‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 81 sur 185 · Voy. p. 56, n · texte numérisé non relu

Voy. p. 56, n

3. Gilbert de Choiseul (161 i ?-i689), dit l'abbé du Plessis- Praslin, est le quatrième fils de Frédéric II de Choiseul, seigneur de Praslin et comte du Plessis (dit comte du Plessis-Praslin). Après de sérieuses études littéraires, il se tourna vers la religion et fut reçu docteur en théologie. Le 23 mai 1644, la reine régente, sous l'inspiration de Mazarin, le nomma évêque de Cominges ; mais il est resté à la cour, et ne prendra possession de son diocèse que le 9 août 1646, après la parution des Epistrcs de Bois-Robert. H a 35 ans. Plus tard, il deviendra évêque de Tournai (167 1) (Gallia christ. : I, HlU — Moreri).

Il est frère de César de Choiseul, futur duc de Choiseul, alors connu sous le nom de comte du Plessis-Praslin, lieutenant général de l'armée du roi en Italie (1639- 1644) puis en Catalogne (164$), nommé maréchal de France le 14 juillet 164$ après la prise de Rosas (28 mai) (Gaieltes).

Ces deux frères sont neveux de Charles de Choiseul, marquis du Plessis-Praslin et maréchal de France (1563 ?-i626).

4. Gabriel de Veilhan, seigneur de Pénacord (1605 ?-?), est un familier de Mazarin. C'est lui que choisit celui-ci, le 7 mars 1644,

25 Dans mon dessein toujours constant & ferme,

Ils m'ont par tout veu planté comme un therme, Et n'est destroit • ny passage cache Où vainement mon œil ne t'ait cherché.

Parmi ces soins & ces vœux chimériques,

30 J'ay consulté tes plus vieux domestiques,

Qui m'ont marqué ton somme & ton réveil, [84] Tes jours d'affaire & tes jours de Conseil, Et m'ont montré toutes les avenues, Sans modérer mes peines continues ;

3 s En un bon poste en vain on m'a planté :

Il n'est plus bon que quand je l'ay quitté ; Aux plus heureux mesme je te dérobe ; Lors que je viens devers la garderobe, C'est un coup seur, dés que j'y suis placé,

40 Que l'on nous dit : « Messieurs, il a passé » ;

pour remplir la mission délicate d'aller, muni d'instructions aussi précises que celles qu'on remet aux ambassadeurs, trouver le duc de Brézé qui, après sa victoire navale de Carthagène, restait prudemment à Toulon parce qu'on lui avait écrit qu'il se méfiât de Mazarin et qu'il « ne hazardast pas son voyage à la Court parce qu'il n'y faisoit pas seur pour luy... » (Arch. des afï. étrang. : Mémoires et docum. : France 849 : f° 106).

Il a une quarantaine d'années. Le 7 juillet 1648, il mariera sa fille Marie avec Armand de Cosnac, neveu d'Henri Talleyrand (c'est-àdire de ce comte de Chalais qui fut décapité eu 1626), et frère de Daniel de Cosnac qui deviendra célèbre comme évêque de Valence, archevêque d'Aix, et auteur de Mémoires (Cab. des titres : Cab. d'Ho- \ier 102 : 2730, f° 7).

Pendant la Fronde, durant l'exil de Mazarin, il s'emploiera très activement à une tentative de rapprochement entre celui-ci et Paul de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris (1651-1652). Dix ans plus tard, en 1661, il sera envoyé auprès du même Paul de Gondi (cardinal de Retz), devenu archevêque de Paris et exilé en Hollande, pour obtenir de lui sa démission de l'archevêché de Paris (Jules de Cosnac, Le baron de Pénacors et le cardinal de Ret%).

Pénacord sera encore vivant le 12 août 1665 (Mélanges Colbert : T. 116 bis, fos 626-627).

1. « Destroict : m. A strait; anarroiv place or passage, a (Cotgrnvc 1632), c'est-à-dire : place ou passage étroit.

Et je ne prens le soir une autre place

Que pour tomber dans la mesme disgrâce.

Si j'avois l'Art de pouvoir deviner,

Je ne perdrois ny Messe ny disner

En te guettant, Ministre incomparable ;

Je te verrois, & ton œil favorable,

Où j'ay borné mon bien & mes plaisirs r,

Satisferoit quelquefois mes désirs.

Je suis réduit, tant la douleur me trouble,

A souhaitter que je peusse estre double,

Ou que mon corps fust un corps glorieux

Pour pénétrer & passer en tous lieux :

Tu ne pourrois, quoy que tu peusses faire,

En esquivant, à mes yeux te soustraire,

Non plus qu'aux soins de ce Marquis adroit

Qui met chez toy son frère en un endroit

Tandis qu'ailleurs il prend un autre poste2 : [85]

Si l'un te manque, enfin l'autre t'accoste ;

Ou l'un ou l'autre, heureusement planté,

Obtient de toy ce qu'il a souhaitté.

Mais je ne puis imiter leur adresse ;

Un seul coup d'oeil est ce qui m'intéresse ;

Autre pour moy ne sçauroit recevoir

Ce que je veux, ne voulant que te voir.

Je veux sans doute une chose impossible,

Car à mes yeux tu serois invisible

nuand je serois heureux jusques au poinct,

En te cherchant, de ne te manquer point :

A tous momens, une foule importune

S'opposeroit à ma bonne fortune,

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