‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 141 sur 236 · A MONSIEUR JANIN DE CASTILLE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR JANIN DE CASTILLE

A la serviette sur l'épaule ' ; Et ce Gentil-homme servant, Qui long-temps a vescu de vent Ou de quelque vache enragée Devant mainte Ville assiégée ^,

1. Les vers 35-37, qui font allusion à l'affaire criminelle faisant le sujet de l'Ep. 11 du Livre I" et de l'Ep. x du Livre II, indiquent que Bois-Robert veut parler ici de l'un de ses trois neveux qui tuèrent un bretteur en 1649. L)uquel des trois ? En se reportant à l'Ep. 11 du Livre III (v. 36-68 et notes), on voit que Bois-Robert fait ici allusion à Jacques le Métel. Voy. néanmoins p. 152, n. r.

2. On a vu plus haut (p. 156, n. 2) que le procès criminel intenté à trois neveux de Bois-Robert fut, par arrêt du conseil privé du roi en date du 12 octobre 1649, renvoyé devant le parlement de Paris. L' « emprisonnement volontaire desdicts de Mestel, de Vaillant, et Douville en la conciergerie du pallais » (17 mars 1650J facilita l'instruction de l'affaire, et celle-ci vint devant le parlement le 20 juin 1650. Cette cour rendit un arrêt dont voici les conclusions : « La Cour a deboutté & deboutte lesdicts le Metel, de Vaillant, & de Douville desdictes lettres de remission par eux obtenues, &, pour réparation des cas mentionnez au procès, les a condemné et condemne servir le Roy en ses armées à leurs despens l'espace de trois ans, &, du service actuel qu'ils auront rendu, en rapporter Certifficat en bonne forme signé des officiers desdictes armées dans laquelle ils auront servy, pendant lesquelles trois années leur faict deffenses de desamparer et d'aller dans la province de Normandye sur telles peynes qu'au cas appartiendra, et outre condemnez sollidiairement aulmosner au pain des prisonniers de la conciergerie du pallais la somme de huit cents livres parisis, comme aussy sollidiairement en deux mil quatre cens livres parisis de réparation vers ladicte demanderesse, en seize livres aussy parisis pour faire prier dieu pour l'ame dudict deffunct Bucquet en la conciergerie du pallais, et à tenir prison jusques à l'entier payement desdictes sommes, et encore lesdicts le Metel, de Vaillant, et Douville es despens du procès... »

Les trois neveux de Bois-Robert allèrent donc s^vir le roi à leurs frais : Jacques le Mètel à l'armée navale du comte du Dognon ; les deux autres dans le régiment du chevalier de Bellebrune. Après la première campagne, se trouvant « dans l'impuissance de plus rendre service à leurs frais et despens », ils présentèrent une requête au parlement pour « estre deschargez du surplus du service porté par ledict arrest, ou en tout cas qu'il leur fust permis de se retirer six mois en leurs maisons pour donner ordre à leurs affaires et recepvoir sy peu de bien qui leur reste pour subvenir à leur equippage. » Le parlement, par arrêt du 20 mars \6^i, leur permît de se retirer chez eux, mais seulement pour deux mois.

Ils firent alors la campagne de 165 1 « en l'armée de Flandre »

Se remplit aujourd'huy la peau, Mangeant son saoul dans le Cerdeau ' Mais apprens où le bas me blesse :

J'emmaigris pendant qu'il engresse ;

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