‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 82 sur 236 · En Normandie · texte numérisé non relu

En Normandie

3. Le lieu est indiqué par la note mise en marge par Bois- Robert en regard des vers 8 et 9 : les vers 13-24 disent qu'il y est encore.

Pour la date, voy. la note 6 ci-dessous, et p. 118, n. i.

4. Sur le château archiépiscopal de Gailon, voy, T. I" : p. 115, n. I. L'archevêque de Rouen qui y réside est toujours François II de Harlay (voy. T. I" : p. 113, n. 3), dont Bois-Robert est l'un des commensaux depuis 1647.

5. Cf. dans les Epistres de 1646 : Ep, xiv, v. 65-70 et 120-174.

6. En 1650, au retour d'un voyage de répression à Rouen, le roi et sa cour séjournèrent à Gaillon le soir du 20 et la matinée du 21 février (fia-dettes : 1650, p. 307). Le mot « jadis » indique que cette épître n'est pas écrite aussitôt après le départ du roi ; toutefois il ne doit pas être entendu dans son sens littéral : voy. p. 118, n. i.

Il8 EPISTRE.

J'y voy des traces de ses yeux,

Comme, par où passoient les Dieux, 3 5 On dit que la race première [8é]

Voyoit des traces de lumière ;

J'y voy des marques de ses pas ;

Mais enfin je ne l'y voy pas.

O Marquis, qui d'un si grand Maistre 40 M'as fait les merveilles connestre,

Juge s'il est en mon pouvoir

De vivre & de ne le plus voir.

Rappelle-moy donc, je te prie,

Dans sa petite Gallerie ; 45 J'ayme mieux, avec mon Fildin ^

Paroistre agréable Badin

Devant le plus parfait des Princes

Qu'estre adoré dans ses Provinces ;

Gaillon m'est pis que le Jappon, 50 Sans LOUIS & sans son Poupon ^.

1. Dans la comédie La Jalouse d'elle-mesme, de Bois-Robert, jouée sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne en 1649 ^^ parue en librairie le 16 mai 1650 avec une dédicace au marquis de Richelieu (à qui est adressée la présente épître), il y a, parmi les personnages, un valet spirituel qui s'appelle Filipin. C'est sûrement à cette pièce et à ce personnage que Bois-Robert fait ici allusion : pour donner au vers ci-dessus la longueur voulue il aura écrit Filpin, qu'une faute d'impression aura transformé en Fildin. La présente épître doit donc dater du printemps de 1650.

2. Louis XIV est âgé de 12 ans. Poupon a donc peut-être ici un sens analogue à poupée, sens qui ne figure dans aucun dictionnaire de l'époque.

A MONSIEUR

se A R O N'

Réponse, pour Mademoiselle de Neuillan % à une Lettre en Vers de Monsieur Scaron K pendant que la Cour estoit à Poitiers '^.

EPISTRE VIII

[écrite à Poitiers, vers le 20 janvier 1652] ^

SCARON, je vous vay satisfaire, Puis que je trouve un Secrétaire Des premiers de Saint Innocent, Qui s'est découvert en passant.

Je répons donc à vostre Epistre, Qu'icy l'on prise à juste tiltre ; On doit beaucoup priser aussi L'obligeante & belle Bussy <', Qui partage, aux lieux où vous estes.

Les Complimens que vous me feites.

Nous recevons bien volontiers [88]

Pareils complimens à Poictiers, Si l'on peut dire que les vostres

I. Paul ScARRON (1610-1660) est venu depuis peu s'installer rue d'enfer, à l'hôtel de Troie. C'est là qu'il a connu M™' de Nouilhan et ses deux filles, qui y passent chaque année une partie de l'hiver ; c'est l'une de ces dernières qui est sensée écrire à Scarron la présente

Soient égalez par ceux des autres ;

15 Car enfin il n'est qu'un Scaron,

Et, je parle icy tout de bon, Si l'esprit de mon Secrétaire Avoit ce naïf caractère, Je ferois faire assez de Vers

20 Pour en peupler tout l'Univers ;

Enfin, pour paj'er vos louanges Qui me mettent au rang des Anges, Je l'oblige à donner le prix Qu'on doit à vos charmans écris.

25 Si vous aimez mieux des nouvelles,

épître (voy. les trois notes suivantes). Ces dames ont chez elles une jeune parente pauvre, Françoise d'Aubigné, dont Scarron est amoureux, et qu'il va épouser dans trois mois, en avril 1652 (elle s'appellera plus tard M""* de Maintenon). Scarron est âgé de 41 ans et demi (il y a quatorze ans qu'il est paralysé). L'année précédente (165 1), il a fait paraître La Maiarinade, la première partie du Roman comique, et le sixième livre du Virgile travesty en vers burlesques. Il songe à aller en Amérique, fonder une compagnie coloniale. Dans un mois, il résignera son canonicat du Mans ( H. Chardon, Scarron inconnu : I, 183 et suiv.).

2. Angélique de Beaudéan (a) (vers 1630-?), seconde fille de Charles de Beaudéan, baron de Nouilhan (b), est une des filles d'honneur de la reine-mére. En 1656, elle épousera Charles de Froullay (1601 ?-i67i), dit le comte de Froullay, grand maréchal des logis de la maison du roi.

Sa sœur aînée, Suzanne (1626 ?-i7oo), s'est mariée, l'année précédente, avec Philippe DE MoNTAULT (r6i9?-i684), comte de Navailles, qui deviendra duc de Navailles et maréchal de France,

Son oncle, Henri de Beaudéan, marquis de la Mothe-Saint- Héraye et comte de Parrabère (r), est gouverneur du Poitou.

3. Il s'agit de V Epître qui commence par ce vers : « Belle Neuillan, fille charmante, ». Scarron l'adressa de Paris, en novembre ou décembre 1651, à M"' de Nouilhan qui se trouvait à Poitiers avec la cour. L'arrivée de la cour dans cette ville ayant été apprise aux Parisiens parla gazette du 4 novembre 165 1, l'épître de Scarron est posté-

(a) Et non pas Baudéan (voy. Cab. des titres -.Pièces orig. 216 : 4904, fo 85).

(i) Et non pas Neuillan.

(c) Et non pas Parabcre.

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