‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 3 sur 236 · Voy. T. I", p · texte numérisé non relu

Voy. T. I", p

(a) Et non pas Fouquet (voy. Cab. des titres : Pièces orig, 12 17 : 27349)-

qui me venoient de tous les Illustres du siècle sur ce nouveau genre d'écrire S & je m'y suis enfin exercé avec tant de succès depuis dix ans, que ceux qui peuvent tout

lo sur moy ont voulu absolument que j'en donnasse un second Volume. J'ose me promettre. Monseigneur, si vous souffrez qu'il voye le jour sous l'authorité de vostre Nom, qu'il ne se trouvera pas indigne de l'honneur que vous lui ferez de le protéger. Comme il est plus ample

iS &, si je l'ose dire, plus agréable que le premier puisque les matières en sont plus belles & mieux choisies & que les Vers en sont & plus heureux & plus achevez, j'ay pensé qu'il auroit mesme la fortune assez favorable pour contribuer quelque chose à vostre divertissement,

20 qu'il pourroit occuper quelques momens de vos heures précieuses, & qu'il ayderoit peut-estre à délasser ce grand Esprit qui a esté presque sur le point de voir avorter tous ses projets & défaire tomber avec eux nos plus belles espérances ^. Il est vray. Monseigneur, que Dieu n'a

25 guère donné de plus visibles marques de l'amour qu'il a pour la France que lors qu'il vous retira de ce danger qui la menaçoit elle-mesme, & qu'il vous donna de nouvelles forces pour vous aider à la soustenir. Quoy

1. On verra plus loin (Livre IV, Ep. ix, vers 112 etsuiv.)que tout ce qu'écrit Bois-Robert est fort goûté de la comtesse de la Suze, de Gombauld, de Bensseradde, de Corneille, de Pellisson, de Scarron, de Brébeuf, de Chapelain, de Ménage, du s' du Raincy, de Gilles Boileau, de M"* de Scudéry, de Conrart^ et de Séguier.

D'autre part, en tête de son Juvenal burlesque paru deux ans plus tôt, François Colletet dit, dans sa préface Au lecteur : « Les Epistres de Monsieur de Bois-robert sont capables de dérider le front des Gâtons les plus melancholiques & les plus sévères ».

Parmi les admirateurs du style aisé de Bois-Robert, on peut encore citer le comte de Montrésor (voy, p. 18, n. 3).

2. L'année précédente (juin 1658), Foucquet fut très gravement malade : pendant quelques jours on le crut perdu (Lair, Nicolas Foucquet : I, 439-44I)-

que ce grand & puissant Atlas S qui porte sur ses espau-

30 les avec tant de soins & de fatigues cette belle partie du Monde, soit en toutes choses le plus sage & le plus heureux de tous les hommes, j'ose croire qu'il ne l'a jamais tant esté qu'au choix qu'il a fait de vous pour le soulager. J'ose soustenir qu'il n'a jamais employé une vertu

35 plus noble, plus solide, plus égale, ny plus généralement aymée que la vostre. Mais, Monseigneur, je ne m'apperçoy pas que mon zèle va plus vite & plus loin que je ne voulois. En vous dédiant ces Epistres, je ne songeois qu'à vous divertir, & je m'emporte insensible-

40 ment dans l'admiration de vostre vertu, comme si elle n'estoit pas au dessus de toutes mes forces. Il suffit, Monseigneur, que, pour sauver ma témérité, j'ose vous dire que ce sont les Esprits les plus éclairez du temps qui m'ont persuadé que j'avois un talent tout particulier pour

45 les Epistres en Vers, que j'estois presque le seul en nostre Langue qui eust trouvé l'art de plaire en cette façon d'écrire que le divin Horace avoit si familière & si naturelle, & qu'enfin ce sont eux qui m'ont fait encore espérer que ce petit présent ne sera pas rejette par celuy

50 de tous les hommes qu'ils en ont jugé le plus digne ^. S'il n'y a point icy d'Epistre particulière pour vous. Monseigneur, vous verrez bien, par celles qui s'adressent à ceux de vostre Illustre Famille 3, que je ne m'en suis abstenu que par la seule vénération que j'ay pour vctus. J'ay jugé

55 que ce seroit abuser de vostre bonté si je vous entrete-

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