‹ Episodes. Sites et sonnetsChapitre 21 sur 34 · LE JARDIN D'ARMIDE · texte numérisé non relu

LE JARDIN D'ARMIDE

Les heures, fol essaim ! sont mortes, une à une, Comme les fleurs, comme les jours, comme les rêves, Et le reflux du Temps a dénudé les grèves. Et le vent a chassé les sables de la dune;

La poussière des soirs s'envole en l'ombre avide De cette vanité qu'un souffle épars emporte. Cendre amère du fruit maudit d'une mer morte Où gît la Cité d'or mystérieuse et vide;

Le Rouet a filé la laine des vains songes, Le métier a tissé i'étofi'e que tu ronges, 0 temps, nul n'a vêtu la robe qui s'effile,

Et le glaive, tenu d'un geste de statue

Par l'Archange, a marqué de son ombre inutile

Le cercle lent que l'heure implacable évolue.

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