Anne-Geneviève de Bourbon (1620-1679), duchesse de Lon
En tous lieux ils suivent sans cesse
10 Cette incomparable Princesse.
Tout ce que le séjour des Dieux Fournit de plus délicieux A passé dans cette Contrée Depuis le jour de son entrée.
iS Jusqu'au Flambeau de l'Univers,
Qjai, comme aux plus tristes Hyvers, Souffre qu'un éternel nuage Défigure ailleurs son visage, Pasle, languissant, obscurcy,
20 Pour elle est toujours net icy.
Et ses yeux, qui sembloient malades.
Pour éclairer ses promenades Reprennent presque en un moment Tout ce qu'ils ont de plus charmant ;
25 Mais il paroist moins qu'en Décembre
Les jours qu'elle garde la Chambre, Et cet Astre plein de rigueur, Qui tient la Nature en langueur,
gueville (seconde femme de Henri II d'Orléans, duc de Longueville), est âgée de 28 ans.
3. En Normandie (voy. v. 74). Les vers 1-8 indiquent que le prince de Conty est à la cour et que la Cour est à Paris. En outre, on est dans la canicule (voy. v. 30). Pour l'ensemble de ces raisons, il s'agit ici du séjour que fit à Rouen la duchesse de Longueville du II juillet au 4 août 1648. Le 11 juillet, elle est reçue en grande pompe par le « corps de ville » ; elle prend logement à l'abbaye de saint Ouen, Le 15, la ville lui offre « un chandelier d'argent blanc ciselé à douze branches et une plaque aussy d'argent, d'un ouvrage très rare et très accomply ». Le 20, on organise pour elle, à l'hôtel de ville, une collation suivie de bal (Bulletin de la Société de rhistoire de Normandie: années 1880-83, p. 174-186. C'est M. Henri Labrosse, conservateur de la bibliothèque municipale de Rouen, qui a bien voulu m'indiquer cette référence).
4. Voy. la note précédente. Comme en outre on est «■ au plus fort de la canicule » (voy. v. 30), cette épître est écrite après le 20 juillet.