A M^^ LE PRINCE DE CONTY. I
Qui s'abandonne & se recule
Au plus fort de la Canicule,
Et qui sans soucy de là haut
Voit tout périr par son défaut,
Semble estre seulement en peine
Pour cette Beauté souveraine
Qu'il veut par tout accompagner [i 1 1]
Et dont il n'ose s'éloigner.
Sa Sœur ^, qui fait tous ces ravages
Et qui produit tous ces nuages
Qui sans respect de la Saison
Tiennent ce bel Astre en prison,
De son costé suit & caresse
Cette merveilleuse Princesse :
Les soirs qu'elle sort en batteau
Pour s'aller divertir sur l'eau.
L'air devient calme, & pour lui plaire
La Lune est si nette & si claire,
Qu'icy nos nuicts, par son secours,
Valent mieux que vos plus beaux jours.
Venez donc, ô Prince adorable.
Voir cette Sœur incomparable
Pour qui le Ciel plein de respect
Garde un si favorable Aspect,
Qui, par une estrange avanture, •
A droit de forcer la Nature
Et de donner des sentimens
Aux insensibles Elcmens ;
Venez voir tout ce qu'on prépare
Icy pour un Objet si rare ;