Voy. p. 5, n
2. Est tombé à terre, démoli. Dans aucun dictionnaire de l'époque on ne trouve, pour le verbe detneurer, cette acception, qui est une adaptation, à un être inanimé, du sens suivant, que le Dictionnaire de Richelet (1680) est d'ailleurs seul adonner : « Demeurer. Rester mort sur la place. » Cf. Ep. xn, v. 33.
3. L'assemblée générale du clergé de France (1 645-1646) a commencé ses séances le 26 mai 1645 (Gazettes : 164$, p. 462). C'est le Ier août après midi qu'elle commence à s'occuper des « bénéfices » du diocèse de Langres, dont fait partie le prieuré de la Ferté-sur-Aube (Proce\verlal de l'Assemblée générale du Clergé de France... : p. 179). La
92 EPISTPE
t , Enfin le vent a renversé
Ce que la guerre m'a laissé ».
Que me sert si la Mothe est prise 2 ? C'est un bonheur que je mesprise :
Je n'y gagne ny blé ny vin,
:° Non plus qu'un pauvre Poitevin.
Ce qui me comble de tristesse, Cher Amy, c'est que je te laisse.
J'arrive, & repars tout soudain :
Il est force que, dés demain,
75 En personne je m'achemine
Pour reparer cette ruine ; Si je n'y vay, je suis perdu, Je suis trahi, je suis vendu ; Mes Moines sont pleins de malice,
ho Je crains mon Procureur d'office 3,
présente épître est donc écrite peu de temps après le Ier août 1645 '> ct> comme Bois-Robert parle plus loin de la canicule (v. 84), l'épître date sûrement du mois d'août.
1. Le duc Charles de Lorraine possédait naguère, vers la frontière occidentale de ses états, la place forte de la Mothe, bâtie sur un monticule, à égale distance d'Outremécourt et de Soulaucourt. La garnison de cette forteresse ruinait les populations françaises voisines, « faisant des courses jusques à Chalons, Vitri, Langres, S. Dizier & autres places éloignées » (Galettes : 1645, P* 365). Ces quatre villes étant respectivement à 29, à 23, à 11 et à 17 lieues de la Mothe à vol d'oiseau, le prieuré de la Ferté-sur-Aube, éloigné seulement de 15 lieues de cette forteresse, aurait donc pu souffrir des incursions de la garnison.
2. Le siège de la Mothe par les Français, commencé en novembre 1644, vient seulement de prendre fin le 7 juillet 1645 par la capitulation de la place, qui se rendit au marquis de Villeroy (Galettes : 1645, p. 365,523, 567).
3. « Procureur Fiscal, ou Procureur d'Office, est celuy qui fait la même charge [que le procureur du roi] dans une Justice subalterne & non Royale, qui a soin des interests du Seigneur du lieu & du public.
« On appelle, dans les Moineries, Dom Procureur, celuy qui sollicite les affaires du Couvent & qui entend le mieux la chicane. » (Furetière 1690).
Et je gage que mon Fermier
Me trahira tout le premier.
Tu crois mon dessein ridicule, [5 5 1
D'exposer à la Canicule
Un corps tout de bile & de feu «
Pour une despence de peu ?
Malheur sur malheur à qui joue !
Ce seroit peu, je te l'avoue,
Si le jeu, qui m'a gourmande,
Ne m'avoit pas incommode 2.
Le temps, enfin, m'a rendu sage :
Je règle mon petit ménage,
Et roule un peu plus retenu
Avec mon petit revenu ;
J'ay, pour faire honneur à la Crosse 3,
Encor deux chevaux au carosse
Qui jusqu'au but me vont traisner ;
Mais, si l'on pensoit me donner
Encor quelque rude secousse,
Je serois réduit à la housse 4,
Et, n'osant ambuler botté,
Dieu sçait si je serois crotté !
Voy Mazarin, voy-le, de grâce ;
Fay luy sçavoir ce qui se passe ;