à Lavaur; à preuve les Turcs de Gonstantinople, guéris, en si gi^nd nombre dans ces derniers temps, au sanctuaire érigé dans cette ville à Notre-Dame de Lourdes.
14, p. 135. — Lavaur est une sous-préfecture du département du Tarn. Avant la Révolution, cette petite ville de sept à huit mille habitants était le chef-lieu d'un Evêché et a eu l'honneur de compter parmi ses prélats l'illustre Fléchier, qui ne fut promu aue plus tard au siège de Nîmes.
15, p. loi. — M. l'abbé Coux est aujourd'hui curé h Lagrave, près Gaillac, daus le diocèse d'Albi.
16, p. 162. — « Je soussigné déclare que depuis environ
trente ans le sieur. Macary (François', menuisier, était affecté
de varices aux jambes. Ces varices, qui étaient de la grosseur du doigt
et entremêlées de cordons noueux et flexueux très de'velnppe's , ont nécessité
jusqu'à ce jour une compression méthodique, exercée soit h l'aide d'un bandage
roulé, soit à l'aide d'une guêtre en peau de chien. Malgré ces précautions, des
ulcérations se déclaraient fréquemment aux deux jambes, et nécessitaient
chaque fois un repos absolu et un traitement assez long. Je l'ai visité
aujourd'hui, et, quoique ses membres inférieurs fussent libres de tout
appareil, je n'ai pu apercevoir que quelques traces de ses énormes
varices.
-< Ce cas de guerison spontanée me paraît d'autant plus surprenant, que les annales de la science ne mentionnent aucun fait de cette nature.
a LavaiT, lo 16 août 1871.
« SÉGUR, docteur-mc'decin
de la Société de secours mutuels de Saint-Louis. »
« Je soussigné certifie que depuis trente ans environ le sieur Macary, menuisier à Lavaur, était atteint de varices aux jambes avec nodosités énormes, se compliquant fréquemment de larges ulcères, malgré la compression constante exercée par des guêtres ou bandages appropriés ; que ces accidents ont disparu tout à coup et qu'aujourd'hui il ne reste qu'une nodosité sensiblement diminuée à la partie interne et supérieure de la jambe droite.
« Lavaur, le 23 août 1871.
« Rossignol, docteur-médecin P. »
« Macary François', âgé de soixante ans, menuisier à Lavaur, membre de la Société de Saint-Louis, nous consulta, il y a environ vingt ans, pour des varices qui occupaient le creux poplité et la partie interne du genou et de la jambe gauches. — On observait alors vers le tiers inférieur de ce membre un ulcère vai'iqueux à bords calleux, avec engorge- ■^" ment considérable et douloureux des t'ssus. Il exis-
tait en outre, en dehors et en dedans de la partie
supérieure du mollet, deux \arges et anciennes cicatrices qui n'avaient rien de commun avec l'affection qui nous occupe et qui étaient le résultat d'un coup de feu reçu par le malade, vingt ans auparavant. Les veines dilatées l'étaient en si grand nombre et à un si haut degré, que, pour nous, les moyens chirurgicaux que l'on oppose à cette maladie étaient formellement contre-indiqués.
« Macary nous parut donc voué à une infirmité perpétuelle; et nous ne conseillâmes que les moyens palliatifs, que, du reste, avaient déjà conseillés plusieurs de nos confrères.
« Dix-huit ans plus tard, il y a deux ans, Macary se représenta à notre consultation. Le mauvais état de sa jambe avait beaucoup empiré. — Nous lui confirmâmes notre premier pronostic, et lui déclarâmes qu'il était urgent, pour amener l'ulcère à la cicatrisation, de se soumettre, comme unique moyen, au repos absolu et prolongé au lit, e* à l'application de pansements méthodiques.
« Aujourd'hui 15 août 1871, Macary se présente pour la troisième fois. — L'ulcère est parfaitement cicatrisé. — Aucun appareil ne comprime la jambe, et pourtant il n'existe pas l'ombre d'un engorgement. — Ce qui nous frappe surtout, c'est que les paquets variqueux ont entièrement disparu; qu'à leur place la palpation fait percevoir des cordons petits, durs, vides de sang et roulant sous les doigts. La veine saphène interne a sa direction et son volume normal. — L'examen le plus attentif ne fait découvrir aucune trace d'opération chirurgicale.
« D'après le récit de Macary, cette cure radicale se serait produite dans l'espace d'une nuit, et sous la seule influence de l'application de compresses d'eau puisée à la source de la Grotte de Lourdes.
