Voy. p. 47, n
Et qu'en ses mœurs voyant renaistrc
Le cœur et l'esprit de mon Maistre,
Je ne puis désormais avoir
Ny bien ny plaisir qu'à le voir.
Mais, cher Amy, de quelle sorte
M'as-tu veu languir à sa porte,
Tantost d'un Suisse rebutté, so Tantost d'un valet mal-traitté ?
J'entre en la basse court r à peine 2,
Et, quand j'y suis, je m'y promené
Toujours au Soleil exposé, [47 |
Ou, s'il pleut, toujours arrosé, 5 s Le guettant là mal à mon aise.
Enfin, je voy porter sa chaise ;
On ouvre, & je voy qu'il descend
Environné de plus de cent.
En vain au degré 3 je me coule :
Je suis emporté de la foule,
Il passe, & je me voy deceu,
Car il ne m'a point apperceu.
Quand il me void, je te confesse
Qu'il me sousrit & me caresse ; t > Je n'ay jamais rien demandé
Qu'il ne m'ait soudain accordé ;
Bref, il m'a toujours fait parestre
Et l'œil & l'accueil de mon Maistre ;
Si j'oubliois cette bonté,
Du Ciel je serois mal-traitté ;
ï. « A la ville, c'est le lieu où sont les escuries, les remises de carrosse & le logement des petits domestiques. » (Furetièrc 1690).