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Rien ne me plaist : je sors tout dépité, Presque aussi sot que celuy qui s'emporte Quand à son nez on a fermé la porte.
Enfin, confus d'estre si malheureux,
120 Et rebuté d'un sort si rigoureux
Quoy qu'il soit juste, ô grand & sage Prince, Je sors d'ici, je fuy dans ma Province ; Là, tous les jours, sans peine je te voy Dans ton Portrait que j'emporte avec moy,
125 Et, révérant cette peinture aimée
Qui par ma muse est souvent animée, Je me console, en attendant le jour Que les fascheux s'en aillent de la Cour : Dés que la honte, au bruit de la trompette,
150 Ecartera cette trouppe indiscrette
De faineans meslez aux gens de bien Qui gastent tout & ne servent de rien, Non seulement tu te rendras visible, Mais obligeant, doux, humain, accessible,
135 Et ta bonté, qui mérite un Autel, [88]
Nous paroistra dans son vray naturel.
Nous attendrons l'heure & le temps commode : A ton loisir il faut qu'on s'accommode ; Certainement c'est faire un attentat
140 Que t'arracher un moment à l'Estat.
Nous te verrons, car c'est chose certaine Qu'en te cachant tu souffres plus de peine Que tu n'en as quand, par tout obsédé, De cent fascheux tu te vois regardé.
A MONSIEUR
L'ABBÉ DE