MARQUIS DE
VILLARSEAUX
Il le soupçonne d'estre amoureux, & luy conseille de n'aymer que ce qui Taynie.
[écrite au printemps de 1657] -
MARQUIS, de quelle humeur es-tu ?
Je te trouve tout abattu, Rêveur, inquiet, solitaire, Et plus bourru qu'à l'ordinaire.
Cependant, MARQUIS, je te voy Mieux que jamais auprès du Roy ; J'apprends que JULES te caresse, [137]
Je ne sens plus rien qui te blesse, Laïs est hors de sa prison 3, •
Je voy la paix dans ta maison.
Tes enfans passent ton attente 4, Et tu n'as point l'ame contente.
J'observe depuis quelques jours
I. Louis DE MoRNAY (1619 ?-i69i), marquis de Villarceaux, est capitaine de la meute des soixante-dix chiens courants, capitaine lieutenant des chevaux-légers du duc d'Anjou, et capitaine sous-lieutenant
Que par tout, jusques dans le Cours > 15 Et jusques dans les Tuilleries ^,
Tu promenés tes resveries ;
Tu regardes, & ne vois pas
Qui devance & qui suit tes pas ;
Tu parois jusques dans la rue 20 Invieil à qui te salue :
C'est que ton esprit détaché
Sans doute est ailleurs empesché ;
MARQUIS, si je m'y sçay connestre,
Je sens d'où cela te peut naistre :
2'i Tu dois sans doute estre amoureux,
Et ce mal est bien dangereux.
Il me souvient qu'en ma jeunesse,
Sujet à pareille foiblesse,
Je resvois & vivois ainsi
de la compagnie de gens d'armes du même (Cab. des titres : Pièces orig. 2059 : f°' 373 et 378). Il est âgé de 38 ans.
Sa mère, sœur du marquis de Leuville et nièce du marquis de Châteauneuf, est à la fois arrière-petite-fille du célèbre François Olivier (?-r56o), seigneur de Leuville, chancelier de France, — et arrière-petite-fille de Claude de l'Aubespine (?-x567), baron de Châteauneuf, secrétaire d'Etat.