A MONSIEUR LE MARQUIS DE LEUVILLE. I
j. Mais à l'honneur j'ay visé seulement,
Et, pour autruy parlant plus hardiment.
On pourra lire en quelque coin d'Histoire Que sur leur bien j'auray fondé ma gloire s. Enfin, Marquis, je suis Abbé Mitre :
20 Plus grands Rimeurs ont plus mal rencontré ;
Et j'eus encor fortune assez amie Quand je formay l'Illustre Académie Des beaux esprits : j'en fus le Promoteur, Et fis qu'Armand s'en fit le Protecteur ^.
25 Apres sa mort, qui fit nostre disgrâce,
Le grand Seguier prit dignement sa place 7, Et m'honora de la mesme amitié s.
Qui par le temps s'accrut de la moitié ; Ce rare esprit, ce merveilleux Génie
50 Dans son repos aymoit ma compagnie,
Et de mes Vers pleins de naïveté Il cherissoit la douce liberté.
Olivier, seigneur de Leuville, chancelier de France (voy. T. I" : p. 150, n. 2)(Moreri). Il est âgé de 50 ans.
Par sa sœur, le marquis de Leuville est oncle du marquis de Villarceaux, à qui sera adressée l'épître vu du présent Livre 111.
2. Le marquis de Châteauneuf (voy. p. 113, n. 2) est oncle du marquis de Leuville à qui s'adresse cette épître : la mère de celui-ci, Madeleine de l'Aubespine (?-i6i3), morte depuis longtemps, était sœur du marquis de Châteauneuf. Le marquis de Châteauneuf est garde des sceaux depuis le 2 mars 1650. Comme il cédera les sceaux à Mole le } avril 165 1, la présente épître est écrite entre le 2 mars 1650 et le 3 avril 1651 (Anselme : VI, 538 et 485. — Tessereau : I, 465 et 470).