Voy. p. 5, n
2. Tallemant dit de Bois-Robert : « Il ne peut se tenir de jouer, et joue comme un enfant * (II, 400). Voy. aussi : Ep. xi, v. 40.
j. Attribut des abbés et des abbesses aussi bien que des évoques (voy. Fureticre 1690).
4. Réduit à aller à cheval ou à mule : a Housse, se dit aussi des couvertures qu'on met sur la selle des chevaux, tant pour l'ornement que pour se garentir des crottes... Les Médecins & les bourgeois qui vont sur des mules par la ville ont des housses qui les deflendent des crottes. ■ (Fureticre 1690).
105 Dy-luy pour quel triste accident
Je pars, à mon corps défendant.
Si tu pouvois me faire croire Que je fusse utile à sa gloire, Je n'aurois rien à repartir : [56]
uo Je n'aurois garde de partir ;
J'oublirois, pour flater ma Muse, Et mon moulin & mon écluse ; Bref, je verrois sans m'émouvoir Tomber la grange & le pressoir.
j 1 > Mais, ô chimérique pensée !
Vanité d'une ame blessée !
Pour un esprit si florissant Je connoy le mien impuissant :
Sa gloire, en tous lieux affermie,
120 Se rit de nostre Académie ;
Son nom, sans l'aide de nos Vers, Doit vivre autant que l'Univers.
Donc, puisque je ne sçaurois croire Que je sois utile à sa gloire,
i2) Je sors à regret de ce lieu,
Et fais en prose mon Adieu, Attendant que je te l'envoyé Rimé, de Provins ou de Troye.
A MONSIEUR
Premier Commis de Monseigneur de Bailleul, Surintendant des Finances. 1
[écrite à Paris au printemps de 1645] 2
Il le prie de luy faire valoir une certaine assignation î qu'il avoit creue mauvaise, & de luy rendre ledit Seigneur favorable.
Citoys, si je ne suis aidé Parce Domaine inféodé 4 Dont tu m'as esclairci n'aguere Et que je crûs une chimère,
1. Ce Citoys est, nous dit plus loin Bois-Robert (v. 13), fils du célèbre médecin François Citoys, dont je parlerai plus loin (p. 96, n.6). Or ce médecin a trois fils : François, Joseph, Jean (82° volume des insîn. du chasteht de Paris : 1° 263 v°). L'aîné# François, est chanoine (voy. p. 105, n. 2). Il s'agit donc ici de Joseph ou de Jean : je n'ai pu découvrir lequel des deux est premier commis de M. le Bailleul.
Quant à Nicolas le Baii.i.eul, surintendant des finances, j'en parlerai à propos de l'épître xm, dans laquelle il en est plus longuement question.
2. Aucun passage de cette épître ne permet de la dater avec certitude. Les vers 8-10 indiquent qu'elle est écrite à Paris. D'autre part, si l'on rapproche de cette épître les quatre premiers vers de l'épître suivante, on voit que l'Kp. xi est antérieure à l'Ep. xn, mais qu'elle
S Ou si quelqu'autre prompt secours
Ne me soulage en peu de jours, Il faut que je cède à ma bile, [58]
Il faut que je quitte la ville.
Ouy, Citoys, il la faut quitter :
10 Je n'y sçaurois plus subsister.
Enfin, toute mon espérance Ne gist plus qu'en mon ordonnance î.
Digne fils d'un père obligeant Qui fut jadis si diligent
1 , A me parer de mes disgrâces é,
Puisque tu marches sur ses traces
date néanmoins de la même année. Fut-elle écrite pendant le séjour que lit à Paris Bois-Robert immédiatement avant le voyage à la Ferté-sur- Aube dont parle l'Ep. xn ? c'est peu probable, parce que ce séjour fut excessivement court et que Bois-Robert, obligé de partir à la Ferté à. peine arrivé de Normandie (voy. Ep. x), n'aurait pas manqué d'annoncer à Citoys, comme il le fait à Rossignol, les mauvaises nouvelles qu'il vient de recevoir de son prieuré. Il faut donc reporter la date de composition de cette épître avant le voyage de Bois-Robert en Normandie {voy. Ep. ix), c'est-à-dire au printemps de 1645.
3. « Assignation, en termes de Finance, est une Ordonnance ou mandement pour faire payer une dette sur un certain fonds. » (Furetière 1690).
4. Je n'ai trouvé cette expression dans aucun dictionnaire de l'époque. Peut-être est-elle synonyme de domaine fieffé, et que la définition que donne de celui-ci Furetière pour un domaine seigneurial s'applique également au domaine royal : «• On appelle Domeine immuable ou Domeine fieffé, les cens & rentes seigneuriales qui n'augmentent ni ne diminuent jamais ; Domeine muable, le revenu des fermes, qui est différent suivant les années & les baux. » (Furetière 1690).
<>. « Ordonnance, en termes de Finance, signifie un ordre, un mandement à des Trésoriers de payer une certaine somme & pour une certaine destination. » (Furetière 1690).
6. François Citoys (a) (1572-1652), né à Poitiers, étudia la médecine à Montpellier, où il fut reçu docteur en 1596. Après avoir bril-
(a) Lui et les divers membres de sa famille signent Citoys, et non pas Citais comme on l'a souvent imprimé (Bibl. nat. : fonds Ducbesne : ms. n° 30 (f* 159) et n° 46 (f* 19). — Cab. des titres : Pièces orig. : 767).
A MONSIEUR CITOYS. 97
Et que tu veux estre aujourd'huy
Bon & généreux comme luy,
De grâce, achevé mon affaire ;
D'un mot tu peux me satisfaire :
Tu peux, en me recommandant
A ce digne Surintendant
Dont le jeu respond à la mine,
Faire encor rouler ma cuisine.
Mon cœur, de ses grâces charmé,
L'a toujours tendrement aimé.
Tu peux luy dire plus encore :
Que tu sçais bien que je l'adore ;
Que, si je veux faire un projet,
Sa Vertu seule est mon objet ;
Que je t'ay dit, sans flatterie,
Qu'il est l'honneur de ma patrie,
Et qu'il meritoit, par son Sang, [59]
Plus de fortune & plus de rang.
Enfin rends-le-moy favorable,
Citoys, ou je suis misérable.
S'il veut sçavoir quel est mon bien,
Dy-luy tout, ne luy cache rien.
lamment exerce à Poitiers, il devint médecin du cardinal de Richelieu et de Louis XIII, et se rendit célèbre en France et à l'étranger par divers ouvrages médicaux en latin et en français. (Carrère, Bibl. liit., hist. et crit. de la médecine... : II, 538; Dreux du Radier, Bibl. hist. et crit. du Poitou : IV, 1). Il est doyen de la faculté de médecine de Poitiers depuis 1632 (Arch. de la Vienne : D. 5). Il a 74 ans. Un an avant de mourir, il se retirera à Poitiers (102' Vol. des insin. au chlet de Paris :
allemant dit, en parlant de Bois-Robert : « Sitois, médecin du Cardinal, et luy se servoient l'un l'autre », et il cite deux circonstances dans lesquelles Citoys aida Bois-Robert à rentrer en grâces (II, 392 et 400) ; voy. aussi Menagiana 171 5 (III, 81).
98 EPÏSTRE.
J'estois aisé, je te l'avoue ;
40 Mais malheur à celuy qui joue r !
Si je n'avois jamais disné Chez Bonnelle ny chez Berné 2, Le Suppliant qui t'importune Seroit content de sa fortune,
45 Et n'auroit jamais regardé
Ny ce Domaine inféodé Ny tous ces partis de Finance Que convoite mon Ordonnance 3.