« Nous concluons, qu'abstraction faite du récit de Macary, la science est impuissante à expliquer ce fait : car les auteurs ne citent aucune observation semblable ou analogue. — Ils sont tous d'accord sur ces points que les varices abandonnées à elles-mêmes so/>t incurables ; qu'elles ne guérissent pas par les moyens palliatifs, et encore
y moins spontanément; qu'elles vont sans cesse en s' aggravant; et qu'enfin on ne peut espérer la cure radicale, en faisant courir de graves dangers aux malades, que par l'application de procédés chirurgicaux. — Ainsi, le fait affirmé par , Macary ne serait pas prouvé par des témoignages authentiques pris en dehors de lui, qu'il n'en resterait pas moins pour nous un fait (les plus extraordinaires, et, tranchons le mot, un fait surnaturel. a En foi de quoi nous signons le contenu du présent rapport.
« A Lavaur, ce 15 août 1871.
ce Bernet, « docteur-médecin de la Faculté de Paris.
« Vu pour légalisation des signatures ci-dessus ;
« Lavaur, ce 3 septembre 1871.
« Le maire . Et. de Voisin.
« Vu pour légalisation de la signature de M. Etienne de Voisin- Lavernière , maire de Lavaur, apposée ci-contre.
« Lavaur, le 4 septembre 1871.
« Le sous-préfet : Cellières. »
17, p. 163. — A cette occasion, qu'il nous soit permis d'exprimer le >
regret que des précautions ne soient point prises pour conserver à jamais à la piété des fidèles les ex-voto de cette sorte. Nous voudrions que ceux qui sont fragiles fussent religieusement enfermés en des vases de cristal^ comme des objets précieux. Nous voudrions que chacun d'eux portât une inscription qui marquât à quel événement, à quelle date, à quelle personne guérie il se rapporte : de façon que, . î l'aide de cette indication, tout le monde pût, d'un côté vérifier le fait, et, de l'autre, lire, dans les Annales de Notre-Dame de Lourdes ou dans d'autres publications, le récit détaillé du Miracle dont tel ou tel ex-voto est le témoignage. — Ce serait la pierre de touche, mise dans la main de chacun; ce serait, sur un métal
dont le public ignore la valeur intrinsèque, ce serait le ^.
poinçon officiel de la Monnaie et la garantie de l'Autorité. "^
Quel prix incomparable une pareille authenticité ne ;" donnerait-elle pas à cette masse de documents ano' ,,t^^"l3 iivmes?
18, p. 169. — E. Artus.
19, ]i. 169. — L'événement miraculeux dont nous venons de raconter les détails a fourni le sujet de l'un des vitraux de la Basilique de Lourdes, celui de la chapelle du Rosaire, la septième à droite en entrant. François Macary est représenté au moment même où il constate sa guérison par l'eau de Lourdes. A côté de lui sur une table est le Livre qui lui a donné la foi. Dans le haut du vitrail, Notre-Dame de Lourdes envoie sur l'ouvrier îes rayons de sa grâce. Accourue aux cris de bonheur qu'elle entend, la femme du menuisier de Lavaur joint les ma'.ns et remercie Dieu.
20, p. 179. — Voici comment parle de lui l'illustre chimiste Dumas ; « C'est M. de Fontenay, dit-il, qui, à peine sorti de l'école, transformait l'industrie des cristaux^ en créant en France la verrerie colorée, peinte ou décorée, devenue dans notre pays l'objet d'un immense commerce... » "— « La première fabrication es verres de couleur, dit encore ^L Emile Muller, est due à M. de Fontenay, qui a ouvert glorieusement la marche à nos ingénieurs verriers par le succès de la cristallerie de Baccarat, personnifiée pendant trente ans dans son Directeur, à qui nous devons encore, d'intéressantes études sur les combustibles ligneux. » (Discours de ADL Dumas et Muller, le 21 juin 1879, sous la présidence du Ministie de l'agriculture et du commerce, à l'occasion du 50® anniversaire de la fondation de l'Ecole des arts et manufactures.)
21, p. 181. — Pierre Corneille, Polycucte.
22, p. 213. — A Brides, Mlle de Fontenay fit l'heureuse
rencontre de l'évêque de Tarentaise, qui fut pour elle plein de
bonté et de bienveillance ; Mgr Turinaz, aujourd'hui évêque
de Nancy, a été ainsi l'un des témoins de la longue maladie
dont nous racontons ici l'histoire.
2.3, p. 218. — Voir ledit récit dans le Miracle de l'Assomption, p. 104.
24, p. 228. — Mme Harold de Fontenay, dont il est ici question, a été, depuis cette époque, prématurément enlevée à l'affection des siens, laissant ici-bas le souvenir des plus exquises et des plus suaves vertus.
