A MONSIEUR DE L YONNE
« Quand vous verriez quelque apparence
« Que j'y peusse estre en asseurance,
« Y puis-je vivre avec plaisir?
« Rien n'y répond à mon désir :
« JULE, qui peut m'estre propice
« Quand on me fait une injustice
« Et qui la pourroit empescher,
« Met trop de soin à se cacher \
« Et je n'éprouve point sa grâce,
« Quoy que je fasse ou qu'on me fasse ;
« Enfin, quand il me souffriroit,
a Ma peur peut-estre finiroit,
a Mais en ce lieu me puis-je plaire
« Où Servien m'est si contraire ? >>
LYONNE, ayant ainsi parlé, Je fus aussi-tost consolé ; On me promit ton assistance, Et, l'acceptant sans résistance, J'en sentis bien-tost des effets Qui passèrent tous mes souhaits :
Tu me fis voir ce divin Homme Que par tout sa vertu renomme ; J'en eus un accueil amoureux ; Il m'ouvrit ce cœur généreux Qui du bien solide est la source, [234]
Et m'ouvrira jusqu'à la bourse ^ Pour peu que j'ose l'en presser.
Mais ce n'est pas là mon penser :
Tu peux luy donner asseurance Qjiie j'ay perdu toute espérance De brevets & de pensions ;