‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 149 sur 236 · Le vin d'Aveuay (Champagne · texte numérisé non relu

Le vin d'Aveuay (Champagne

2. La maison de Pompone de Bellièvre est située au coin de la rue des Bourdonnois et de la rue de Béîisy (Plan de Gomboust).

Vous vous devez enfin à tout le monde.

Mais, grâce à Dieu, vous sçavez discerner

dui plaist, qui plaide, & qui cherche à disner.

Vostre œil me trompe, ou vous me laissez croire

Que je puis estre utile à vostre gloire ;

Que pour le moins vous sentez le talent

Q.ue j'ay de plaire, & que d'un air galant

Je puis servir parfois à vostre joye.

Si je ne puis servir par autre voye.

Pardonnez-moy si j'ose présumer

D'avoir en moy dequoy me faire aymer :

Le Grand Armand, cet Homme incomparable.

Crut avant vous que j'estois agréable ;

Ce grand Esprit, au doux règne passé.

Par mes discours s'est souvent délassé ^ ;

Vous le sçavez, 8c ce n'est pas un crime

D'avoir pour nous après luy quelque estime ;

Il en croyoit ce qu'on vous en a dit ;

Si ce bruit-là m'a donné du crédit.

C'est pour vous seul que j'ayme la fumée

De cette vaine & folle renommée.

J'ay, ce dit-on, un charme singulier

Dans l'entretien, qui m'est particulier :

Je sçay ranger les choses en leur place, [^^^j

Je raille & conte avec certaine grâce

Qui fait qu'on n'ose après moy répéter

Ce que j'ay dit, de peur de le gaster.

Une beauté, qui n'est pas des plus sottes,

A dit de moy, quand on mettroit des nottes

A double Game aux contes que je fais.

Qu'on ne pourroit les retrouver jamais.

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