25, p. 232. — Le Curé de Lourdes avait été promu, au mois de mars jjrécédent, à la dignité de Protonotaire Apostolique, par un bref du Pape Pie IX. A cette même date la chapelle du pèlerinage avait été érigée en Basilique.
26, p. 243. — La Rotonde rustique n'existe plus aujourd'hui ^1883). Expliquons donc, pour ceux de nos lecteurs qui n'ont point visité Lourdes à cette époque, que la Rotonde rustique, couverte de chaume comme les chalets de Versailles et de Trianon, était un abri gratuit pour les repas des Pèlerins, avec tables de marbre, ombrages et fontaine. Elle pouvait contenir tout un Pèlerinage, environ sept cents personnes. Cette Fondation, destinée par le Donateur à perpétuer un témoignage de gratitude envers Notre-Dame de Lourdes, avait été établie, en 1872, sous l'épiscopat de Mgr Pichenot, et donnée à l'Œuvre de la Grotte avec charge de l'entretenir. En 1877, sous l'administration du R. P. Sempé et l'épiscopat de Mgr Jourdan, elle fut détruite pour faire place aux grands travaux de luxe, encore en cours d'exécution, et qui ont totalement changé l'aspect primitif des \ lieux oîi la Vierge est apparue.
27, p. 257. — Ajoutons pourtant, afin de ne point induire en erreur ceux qui nous lisent, que M. l'abbé Sire n'avait nullement été convoqué, que la famille de Fontenay ne le connaissait point, et que ces coïncidences, que nous supposions cherchées et préparées par la main des hommes, étaient absolument fortuites et avaient été disposées par celle de Dieu.
Nous pourrions exposer ici i et nous en serions vraiment tenté) comment M. l'abbé Sire, de même que l'année précédente à pareil jour, demandait à cette Messe un signe à la sainte A-. Vierge, en faveur de l'œuvre qu'il avait entreprise pour Xl, ^, la glorification du dogme de l'Immaculée Conception.
Mais un tel exposé, quelque intéressant qu'il pût être en lui-même, nous entraînerait trop loin hors
de notre sujet. Il nous conduirait dans des régions mystérieuses et surnaturelles qui exigeraient un voyage à part et une exploration spéciale.
Le récit d'un Miracle est comme la descente d'un fleuve dans une barque jiaisible. On aperçoit des ruisseaux charmants ou de majestueuses rivières qui y aboutissent de tous côtés et dont la Providence a incliné la pente et dirigé le cours. On n'aurait qu'à les remonter jiour admirer encore l'action de Dieu : mais la marche du fleuve emporte la barque et permet de jeter seulement un rapide regard sur les prairies riantes ou les vallons ombreux par débouchent ces belles eaux. D'où viennent-elles et quelle leur histoire? Qu'un passager de la barque, qu'un lecteur ce livre aborde un jour sur le rivage et s'achemine vers source, il rencontrera de merveilleux pays.
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ou est de leur
28, p. 2GG. — Cet ecclésiastique était M. l'abbé Bonnomour, professeur au Petit-Séminaire d'Autuu.
29, p. 275. — 11 est nécessaire de rappeler ici, pour l'exactitude historique, que le Chalet des Évêques, dont il est ici question, n'est point le Palais épiscopal actuel érigé sur le |)lateau des Espélugues, en 1874, avec les fonds du Pèlerinage, durant le court passage de Mgr Langénieux sur le siège de Tarbes.
Ce « Chalet des Evêques » était situé à environ deux mètres de la Grotte, dans la prairie de Savy, entre le Gave et le ruisseau, aujourd'hui détourné et recouvert, que traversa Bernadette lors de la première Aj)j)arition.
Désireuses de continuer après elles les bonnes œuvres qu'elles accomplissaient durant leur vie, de nobles et saintes chrétiennes de Lyon, Mlles de Lacour, qui avaient déjà fait don de la statue de la Grotte, construisirent ce gracieux édifice, qu'elles entourèrent d'un grand jardin, de beaux arbres, d'eaux jaillissantes. Toutes ces choses furent faites sous la direction du Curé Peyramale, qu'elles avaient en vénération profonde. Après avoir terminé et complètement meublé celte villa, Mlles de Lacour en
N0TRE-DA3IE DE LOURDES
firent la donation, par acte notarié en date du 29 mars 1868, pour être, auprès de la Grotte , la résidenct des Evêcpies de Tarbes. Ce « Chalet des Evêques » fut l'habitation de Mgr Laurence et de Mgr Piciienot; et c'est là que sont descendus, jiendant de longues années, les prélats du monde entier, venus en pèlerinage à la Fontaine des Mira. les. Mlles de Lacour furent ainsi les premières bienfaitrices de l'Œuvre, et leur nom doit être inscrit en lettres d'or dans les annales du Pèlerinage.
