Voy. T. I", p. 50, n
Appelle là d'un Garde à haute voix,
Ils ont pensé que tu me demandois,
Et, s'âttrapans avec ces apparences, [5]
Ils me faisoient de grandes révérences.
Jusqu'à Rouen le bruit en est allé ;
De Complimens on m'en a regallé.
Et, comme enfin cela sert à ma gloire.
Je souffre tout & les laisse tout croire.
Si tu voulois m'estre un peu complaisant,
Nous leur ferions un tour assez plaisant ;
Car que t'importe, ô Grand & sage Prince,
Que nous duppions des hommes de Province ?
Qjaand près de toy je me pourray couler,
Fay quelque fois semblant de me parler ;
En important, je presteray l'oreille
A cette feinte, & tu verras merveille :
Si nos Normands, dans ce prochain hyver.
Apres cela ne sont à mon lever.
Si mes jaloux, trompez par l'apparence,
N'ont à mes yeux encore l'impudence
De protester que ce sont purs effects
De ma vertu, comme de leurs souhais,
Si mes ingrats dans le mois de Décembre
Ne viennent tous me jurer dans ma chambre
Qu'à mes bontez ils doivent tout leur bien.
Reproche moy que je n'y connois riA.
A MONSEIGNEUR
LE
CHANCELIER'
Il luy demande une abolition^ pour ses neveux qui ont tué un brave K
EPISTRE n\
[écrite entre le 3 mai et le 3 juin 1649] ^
Sacré Ministre, en qui le Ciel a mis Toute la force & l'honneur de Themis, Qui, mieux que tous marchant droit sur ses traces, Fais la Justice & fais aussi les grâces. Divin SEGUIER, dont l'extrême bonté Fait tout mon bien & ma félicité.
Tu vois ma peine & tu sçais mes affaires. Pour mes péchez. Dieu m'a donné des frères Et des neveux, dont je suis accablé ; Sans ton appuy j'aurois l'esprit troublé,