‹ Episodes. Sites et sonnetsChapitre 31 sur 34 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Un retour de ramiers migrateurs s'exténue

A l'Occident où meurt le jour comme un sourire;

Une Ere de ma Vie en la nuit inconnue

Se clôt, et ma sagesse accueille d'un sourire

L'ombre massive et redoutable et sa venue.

Au chœur évanoui de quelque vague danse

Eclate d'une Lyre une corde rompue

Au fond des bosquets lourds de fleurs et de silence

Où de la tresse d'une guirlande rompue

Choit la défleuraison des roses d'indolence.

Voici venir le soir oi'i mon Rêve suppute Le trésor qu'apporta la merveilleuse Année, Fanfare du clairon, murmure de la flûte. Contradictoire écho de la défunte Année, Cantate du triomphe ou rumeur de la lutte.

Et chaque Aurore avec ses gloires et ses hontes !

Les heures une à ime et leur folle aventure

S'en viennent, lent troupeau, jusqu'à moi qui les compte

A mesure qu'elles sont là, à l'aventure

Comme un dénombrement de brebis pour la tonte.

Voici le lourd butin que coupe aux plants des vignes La Serpe d'or rouge du sang de la vendange, Et dans l'amphore emplie à la faveur des signes^ Par qui coule en rubis le cru de la vendange, Avons-nous bu l'extase et des ivresses dignes ?

Voici le flot des blés au creux des plaines blondes,

Houles qui bercèrent mon âme enorgueillie

Au rythme renaissant dont se meuvent leurs ondes.

Et le Pain qui chargea ma table enorgueillie

Où s'assit le retour de mes Faims vagabondes.

Voici les épaves d'une flore vivace

De perles, d'escarboucles et de pierreries

Qui surnage et jonche d'écumes la surface

Des vagues dont l'éclat fulgure en pierreries

Aux splendeurs d'un soleil bu parla mer vorace

La Vendange fut nulle et la tonte inutile Et le Pain s'est émietté comme une cendre, Et récrin dont le flot se fleurit et rutile Disparait en la nuit de doutes et de cendres. Où s'est ployé l'essor de mon Rêve futile.

Et mon année et son vain œuvre et sa folie

Ne fut qu'un rêve d'or, de mensonges et d'ombre

Que raille le sourire étrange de la Vie,

Et la mort de ce soir sourit jusques en l'ombre

D'où jaillira l'Aube nouvelle et sa survie...

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