Cette Fondation, qui avait coûté une quarantaine de mille francs aux génér«nises donatrices, n'existe plus. En 1878, environ un an après la mort de Mgr Peyr;;ni.;lc, elle a été détruite sous l'Administration du R. P. Sempé pour faire place aux grands travaux de transformation entre- ))ris par Mgr Langénieux et poursuivis sous Mgr Jourdan, son successeur. Les pierres, toutes taillées, ont servi à élever, à l'angle de l'ancienne et de la nouvelle route, vers le carrefour où se tiennent les chevaux et les voitures, une maison de semblable apparence, occupée aujourd'hui par un négociant retiré des affaires, M. Berger, et une riche veuve de Lourdes, Mme Lacrampe.
La disparition de la Fondation de Mlles de Lacour nous faisait un devoir de mentionner ici leur insigne bienfait et de rendre en passant un pieux hommage à leur mémoire.
30, p. 276. — Angèle Lesbroussart, de Yalompierre (Oise); Marie Labonne, de Montpazier (Dordogne); une enfant de quinze ans, amenée par son père, M. P. Hughes, banquier à Toronto (Canada), recouvrèrent subitement la santé.
31, p. 278. — Ce sont là les termes de la déclaration de Mlle de Fontenay, publiée dans les Annales de Notre-Dame de Lourdes, du 30 mai 1872. — Bien que, suivant notre sentiment, le caractère miraculeux d'un fait se constate plus encore par les circonstances dans lesquelles il s'est produit que par des certificats médicaux; bien que, en ces matières, nous n'admettions d'autre jugement que celui de l'Église, nous croirions manquer ^ d'égards envers la Science et omettre des documents im-
C^ ^ portants, si nous n'insérions en outre ici, comme pièces ^' S| :::^ justificatives, les déclarations formelles de M. le
\ ^ (^^-^ . docteur L.-goutte, le médecin d'Autun,et 'le M. le
r mim'/lsc, j'
docteur Mangin, de Baccarat. Commençons par le docteur Lagoutte :
« Je soussigné, docteur en médecine, demeurant à Autun (Saône-et-Loire), certifie que Mlle de Fonteray (Jeanne-Marie), malade depuis un très longtemps, a vécu dans ces dernières années les consultations et les soins de MM. les docteurs Courty, à Montpellier; Bennet, à Cannes; Bouchacourt, à Lyon; que tous ont reconnu une affection utérine ; que cette affection a entraîné un état nerveux caractérisé par une grande débilité et par de vives souffrances, toutes les fois que Mlle de Fontenay essayait de faire des mouvements des membres un peu étendus et qui rendaient la marche presque impossible ; que depuis un pèlerinage à Lourdes, dans le mois d'août dernier, Mlle de Fontenay a recouvré sa santé complètement et instantancment et que tous les mouvements s'exécutent librement et sans douleur'.
« D"" Lagoutte.
« .\utun, 31 janvier 1875. »
Voici maintenant la déclaration de M. le docteur Mangin. Noexhortons le lecteur à peser attentivement les termes (si décisifs sous la plume d'un médecin) que nous écrivons en caractères italiques.
« Je soussigné, Joseph-Auguste Mangin, docteur en médecine, domicilié à Baccarat, certifie avoir soigné pendant plusieurs années Mlle Jeanne-Marie de Fontenay j)endant qu'elle habitait Baccarat elle réside aujourd'hui à Autun) pour des malaises qui ont fini, après plusieurs années de souffrances assez vives, par amener une altération grave et inquiétante de la santé de la malade.
« C'est alors qu'elle alla consulter plusieurs sommités médicales aux facultés de médecine de Strasbourg, de Paris, et en dernier lieu le docteur Courty, de Montpellier. Ce dernier, après un examen attentif, reconnut une lésion organique des viscères intérieurs, qui a nécessité un traitement douloureux et plusieurs opérations. Cette affection doit évidemment être considérée comme étant le point de déjiart de tous les phénomènes nerveux éprouvés j)ar la malade, y compris la faiblesse des membres inférieurs qui la
tenait depuis longtemps dans V impossibilité de morchet>, et la foicait à garder la chambré, étendue sur une c/taise longue ou dans son lit.
« Après avoir suivi, sans amélioration apparente, divers traitements médicaux et chirurgicaux, désespérant d'obtenir sa guérison et animée d'une foi vive et d'une grande confiance dans le secours d'En-Haut, elle entreprit le pèlerinage de Lourdes, où, en présence d'un grand nombre de témoins, elle fut, le 15 août de l'an de grâce 1874, guérie insta/i tan éni en t.
