‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 82 sur 185 · Je n'ai pu identifier ces deux frères · texte numérisé non relu

Je n'ai pu identifier ces deux frères

Et, retombant dans un mal impreveu,

Je sortirois & ne t'aurois point veu.

Si les souhaits donnoient quelque advantage,

Je ne voudrois estre grand de courage,

75 Grand de mérite ou de biens ou d'honneurs

Pour m'égaler à tous nos grands Seigneurs, Mais grand de corps, quand chez toy je me coule, Pour pouvoir estre apperceu dans la foule ; Là, bien souvent, mes efforts estans vains,

cSo Je porte envie à des Princes Lorrains,

Non pour leurs biens qui me sont moins que paille, Mais seulement à cause de leur taille ; Je porte envie à Fontenè Mareuil » [86]

Qui, veu de loin, peut avoir ce coup d'œil

8s Sur qui ma gloire & mon espoir se fonde,

i. François du Val, marquis de Fontenay et seigneur de Mareil (a) (1596 ?-i66$), lieutenant général des armées du roi, conseiller d'Etat, fut ambassadeur en Angleterre de 1630 à 1633, puis à Rome de 1641 à 1644. Il est de retour à la cour depuis une date comprise entre le 17 et le 23 avril 1644 (Arch. des aff. étrang. : Mém. et doc. : France 849: fos 169 et 177). C'est un homme de 50 ans, qui a « de l'expérience, du bon sens et de l'intention sincère et droite pour l'Etat.. » (Œuvres du cardinal de Ret^... : IV, 307).

En 1647, il sera de nouveau envoyé à Rome, comme ambassadeur extraordinaire. Il y restera jusqu'en 1649, et mourra à Paris en 1665 (Gaiettes: 1665, p. 1089).

Il est fils de Germajn du Val, seigneur de Mareil, capitaine des gardes de la porte et gouverneur du château du Louvre. Un de ses oncles, François du Val, seigneur de Fontenay, fut grand prévôt de France (Cab. des titres : Cab. d'Ho\icr 326 : 9106, f° 2).

(a) Les contemporains écrivent indifféremment Mareil ou Mareuil. Comme ce n'est pas un nom de famille mais un nom de terre, nous devons évidemment adopter l'orthographe actuelle. Or les lettres patentes de mai 1623 et du 5 avril 1637 érigeant en marquisat les terres de François du Val (Chambre des comptes. Mémoriaux, 1640-1641 : p. 415-426) montrent qu'il s'agit des localités que nous appelons aujourd'hui Fontenay-en-Parisis et Mareil-en- France. Il faut donc écrire Fontcnay-Mareil, étant bien entendu que la diphtongue eil se prononce comme dans orgueil.

Et qui me rend le plus jaloux du monde ». Seul je te suy sans nulle ambition ; L'un cherche un don, l'autre une pension^ L'autre une charge, & l'autre un Bénéfice ;

9o Seul je t'apporte un cœur sans artifice,

Sans interest, franc, sincère, ingénu, Et je sçay bien que, s'il t'estoit connu, Pour seconder ses passions trop fortes Tu me ferois ouvrir toutes tes portes,

95 Tu me lairrois jouyr libre d'un bien

Le seul de tous qui ne te couste rien ; Tu me pleindrois, toy qui m'as veu parestre Au cabinet d'un grand & puissant Maistre2, D'estre réduit à venir dés midi,

[oo Chaque Lundi comme chaque Jeudi,

Retenir place en vain dans un passage Commode à ceux qui cherchent ton visage ; Je dis en vain car tu passes ailleurs. Mais tu rirois, en pleignant mes malheurs,

[05 Si tu voyois, dans ce poste où nous sommes,

Certains valets qui discernent les hommes Et laissent-là bien souvent enrumer Maints grands Seigneurs qui ne s'osent nommer ; Là, de la Cour je voy la maladie, [87]

,io Là, mieux qu'ailleurs, je voy la Comédie,

Où les hardis, les sots, les mescontens Font bien passer une heure ou deux de temps ; Certes j'en ris quand je suis hors de doute Que ce jour-là tu prendras cette route, Mais quand tu vas par un autre costé,

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