‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 122 sur 236 · MARQUIS DE · texte numérisé non relu

MARQUIS DE

VILLARSEAUX

Il le soupçonne d'estre amoureux, & luy conseille de n'aymer que ce qui Taynie.

[écrite au printemps de 1657] -

MARQUIS, de quelle humeur es-tu ?

Je te trouve tout abattu, Rêveur, inquiet, solitaire, Et plus bourru qu'à l'ordinaire.

Cependant, MARQUIS, je te voy Mieux que jamais auprès du Roy ; J'apprends que JULES te caresse, [137]

Je ne sens plus rien qui te blesse, Laïs est hors de sa prison 3, •

Je voy la paix dans ta maison.

Tes enfans passent ton attente 4, Et tu n'as point l'ame contente.

J'observe depuis quelques jours

I. Louis DE MoRNAY (1619 ?-i69i), marquis de Villarceaux, est capitaine de la meute des soixante-dix chiens courants, capitaine lieutenant des chevaux-légers du duc d'Anjou, et capitaine sous-lieutenant

Que par tout, jusques dans le Cours > 15 Et jusques dans les Tuilleries ^,

Tu promenés tes resveries ;

Tu regardes, & ne vois pas

Qui devance & qui suit tes pas ;

Tu parois jusques dans la rue 20 Invieil à qui te salue :

C'est que ton esprit détaché

Sans doute est ailleurs empesché ;

MARQUIS, si je m'y sçay connestre,

Je sens d'où cela te peut naistre :

2'i Tu dois sans doute estre amoureux,

Et ce mal est bien dangereux.

Il me souvient qu'en ma jeunesse,

Sujet à pareille foiblesse,

Je resvois & vivois ainsi

de la compagnie de gens d'armes du même (Cab. des titres : Pièces orig. 2059 : f°' 373 et 378). Il est âgé de 38 ans.

Sa mère, sœur du marquis de Leuville et nièce du marquis de Châteauneuf, est à la fois arrière-petite-fille du célèbre François Olivier (?-r56o), seigneur de Leuville, chancelier de France, — et arrière-petite-fille de Claude de l'Aubespine (?-x567), baron de Châteauneuf, secrétaire d'Etat.

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