« Cette guérison, si subite, si insolite, si inattendue^ est pour moi un fait positivement merveilleux, extraordinaire. Il y a en cela un Quid diviiiuin, — une intervention surnaturelle^ visible, incontestable, de nature à déjouer les raisonnements et à faire céder l'entêtement de l'incrédulité. Car la nature ne procède pas généralement ainsi, et, quand elle opère, elle agit toujours avec une sage lenteur.
« A Lourdes, contrairement à toutes prévisions, il s'est fait en un instant ce que les Médecins ne pouvaient faire depuis des années.
vc Fait à Baccarat, le 16 décembre 1874.
« A. Mangin. »
32, p. 283. — De quel coup sensible elle fut frappée lorsqu'elle api)rit la mort du Serviteur de Marie, dont elle avait connu les amères souffrances ! « Le martyre de ses dernières années touchait à son comble, nous écrivait-elle. Je m'en veux de ne pouvoir retenir mes larmes... Je devrais chanter le Te Deum pour sa délivrance. Mais sans lui, Lourdes sera-t-il tout à fait Lourdes?... Il était le dépositaire des vraies traditions. Près de lui on se sentait chez soi. Sa bénédiction portait bonheur; ses conseils étaient suivis avec joie! »
33, p. 285. — Le récit intitulé : La Neuvaine du Curé d'Alger, fut imprimé à part, il y a quelques années, sous le titre : Le Miracle du 16 septembre 1877, comme un extrait du second volume que nous préparions alors et que nous publions aujourd'hui.
34, p. 292. — La Fête de Notre-Dame des Sept- Douleurs se célèbre le troisième dimanche de septembre. Or cette année-ci ^1877), le troisième
dimanche étant le 16 septembre, cette Fête arrivait le neuvième jour après r^Hf de la Nativité, qui a lieu le 8 septembre.
35, p. 297. — Lettre de Mgr Langénieux, évêque de Tarbes, en date du 22 août 1873. Cette lettre est entre nos mains.
36, p. 323. — Hoclic noinen tuu/n ita magnlficcn'it, ut non recédât laus tua de are Jiominum, qui inemores fuerint vlrtutis Domini in xternum, pro quibus non pcpercisti aninise tux propter angustias et trihulationem generis tui, sed subveui-ti ruinae antc conspectum Dei nostri. (Epître de la messe de Notre- Dame des Sept-Douleurs, III^ dimanche de septembre
37, p. 336. — Inaugurant leurs processions par un acte de gratitude envers le grand Serviteur de Marie, les pèlerinages venus à Lourdes à cette époque, tels que Tours, le Rouergue,
le Piémont, Yillefranche, etc., passèyent par le Tombeau du Curé de Lourdes en allant de l'église paroissiale à la Grotte, et, conformément aux prescriptions canoniques, ils y récitèrent les prières de l'Eglise. Redoutant qu'un culte prématuré ne fût rendu au Curé de Lourdes, ^Igr Jourdan, alors Evêque de Tarbes, s'opjDOsa à cette marche des Pèlerinages.
38, p. 338. — Directeur général de la Compagnie de Saint- Gobain, Chaun}', etc.
39, p. 343. — « Hélas! tandis qu'il cherchait sur ces plages méridionales un peu de repos pour son corps, voilà que notre main amie infligea à son âme la plus sensible et la plus cuisante douleur, en j)ubliant ce récent épisode de sa vie, tel que la Providence nous avait permis de le connaître dans ses [)lus intimes
détails.
« Eûmes-nous raison, eûmes-nous tort alors de faire cette violence à son humilité, et de mettre au jour ce récit dont il ne i)ouvait s'empêcher de reconnaître l'exactitude rigoureuse.^ Il nous parut, et nous croyons
encore que, supérieure à toute personne et à toute considération, la Vérité a le droit permanent d'être proclamée pour le bien des âmes.
« En nous demandant le silence, le bon abbé Marti- , gnon avait obéi à cette parole de Notre-Seigneur : « Que ta
« main gauche ignore ce qu'a fait ta main droite, et qu'ainsi ta bonne « action s'accomplisse dans le secret. » « Et nous, en divulguant le secret de la main droite et en refusant de laisser la lumière sous le boisseau, nous avions obéi à cet autre commandement : u Que votre lumière rayonne aux yeux des hommes, afin que, voyant vos « bonnes œuvres, ils glorifient votre Père, Celui qui est dans les « Cieux. »
C'est par ces lignes que se terminait la première édition de ce récit publié en décembre 1877.
Les faits contenus dans le récit intitulé la Neuçainc du cure d'Alger et dont la rigoureuse exactitude est établie par la lettre de M. et Mme Guerrier, imprimée page 287, sont de plus attestés :
1° Pour l'état de maladie de Mme Guerrier et tout ce cpii s'est
passé à Saint-Gobain : — par M. Biver père, docteur en médecine;
— M. Hector Biver, directeur général des manufactures de glaces
de Saint-Gobain ; — M. Alfred Biver, directeur de la manufacture de
glaces de Saint-Gobain; — M. Louis Bonnel, professeur au lycée
de Versailles; — M. l'abbé Poindron, curé de Saint-Gobain; —
M. Danré, pharmacien dans la même ville; — M. Viennot, ancien
employé au ministère de la guerre, qui attestent, en même temps,
que Mme Guerrier est rentrée de Lourdes totalement guérie ;
2" Pour le fait de guérison soudaine accompli le 16 septembre au sanctuaire de Lourdes, en la chapelle de Sainte Germaine- Cousin, à la dernière messe de la Neuvaine de M. l'abbé Martignon, et pour les divers détails de ce qui s'est passé à Lourdes : — par le R. P. Thuet, missionnaire du Saint-Esprit, actuellement (1877) en la maison de Bordeaux, rue Par- Ç mentade, 65, qui servait la messe de M. l'abbé Marti-
v"^- çr " gnon -, — par M. Lavigne, receveur et entreposeur
i^^^r— des contributions indirectes à Lourdes; — par
Mme Détroyat; — par le Rév. Edwards, au Prieuré de Saint-Augustin, à ]\e^vton, Devonshire (Angleterre ', — et par M. le Baron et Mme kl Baronne de Férussac, rue d'Anjou, 3, à Versailles, qui se trouvaient à Lourdes en ce moment;
3" Pour l'état de maladie de Mme Guerrier, antérieurement à son séjour à Saint-Gobain, et pour tout ce qui s'est passé à Beaune : — par les mêmes membres de sa famille qui l'avaient également vue cbez elle; et, en outre, — ■ par MM. Lebœuf, curé-archiprêtre de Notre-Dame de Beaune; — Boubey, vicaire; — Monmont, procureur de la République; — Noirot, juge bonoraire ; — A. Larcher, juge d'instruction; — L. Lagarde, receveur de l'enregistrement en retraite, juge de paix suppléant; — Henri Morelot, propriétaire, etc., qui attestent en même temps sa parfaite santé actuelle.
Bien qu'il fût extrêmement pénible à M. l'abbé Martignon de rendre compte d'un fait dans lequel il se trouvait avoir accompli un acte de dévouement dont il eût voulu garder à jamais le secret, il crut, sur la demande formelle de Mme Guerrier, qu'il était de son devoir rigoureux d'adresser au R. P. Sempé, supérieur des Missionnaires de Notre-Dame de Lourdes, un rapport sommaire de ce qui avait eu lieu. Il le fit avec exactitude, mais en s'efforcant visiblement de laisser le plus possible dans l'ombre tout ce qui pouvait, à la grande douleur de son bumilité, tourner à sa propre louange.
Quant aux détails, frappants et caractéristiques, de la cbapelle du miracle, tout le monde peut et pourra toujours les vérifier, car nous ne doutons point que ce souvenir sacré ne les rende désormais inviolables à tout changement.
Voici ce rapport que nous a communiqué Mme Guerrier ei auquel, comme le lecteur peut s'en apercevoir, nous avons emprunté nombre de jihrases textuelles :
« Lourdes, 10 septembre 18TV.
« Mon Révérend Père.
« Pour l'aider dans le récit que vous lui avez deuiandé des principales circonstances de sa maladie et de
sa guérison miraculeuse, Mme Guerrier me prie de vous préciser à quel titre et dans cpielle mesure le nom et la pensée de Mgr Peyramale se trouvent mêlés à cet heureux événement. J'accède d'autant plus volontiers à son désir qu'il convient, sous ce rapport surtout, de donner au fait son e:?facte valeur et de lui conserver sa véritable physionomie. « Depuis longtemps j'avais résolu de faire une nouvelle Neiwalne pour obtenir d'être délivré de mon extinction de voix. Le terme en avait été fixé à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs. J'ignorais alors que, cette fête étant mobile, très le premier jour de la neuvaine coïnciderait, cette année, avec la Nativité de la sainte Vierge.
« Quand Mgr Peyramale fut mort, j'eus la pensée, que je communia quai à plusieurs amis, de faire ma prière auprès de la sainte dépouille de ce grand Serviteur de Marie, et de demander à Notre-Dame de Lourdes de permettre que le neuvième jour il me transmit la réponse au nom de Celle qu'on a si bien appelée sa céleste paroissienne.
« Le choix que Dieu avait fait du 8 septembre pour rappeler à lui le vénérable curé m'autorisait suffisamment à associer son premier souvenir à mon humble supplique.
« Von:lredi 14, je reçus, comme vous, mon Révérend Père, une lettre de M. l'abbé Poindron, curé de Saint-Gobain. Il me recommandait instamment M. Guerrier, juge de paix à Beaune, et sa dame, atteinte depuis trois ans d'une maladie très grave, et venant chercher à Lourdes une guérison qu'une inébranlable confiance lui donnait la ' \
certitude d'obtenir.
« Samedi 15, je me rendis à la gare, j)0ur les recevoir à leur arrivée par le train de trois heures. Mme Guerrier dut être portée du wagon à la voiture par les employés de la Compagnie, qui, dans cette circonstance, comme toujours, se montrèrent des plus délicatement obligeants et dévoués.
« Paralysée des membres inférieurs, la malade ne pouvait faire le plus léger mouvement. Dans cette situation pénible, un rez-de-chaussée pour habitation lui devenait indispensable. L'excellent INL Lavigne nous tira de l'embarras oîx nous étions, en offrant spontanément son propre salon. Ainsi les deux pèlerins, sans qu'ils le soupçonnassent, recevaient la plus cordiale hospitalité, sous le toit même cpi'habitait le bon Curé de Lourdes à l'époque des Ap{)aritions.
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« Dès le premier moment je compris, a l'énergie pleine de calme avec laquelle Mme Guerrier ])arlait de sa guérisou, que cette conliance venait d'en haut.
« Je lui fis part alors des conditions dans lesquelles j'avais commencé ma Neuvaine, lui demandant de s'y associer et lui offrant de substituer ses intentions aux miennes. Après quelque temps de repos, nous fîmes tous trois une première visite à la Grotte. Tous ceux qui virent la ma- ^
lade portée sur son fauteuil remarquèrent le caractère presque extatique de sa jirière. Ses yeux tournés vers la ' statue étaient d'une fixité complète.
« A son retour à la maison, elle continua sa prière, en y mêlant toujours le souvenir de Mgr Peyramale. Ce qu'elle fit encore le lendemain à son réveil...
.( J'avais fixé pour huit heures la Messe que j'allais dire pour elle, et dans laquelle je réservais expressément les suffrages du Mémento des morts pour celui que nous pleurions. « La malade arriva, portée comme d'habitude.
« J'avais choisi de préférence, pour offrir le saint sacrifice, la chapelle de Sainte-Germaine, placée à gauche à l'entrée de la Basilique : la foule des pèlerins qui encombrait la crypte et l'tjlise supérieure rendait cette précaution indispensable.
« Mme Guerrier entendit la Messe, assise sur sa chaise. C'est dans cette attitude qu'elle reçut la sainte communion. A peine l'hostie fut-elle déposée sur ses lèvres, qu'elle se sentit, nous, dit-elle ensuite, pressée de s'agenouiller. Cédant à ce mouvement intérieur, elle se lève et se met à genoux sans la moindre difficulté. Son mari, qui venait de communier à son côté, la regardait les larmes aux yeux, sans oser lui adresser la parole. Après la Messe, l'action de grâce se continua assez longtemps encore sans que la certitude du Miracle fût complète pour ceux qui l'entouraient.
a II fallut pourtant sortir. Dans un moment de trouble,
dont on se rend facilement compte, M. Guerrier voulut
faire avancer les porteurs. « Attendez, lui dis-je, laissez-
a la marcher. » Et la voilà qui part dans toute la liberté
de ses mouvements, et avec la démarche d'une
personne qui n'aurait jamais souffert des jambes. Klle
descendit à la Grotte, par les Lacets, au bras de son mari.
Elle s'agenouilla sans aucune aide, pria quelques instants,
se rendit à la Piscine oîi elle laissa le peu de raideur qui
..lui restait encore dans les articulations, et revint à Lourdes, en
faisant à pied une grande j>artie de la route qui sépare la ville de la
Grotte. Son premier soin fut d'aller faire une prière au tombeau de Mgr Pey-
ramale.
« Depuis ce moment, comme tous ont pu le constater, mon Révérend Père, tout prouve que la guérison est absolue et qu'il ne nous reste plus qu'à en remercier Neutre -Dame de Lourdes.
« Mme Gu(M"rier m'ayant manifesté le désir de |)rcndre copie de ces lignes, je n'ai pas cru devoir lui refuser cette satisfaction.
c( Agréez, mon Révérend Père, l'assurance de mes sentiments les plus respectueusement dévoués en Notre-Seigneur.
« ]\L ^L\RTIGxo^^ »
A la suite de ce rapport, et après que le R. P. Senipé eut pris connaissance des faits en interrogeant M. et Mme Guerrier, les Révérends Pères missionnaires publièrent cette guérison dans le numéro des Annales de yotre-Dame de Lourdes de ce même mois 30 sej)tembre 1877 , et ils la constatèrent dans les termes suivants :
« Mme Guerrier, de Beaune (Côte-d'Or, était paralysée depuis trois ans, de la moitié inférieure du corps, par suite d'une affection de la moelle épinière. Portée à la Basilique, elle a entendu, assise, la Sainte-Messe, et reçu, également assise, la sainte communion. Aussitôt a|)rès avoir communié, elle s'est levée seule, et prenant le bras de son mari, M. Guerrier, juge de paix à Beaune, elle est descendue à pied à la Grotte. »
Par suite d'une faute d'impression ou d'attention , la date indiquée par les Annales était le 18 au lieu du 16. Cette erreur, assez grave dans la circonstance (puisque la date contribue si puissamment à donner au fait sa réelle physionomie), cette erreur fut rectifiée dans le numéro suivant d'un journal de Lourdes. La vraie date avait été, du reste, imprimée à son jour par ce même journal et par la Semaine llttirgiquc de Marseille, laquelle, dans
le compte rendu du i)èlerinage ^Marseillais, racontait en deux mots que la femme de M. Guerrier, juge de paix de Beaune, avait été miraculeusement guérie le dimanche 16 septembre, à une messe de la Basili([ue et que les Pèlerins marseillais l'avaient vue à la Grotte, marchant comme tout le monde, après l'avoir vue, la veille, portée à bras devant la statue de Marie.
En apprenant la mort de M. le chanoine Martignon (tro|) tard malheureusement pour qu'il lui fût possible de se rendre à Poitiers^ M. Henri Lasserre se fit un devoir d'en informer aussitôt la famille en faveur de laquelle cet admirable prêtre avait accompli, huit mois auparavant, son héroïque sacrilice. Il reçut en réponse, de M. Guerrier, une touchante lettre dont voici quelques extraits :
« Cher Monsieur,
« J'ai reçu hier votre télégramme m'annonçant la mort de notre bon et vénéré ami, M. l'abbé Martignon. Je n'ai pas à vous dire si nous avons été remués au plus profond du cœur en recevant cette nouvelle, que rien alors ne nous faisait présager. Notre digne ami m'avait encore écrit le 14 de ce mois. Sa lettre, tracée d'une main ferme, était comme toutes ses devancières, et, plus qu'elles peut-être, empreinte d'une gaieté charmante, d'une affection vraie et chaude ; il m'y parlait de vous et se plaignait d'être sevré de vos nouvelles depuis quelffue temps déjà. Il se proposait de vous écrire. Que nous étions loin de penser que son heure fût si proche! « Nous le pleurons comme un bienfaiteur qui nous quitte, mais en même tenq)s nous nous réjouissons de son bonheur... N'est-il pas dans l'éternel séjour oii Dieu récompense les âmes comme la sienne des divines félicités? N'avait-il pas aimé Dieu par-dessus toutes choses, et son prochain plus que luimême, allant, dans son ardente charité, au delà même du précepte divin? Nous en savons (pielque chose, Mme Guerrier et moi!... et jamais nous ne le mettrons en oubli , et nos prières le lui prouveront bien.
« Depuis hier, il nous semble, au milieu de la tristesse que nous éprouvons, démêler comme un sentiment de quiétude et de joie, pareil à celui que fait ressentir la certitude qu'on a de compter un protecteur de plus auprès de Dieu et de la Mère Immaculée. Il aimait tant la sainte Vierge, et celle-ci ne l'aimait-elle ])as aussi? Nous en avons eu la preuve le 16 septembre 1877! Aussi est-ce au mois qui lui est spécialement consacré qu'EUe lui a ouvert les portes du ciel.
« Nous avons pourtant un regret : le chanoine Martignon est parti sans nous laisser un souvenir que je réclamais de lui dans toutes mes lettres, et dont les siennes ne parlaient jamais, comme s'il n'eût pas voulu répondre à mes demandes. ^^
« Nous n'avons pas son portrait, que nous eussions désiré laisser à nos enfants, afin qu'ils n'oublient jamais les traits de celui par le sacrifice duquel leur Mère fut guérie.
« N'en auriez-vous pas une photographie? N'en connaîtriez-vous pas une qu'on pourrait faire reproduire à plusieurs exemplaires? Nous donnerions tout |)our posséder, d'une façon ou d'une autre, une image de notre cher chanoine.
« Ed. Guerrier.
« Beauno, 29 mai 1878. w ^
41, p. 363. — Lafon-Labatut, Insomitics et Regrets.